La défense s'immisce dans le débat sur l'indépendance de l'Ecosse

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par Angus McDowall EDIMBOURG, 16 septembre (Reuters) - Essentiellement tourné vers les questions économiques et financières au cours des dernières semaines, le débat sur l'indépendance de l'Ecosse a vu ces derniers jours l'émergence d'une nouvelle ligne de front avec la question du devenir de l'armée britannique. Une sécession aurait de lourdes conséquences pour l'armée britannique, tout particulièrement pour sa flotte de sous-marins nucléaires qui stationnent à Faslane, dans l'embouchure de la Clyde. Le Parti national écossais (SNP), fer de lance de la campagne pour l'indépendance de l'Ecosse, a promis de la débarrasser des armements nucléaires présents sur son territoire en cas de victoire au référendum de jeudi et de créer une force de défense écossaise. Un ancien chef d'état-major des armées britanniques, Lord Richard Dannatt, a déclaré qu'une sécession de l'Ecosse serait une trahison pour les milliers de soldats écossais qui ont péri lors des guerres britanniques, suscitant des réactions amères dans les rangs des vétérans écossais favorables à la cause indépendantiste. Ces soldats morts au combat sont tombés pour préserver les valeurs de démocraties, pas pour défendre "l'establishment", ont répondu d'anciens combattants indépendantistes dans une lettre ouverte. BLACK WATCH La longue histoire militaire de l'Ecosse, transmise notamment par les exploits du régiment d'infanterie du Black Watch (Garde noire), ses kilts et ses cornemuses, a mené ses soldats sur la plupart des fronts où s'est battue l'armée britannique, qu'il s'agisse des campagnes de l'Empire, des deux Guerres mondiales, des Malouines, ou plus récemment de l'Afghanistan et de l'Irak. Les coupes successives dans les budgets militaires ont toutefois fini par provoquer la dilution ou la fusion d'unités mal vécues au nord du mur d'Hadrien. Parallèlement, les grands conflits impliquant l'armée britannique sont devenus de plus en plus sujets à controverse, à l'image de l'intervention de 2003 en Irak à laquelle s'est publiquement opposé Alex Salmond, actuel président du SNP. Dans un communiqué relayé par "Better Together" (ensemble, c'est mieux), qui coordonne la campagne du "non", plus de 400 anciens combattants écossais de l'armée britannique ont lancé un appel en faveur de l'union et exprimé leurs inquiétudes devant le projet de création d'une force de défense écossaise, ni efficace ni crédible. Parmi les signataires de cet appel, figure le colonel Ian Critchley du Black Watch, célèbre pour avoir mené en 1945 la traversée du Rhin avec la division Highland. L'officier de marine à la retraite, Colin May, ancien officier du renseignement à Faslane, a lancé une contre-offensive pour le camp du "oui", déclarant que l'Ecosse assumerait ses responsabilités auprès de l'Otan qui devra, l'accueillir, et que la base de Faslane pourrait servir de base à la marine écossaise. RENVOI Pour retrouver LE POINT sur le référendum de jeudi, cliquer sur ID:nL6N0RH2UO (Nicolas Delame pour le service français)

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