La déchéance de nationalité continue de semer le trouble au PS

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    * "Une partie de la gauche s'égare", dit Valls 
    * C'est Valls qui "égare la gauche", réplique Hamon 
    * Dray ne s'explique pas la décision de Hollande 
 
 (Actualisé avec réactions Hamon, Lienemann) 
    PARIS, 27 décembre (Reuters) - La controverse suscitée au 
sein du PS par le projet d'extension de déchéance de nationalité 
aux binationaux nés en France ne faiblit pas, Manuel Valls 
reprochant à une partie de la gauche de "s'égarer au nom des 
grandes valeurs". 
    Deux élus socialistes, l'ancien ministre Benoît Hamon et 
Julien Dray, expriment à leur tour leur opposition à cette 
initiative dans des entretiens au Journal du Dimanche. 
    La mesure, jugée symbolique par le Premier ministre 
lui-même, figurera dans le projet de loi constitutionnelle voulu 
par François Hollande après les attentats du 13 novembre et sera 
débattue au Parlement au début de l'année prochaine. 
    De Martine Aubry, la maire de Lille, à Anne Hidalgo, la 
maire de Paris, plusieurs voix socialistes se sont déjà élevées 
publiquement contre le projet.       
    "Une partie de la gauche s'égare au nom de grandes valeurs 
en oubliant le contexte, notre état de guerre, et le discours du 
président devant le Congrès", leur répond Manuel Valls dans le 
JDD.  
    "La détermination est totale, nous irons jusqu'au bout et 
que chacun à gauche en soit bien convaincu", poursuit-il. 
    Benoît Hamon a déploré dimanche sur BFM TV les "mots 
toujours extrêmement agressifs de Manuel Valls". "Il ne facilite 
pas la concorde et il 'égare la gauche'", a-t-il répliqué. "Qui 
s'égare quand on reprend les propositions du Front national pour 
les inscrire dans la Constitution?", a-t-il lancé. 
    Dans le Journal du Dimanche, l'ancien ministre de 
l'Education, qui a quitté le gouvernement à l'été 2014, estime 
qu'inscrire dans la Constitution la déchéance de la nationalité 
"revient à établir la distinction entre deux citoyens français 
de naissance, suivant qu'ils sont binationaux ou non".  
     
    "SCHISME" 
    "En introduisant cette distinction, la République n'est plus 
indivisible", poursuit-il. "Le symbole choisi, et quel symbole, 
envoie à des millions de nos compatriotes le message suivant: 
vous êtes des Français de seconde catégorie." 
    "Cette décision va provoquer un schisme dans le peuple de 
gauche mais aussi dans la communauté nationale. C'était une 
proposition de l'extrême droite, une proposition qualifiée dans 
un passé récent de 'dangereuse' par François Hollande et de  
'nauséabonde' par Manuel Valls", affirme le député des Yvelines. 
    L'ex-député socialiste Julien Dray confie, toujours dans le 
JDD, qu'"(il) ne (s)'explique pas la décision du président". 
"D'autant, ajoute-t-il, que nous étions nombreuses et nombreux à 
avoir le sentiment que l'exécutif se rendait compte des risques 
que représentait la mise en chantier concrète d'une telle 
mesure". 
    Le conseiller régional d'Ile-de-France, présenté comme un 
proche de François Hollande, propose à la place une "véritable 
peine d'indignité républicaine frappant les terroristes 
condamnés". "Cela éviterait de toucher au droit du sol et de 
créer - implicitement- plusieurs catégories de Français." 
    La sénatrice socialiste de Paris, Marie-Noëlle Lienemann, a 
accusé pour sa part François Hollande et Manuel Valls de diviser 
le pays. 
    Le Premier ministre "prend un air martial pour combattre la 
gauche alors que soi-disant ils veulent oeuvrer à une forme 
d'union nationale", a-t-elle réagi sur iTELE. 
    "Je crois que leurs propositions, que d'ailleurs Manuel 
Valls fait siennes maintenant après les avoir refusées, divisent 
le pays. On ferait mieux de s'unir sur des choses plus 
opérationnelles, plus conformes à nos principes et plus 
efficaces", a-t-elle ajouté. 
 
 (Henri-Pierre André et Sophie Louet) 
 
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