La défense des patrons de l'UIMM veut une relaxe générale

le
1
LES AVOCATS DES DIRIGEANTS DE L'UIMM DEMANDENT LA RELAXE GÉNÉRALE
LES AVOCATS DES DIRIGEANTS DE L'UIMM DEMANDENT LA RELAXE GÉNÉRALE

PARIS (Reuters) - Les défenseurs des dirigeants de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) jugés à Paris dans l'affaire des "caisses noires" de la puissante organisation patronale ont plaidé mardi la relaxe de leurs clients.

Le tribunal correctionnel rendra son jugement le 10 février.

Les avocats de Denis Gautier-Sauvagnac, l'ancien "patron" de l'UIMM, et des huit autres prévenus ont tenté de démontrer que ni la sortie d'argent liquide, ni le secret sur la destination des fonds n'étaient des délits.

Ils ont également estimé qu'en droit, l'accusation ne tient pas, en particulier parce qu'elle se fonde sur la loi de 2008 instaurée après le scandale provoqué par l'affaire alors qu'à l'époque des faits, c'est celle de 1884 qui s'appliquait.

Me Jean-Yves Le Borgne, l'avocat de Denis Gauthier-Sauvagnac, a jugé que le silence autour de l'usage de sommes en liquide avait nourri un fantasme et une présomption de culpabilité qui n'avaient rien de juridique.

"Ces critères n'ont rien à voir avec la loi. Ces critères sont ceux des justiciers, pas du juge", a-t-il plaidé.

La justice s'interroge sur la destination de 16,5 millions d'euros retirés en liquide entre 2000 et 2007 des caisses de l'organisation, l'une des plus puissantes fédérations du Medef, le patronat français.

Le procès des dirigeants de l'UIMM n'a pas permis d'identifier précisément les destinataires, mais les avocats des prévenus ont tous assuré qu'il s'agissait des syndicats.

Le ministère public a requis lundi deux ans de prison avec sursis et 250.000 euros d'amende à l'encontre de Denis Gauthier-Sauvagnac.

Il a réclamé des peines de 150.000 euros d'amende à huit mois de prison avec sursis pour quatre autres prévenus poursuivis pour abus de confiance et travail dissimulé, dont l'UIMM, en tant que personne morale, et demandé la relaxe de quatre autres personnes poursuivies pour recel.

"LE DOSSIER CRIE LE NOM DES SYNDICALISTES"

Le substitut du procureur, Ariane Amson, a déploré le refus des dirigeants patronaux de révéler les noms des bénéficiaires des sommes détournées.

"Les prévenus ont dit ne pas vouloir faire de délation. Ça me fait penser à des déclarations qu'ont voit dans des dossiers de la criminalité organisée", a-t-elle dit.

Au fil des audiences, les langues se sont quelque peu déliées, Denis Gauthier-Sauvagnac précisant que les enveloppes étaient remises à des syndicats.

Il a toutefois refusé de dire lesquels et de désigner des personnes physiques. "Je ne peux trahir la confiance que m'ont fait ces personnes", a-t-il avancé.

Les prévenus sont accusés d'avoir détourné 16 millions d'euros de la caisse Epim (Entraide professionnelle des industries et des métaux) créée par l'UIMM en 1972 pour apporter "un appui moral et matériel" à ses adhérents subissant un conflit collectif du travail.

"Le détournement est où dans cette affaire ? Y a-t-il un usage personnel ? Non ! Y a-t-il un détournement de l'usage pour lequel il était destiné ? Non !, a dit Jean-Yves Le Borgne.

Avant lui, Jean Reinhart, avocat de l'UIMM, a estimé qu'il n'y avait aucun doute sur le fait que cet argent bénéficiait aux syndicats afin de favoriser discrètement la paix sociale.

"Le dossier crie le nom des syndicalistes qui étaient destinataires des fonds. Oui, cet argent a eu pour destinataire les syndicats. C'est une évidence historique, gênante pour l'accusation", a-t-il affirmé.

Il a souligné que l'UIMM ne s'était pas portée partie civile, parce qu'elle jugeait qu'il n'y avait pas de délit. "Voilà une victime qui remercie son prédateur", a ironisé Jean-Yves Le Borgne.

Depuis la déclaration de Denis Gauthier-Sauvagnac, les grands syndicats se sont tous défendus dans les médias d'avoir touché de l'argent de l'UIMM, en particulier la CFDT, qui a menacé d'attaquer en justice.

Gérard Bon

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M6695204 le mardi 22 oct 2013 à 19:19

    Durant cette époque et celle contenue entre 1981 et l'affaire,aucun secrétaire Thibaut et toute la clique de syndicat de gauche ou d’ailleurs n'a fait de retrait avec sa propre carte bancaire.Cela est de notoriété mais évidement vu qu'ils (les syndicats braconniers et voleurs) n'ont aucune obligation de publier le moindre compte.Cela s'appelle la DÉMOCRATIE à la FRAN9AISECeci dit ce ne sont malheureusement pas les seuls voy ous en col blanc