La croissance turque inférieure aux attentes du gouvernement

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par Daren Butler et Dasha Afanasieva ISTANBUL, 31 mars (Reuters) - La Turquie a connu en 2014 une croissance meilleure que prévu par les économistes, de 2,9%, mais moins rapide que ce qu'espérait le gouvernement, ce qui pourrait l'inciter à renouveler ses pressions sur la banque centrale en vue d'un abaissement des taux d'intérêt avant les élections législatives de juin. Les statistiques officielles publiées mardi sont supérieures aux attentes des économistes, qui prédisaient une croissance de 2,7%. Elles témoignent néanmoins d'un ralentissement par rapport à la progression de 4,2% du produit intérieur brut (PIB) enregistrée en 2013. "C'est légèrement mieux que prévu en ce qui concerne le PIB mais cela n'aura pas beaucoup d'importance tant le premier trimestre (2015) a été faible", juge Tatha Gose, économiste spécialiste des marchés émergents chez Commerzbank. "Les statistiques économiques des derniers mois sont toutes plutôt négatives." La croissance a surtout été inférieure à ce qu'attendait le gouvernement, qui tablait sur 3,3%. Le ministre des Finances, Mehmet Simsek, a toutefois prédit que l'activité allait repartir plus franchement après les élections. "Nous nous attendons à ce que la croissance accélère au second semestre avec l'atténuation des incertitudes aussi bien politiques que financières", a-t-il réagi dans un communiqué. La Turquie a connu une période de forte expansion économique depuis l'arrivée au pouvoir en 2002 du Parti Justice et Développement (AKP), qui s'appuie entre autres sur ce bilan pour envisager à nouveau une écrasante victoire électorale en juin. L'ancien Premier ministre devenu chef de l'Etat Recep Tayyip Erdogan espère que l'AKP décrochera une majorité de deux tiers nécessaire pour modifier la Constitution afin de basculer vers un régime présidentiel fort. A l'approche des élections, il mène campagne pour une baisse des taux d'intérêt en qualifiant de traîtres les adversaires d'un assouplissement de la politique monétaire, ce qui suscite des inquiétudes quant à l'indépendance de la banque centrale. Cette dernière a toutefois résisté aux pressions du chef de l'Etat et de ses partisans ce mois-ci en maintenant ses taux en raison de la baisse de la livre turque TRYTOM=D3 , qui, à ses yeux, risque d'alimenter l'inflation. La livre turque a perdu environ 12% depuis le début de l'année, ce qui en fait la sixième monnaie la moins performante parmi un panier de 25 devises de pays émergents, selon les données Thomson Reuters. (Bertrand Boucey pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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