La culpabilité relative de Benzema

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La culpabilité relative de Benzema
La culpabilité relative de Benzema

Noël Le Graët a tranché : Karim n'est plus sélectionnable en équipe de France tant que sa situation judiciaire ne change pas. Présumé innocent d'un côté, coupable de l'autre, les tribulations de Karim ne font que commencer.

Debout. Alors que la plupart des conférences de presse se passent assises, Noël Le Graët, lui, préfère affronter la meute les deux jambes tendues. Il n'a pas peur, il assume et il répondra "à toutes les questions". D'ailleurs, on est assez vite fixé sur la principale interrogation du jour : "Karim Benzema n'est plus sélectionnable. Cette sanction peut aller jusqu'à mars (date des prochains matchs amicaux), voire juin (durant l'Euro), en fonction des avancées de la justice". En gros, Karim est désormais persona non grata en équipe de France tant que son innocence n'a pas été prouvée. Et c'est justement ce qui pose problème, pour une seule et simple raison : la présomption d'innocence. En prenant appui sur la justice, façon détournée de se déresponsabiliser, d'une certaine manière, Noël Le Graët condamne Karim Benzema. Il n'est pas présumé innocent, mais bien présumé coupable.

Les antécédents, toujours les antécédents…


Un journaliste présent dans la salle ne manquera d'ailleurs pas de lui faire la remarque en lui présentant le cas opposé. La jurisprudence Nikola Karabatic, condamné dans "l'affaire des paris truqués", mais pas exclu de sa Fédération. Et là, le père Noël tombe à côté de la plaque : "Il existe des sports nobles. Le foot est un sport populaire avec des joueurs de toutes origines." Traduction : dans le handball, on peut donner une seconde chance à un joueur sous prétexte que la pression publique est moins importante. C'est un argument défendable. Mais pas quand on est président de la FFF. Ici, c'est surtout faire preuve de docilité face à l'opinion générale. Noël le sait et devient hésitant à partir de ce moment-là, cogne plusieurs fois le micro et hausse le ton.

Alors oui, il a bien répété à quel point ça lui "crevait le cœur" de devoir se séparer de Benzema. Oui, c'est pour le moment impossible de réunir Mathieu et Karim dans la même équipe, alors autant garder la "victime" des deux. Oui, c'est enlever une épine du pied de Didier Deschamps. Et oui, cela peut se comprendre en regardant les antécédents des Bleus. Car si cette "affaire de la sextape" a pris cette importance, c'est qu'elle vient surtout redonner vie à de vieux cauchemars. Cette époque où le foot français mettait tout…




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