La Défense attend ses nouvelles tours  

le
0
Avec la crise, les bureaux trouvent moins facilement preneur dans le premier quartier d'affaires européen. Cependant plusieurs projets de construction sont toujours en cours même si certains ont été suspendus.

Oubliée la tour Descartes. Désormais, elle s'appellera Eqho. Un changement de nom qui va avec une restructuration en profondeur de 297 millions d'euros pour cet IGH (immeuble de grande hauteur) de 80.000 m² situé à la Défense. Commencés l'année dernière, ces travaux de très grande ampleur seront terminés en juillet 2013. Avec, à la clé, tous les labels développement durable attendus par les entreprises locataires (Breeam, BBC rénovation RT 2012...) et beaucoup d'autres «plus». «La nouvelle façade aura trois couleurs (doré, argent et blanc), explique Jérôme Klein, directeur de l'asset management chez Icade, le propriétaire de ce gratte-ciel. Nous créons un auditorium de 350 places et un business center pour les prestataires de passage.» Sans oublier une conciergerie, deux squashs et 2.000 places de parking.

Vue d'ensemble de la tour First.
Vue d'ensemble de la tour First. Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro

Après l'abandon des projets des tours Signal et Generali, on pouvait penser que le plan de renouveau de la Défense était plombé par la crise. D'autant plus que d'autres tours annoncées en grande pompe (la tour Air 2 du fonds d'investissement Carlyle, la tour Phare de la foncière Unibail-Rodamco, la tour Ava de Générale Continentale Investissement et de Benson Elliot) ne sont toujours pas entrées dans la phase construction. Quant aux tours jumelles Hermitage d'une hauteur record de 323 mètres mêlant bureaux, logements et commerces, personne ne sait si un financement sera trouvé pour ce projet pharaonique de 2 milliards d'euros.

Mais les grues présentées sur le chantier de la tour Eqho témoignent que, si le toilettage du premier quartier d'affaires européen connaît quelques couacs, néanmoins il poursuit son cours. Et la polémique lancée la semaine dernière par Patrick Devedjian, l'ex-président de l'Epadesa, affirmant que l'établissement public gérant la Défense est «une bombe à retardement» avec «un déficit structurel», n'y changera rien. D'ailleurs, d'autres bâtiments sont en train de sortir de terre sur la dalle. Dix étages sur les 32 prévus pour la tour Carpe Diem (47.100 m²) sont construits. Et la livraison de ce gratte-ciel porté par les assureurs Aviva et Predica, filiale du Crédit agricole, devrait intervenir comme prévu fin 2012. L'immeuble Basalte, qui accueillera la salle de marchés de la Société générale, sera également terminé l'année prochaine. Et les travaux pour ériger les tours Majunga (Unibail-Rodamco) et D 2 (Sogecap) ont commencé.

Une série de nouveaux gratte-ciel dont le quartier d'affaires a besoin, car il n'est pas au meilleur de sa forme. Sur les neuf premiers mois de l'année, la demande placée (les surfaces louées à des entreprises locataires) a reculé de 14 % (95 900 m2) à la Défense quand elle était stable sur le QCA (Quartier central des affaires) à Paris. De gros utilisateurs (la Coface, la SSII Atos, SFR) ont annoncé qu'ils allaient quitter la Défense. Et les arrivées (Euler Hermès à la tour First, Gras-Savoye à la tour Aurore...) ne compensent pas forcément les départs.

Les transports pointés du doigt

«La Défense marque un peu le pas car pour le moment il n'y a pas assez d'offre neuve avec des open spaces très grands», estime Laurence Esclène-Dumas, directrice générale déléguée du département transactions chez le conseil en immobilier d'entreprise, DTZ. Autre point noir : l'accessibilité en transports en commun, même si le problème devrait être moins prégnant avec l'automatisation de la ligne 1 du métro et la généralisation de rames à deux étages sur la ligne A du RER. «Quand les entreprises envisagent un déménagement à la Défense, les salariés ne sont pas très enthousiastes à cause de cela», indique Alexis Motte, patron du cabinet de conseil en stratégie immobilière, Mobilitis.

La Défense souffre aussi de proposer essentiellement de très grandes surfaces à louer «surtout qu'il y a un déficit d'offre de qualité», affirme Éric Siesse, responsable du secteur Ile-de-France Ouest au département agence de Jones Lang LaSalle. «Enfin, les entreprises qui envisagent de s'installer peuvent être découragées à cause des nuisances générées par la construction de nouvelles tours», ajoute Ludovic Delaisse, directeur du département bureau de Cushman & Wakefield. Du coup, si les loyers dans les immeubles «prime» neufs ou restructurés se maintiennent à un très haut niveau (550 euros par m² par an selon DTZ), ceux qui sont pratiqués dans des bâtiments de seconde main baissent (391 euros contre 435 euros il y a un an). Un léger trou d'air qui sera vite oublié si le plan de renouveau de la Défense tient toutes ses promesses.

LIRE AUSSI :

» Immobilier d'entreprise : le marché resite en attendant 2012

SERVICE :

» Les annonces en immobilier d'entreprise

SUIVEZ LE FIGARO IMMO SUR :

» Twitter : @LeFigaro_Immo

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant