La Défense s'invente un mobilier urbain design

le
0
Hamac géant sur l'esplanade, tables à clipper sur les marches de la Grande Arche, arbres à balançoires? Le quartier d'affaires teste à partir de fin mars huit prototypes innovants.

Des banquettes en bois seront également installées le 29 mars prochain.
Des banquettes en bois seront également installées le 29 mars prochain. Crédits photo : DEFACTO

Oubliez les bancs et autres lampadaires génériques. Trop banals. Le 29 mars prochain, les salariés de la Défense se familiariseront avec un mobilier urbain autrement plus étonnant. Les cols blancs les plus téméraires pourront par exemple s'offrir une pause «aérienne» en sautant depuis deux plongeoirs en bois dans un hamac géant d'une capacité de trente personnes. Ils se délasseront aussi sur des «arbres à balançoires».

À l'heure de la pause déjeuner, ils grignoteront en plein air grâce à des tables amovibles clippées autour d'une fon­taine. Les usagers pourront encore grimper sur des «dunes» agrémentées de banquettes. À moins qu'ils ne préfèrent se réfugier dans des rochers urbains «équipés d'écrans de projection en Wi-Fi pour réunion informelle ou de bornes interactives», dixit le descriptif. Au total, huit modules, sur la centaine imaginée dans le cadre de la biennale de mobilier urbain Forme publique, ont été retenus et seront exposés grandeur nature. Tous ont été conçus autour de cinq usages: jeter, se reposer, attendre, déjeuner et travailler.

«Vaste cantine à ciel ouvert»

«Seulement ici, on ne fait rien comme ailleurs, précise Katayoune Panahi, directrice générale de Defacto, l'établissement public de gestion, d'animation et de promotion de la Défense, à l'origine du projet. À midi, les marches d'escalier de la Grande Arche servent de vaste cantine à ciel ouvert, par exemple.» Autre spécificité de l'endroit: les coins tranquilles squattés par de nombreux ­cadres qui tapotent sur leur ordinateur. Craignant de se présenter en retard à un rendez-vous, beaucoup arrivent en effet très en avance et tentent de «se poser» quelque part.

Des tables amovibles clippées permettront de déjeuner autour d'une fon­taine.
Des tables amovibles clippées permettront de déjeuner autour d'une fon­taine. Crédits photo : DEFACTO

«Compte tenu de ces besoins particuliers, on s'est dit qu'on allait avoir du mal à trouver des éléments sur catalogue», confie la direc­trice de Defacto. D'où l'idée de lancer un appel à projets aux jeunes créateurs afin de concevoir des modules hors norme. En clair, à quartier unique et usages spécifiques, mobilier ad hoc.

«Contrairement aux tours, objets de toutes les attentions architecturales, les espaces publics de la Défense ont été longtemps délaissés, constate Katayoune Panahi. Aujourd'hui, il s'agit de faire du premier quartier d'affaires européen la référence en matière d'espace public.»

Fin mars et durant toute une année, les salariés et habitants du quartier vont être invités à donner leur avis sur les proto­types exposés. Objectif: permettre, d'ici cinq ou six ans, la rédaction d'un cahier des charges qui réinvente les lieux. «Si nous faisons dessiner une ligne spécifique, rien n'empêchera ensuite d'aller la vendre à d'autres quartiers d'affaires à l'étranger», confie Katayoune Panahi.

D'ici là, les 150.000 salariés de la Défense vont devoir prendre leur mal en patience. Actuellement, ils ne se partagent qu'une petite cinquantaine de bancs. Soit un pour... 3000 personnes.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant