La déchéance de nationalité à l'étude en Allemagne

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    RUST, Allemagne, 20 avril (Reuters) - La coalition 
gouvernementale en Allemagne va étudier une mesure de déchéance 
de nationalité pour les combattants binationaux de l'Etat 
islamique (EI) afin de les empêcher de revenir dans le pays, 
montre un document qu'a pu consulter Reuters mercredi. 
    Pus de 800 personnes ont quitté l'Allemagne pour la Syrie et 
le nord de l'Irak ces dernières années et environ 70 personnes 
sont revenues après avoir pris part à des combats ou suivi un 
entraînement militaire, ont annoncé récemment les services de 
renseignement. 
    "Pour empêcher les djihadistes de revenir en Allemagne, nous 
voulons examiner les possibilités juridiques permettant de 
priver ces personnes de leur nationalité allemande s'ils 
combattent pour une milice terroriste à l'étranger et détiennent 
une autre nationalité outre leur citoyenneté allemande", dit le 
document. 
    Le texte doit être débattu jeudi par la coalition des 
Conservateurs et des Sociaux-démocrates. 
    Celle-ci projette également de priver les sympathisants 
allemands de l'EI de leur carte d'identité et passeport afin 
d'éviter leur départ vers des zones contrôlées par 
l'organisation djihadiste. 
    Le renforcement de la surveillance vidéo des lieux publics, 
pour contrer d'éventuelles menaces terroristes islamistes mais 
aussi celles liées à l'extrême-gauche et l'extrême-droite, est 
également envisagé. 
    "Les personnes que nos services de sécurité pensent prêtes à 
commettre des délits importants parce qu'elles soutiennent des 
activités terroristes doivent rester sur l'écran radar des 
services de sécurité", poursuit le document, évoquant des 
méthodes de suivi électronique. 
    Une telle mesure devrait susciter nombre de controverses, 
les questions touchant au respect de la vie privée restant très 
douloureuses pour une partie de l'opinion publique qui conserve 
en mémoire le souvenir de la Stasi, la police secrète 
est-allemande. 
    En France, François Hollande a renoncé fin mars, faute de 
majorité parlementaire suffisante, à réviser la Constitution 
pour rendre possible la déchéance de la nationalité des auteurs 
d'actes terroristes.   
 
 (Andreas Rinke; Julie Carriat pour le service français, édité 
par Marc Angrand) 
 
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