La croissance ne sera que de 0,7% en 2014, selon l'Insee

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SELON L'INSEE, LA CROISSANCE NE DÉPASSERA PAS 0,7% CETTE ANNÉE
SELON L'INSEE, LA CROISSANCE NE DÉPASSERA PAS 0,7% CETTE ANNÉE

PARIS (Reuters) - La croissance de l'économie française ne devrait pas dépasser 0,7% cette année, selon les dernières prévisions de l'Insee publiées mardi, qui mettent à mal les objectifs du gouvernement d'une croissance du PIB de 1%, d'inversion de la courbe du chômage et de réduction du déficit public.

La hausse du produit intérieur brut de la France serait de 0,3% au deuxième trimestre (prévision inchangée) comme aux troisième et au quatrième, après une stagnation au premier.

"La croissance trimestrielle serait ainsi la même en France et en moyenne dans la zone euro", écrit l'Insee dans sa note de conjoncture trimestrielle. "Les moteurs en seraient en revanche légèrement différents: davantage de consommation en France, un investissement plus dynamique dans le reste de la zone euro."

Ce niveau d'activité serait insuffisant pour faire baisser le chômage, dont le taux augmenterait à 10,2% au deuxième trimestre et se maintiendrait à ce niveau sur le reste de l'année (après 10,1% au premier) et 9,8% en métropole.

Le ministère des Finances a répondu qu'il maintenait sa prévision d'une croissance de 1% de l'économie cette année, estimant que la réaction des entreprises au versement du crédit d'impôt compétitivité emploi et à la baisse des cotisations prévue dans le pacte de responsabilité aura un effet positif sur l'activité supérieur à celui prévu par l'Insee.

Au deuxième trimestre, la production manufacturière serait légèrement plus dynamique que prévu auparavant, avec une progression de 0,4% (+0,3% prévu en mars), estime l'Insee.

La consommation des ménages augmenterait de 0,5% (0,6% prévu en mars), tandis que l'investissement reculerait de 0,1% (-0,3% prévu en mars).

La contribution du commerce extérieur serait quant à elle légèrement positive alors qu'elle était attendue nulle auparavant.

HAUSSE DE 0,7% DU POUVOIR D'ACHAT CETTE ANNÉE

Après une stabilisation du pouvoir d'achat des ménages l'an dernier, il progresserait de 0,7% cette année.

Le salaire moyen par tête, qui a augmenté de 0,6% au premier trimestre, ralentirait par contrecoup au deuxième (+0,3%). Les salaires réels augmenteraient en moyenne de 1,0% cette année, après 0,8% l'an dernier.

La consommation des ménages en produits manufacturés augmenterait de 0,6% au deuxième trimestre (après -0,5% au premier), notamment en automobiles, la consommation d'énergie progressant de 1,2%.

Elle progresserait de 0,4% au troisième trimestre puis de 0,3% au quatrième trimestre, sa hausse sur l'ensemble de 2014 ressortant à 0,3% comme en 2013.

En baisse continue, l'investissement des ménages se stabiliserait à la fin de l'année, le recul moyen sur 2014 atteignant 6,7%, après -3,1% l'an dernier, ce qui constituerait la plus forte baisse depuis 2009. Principale explication de cette chute: l'effondrement des achats de logements neufs, reflété par des constructions au plus bas depuis 1998.

Parallèlement, la consommation publique progresserait de 0,3% par trimestre, avec une hausse moyenne de 1,6% en 2014, après 1,9% en 2013.

L'investissement des entreprises progresserait de 0,2% en moyenne pendant les prochains trimestres, après -0,5% au premier, rebondissant de 0,7% cette année, après -0,6% l'an dernier.

L'inflation resterait sous la barre de 1% d'ici fin 2014, avec des prix à la consommation en hausse de 0,7% en glissement annuel fin 2014.

L'inflation sous-jacente diminuerait pour atteindre 0,2% en décembre, l'inflation d'ensemble progressant du fait de l'accélération des prix de l'alimentaire et de l'énergie.

Une croissance économique de seulement 0,7% pèserait sur l'objectif de réduction du déficit public à 3,8% du PIB cette année, que le gouvernement veut sécuriser avec les 4 milliards d'euros d'économies du budget rectificatif examiné à l'Assemblée.

Dans son dernier rapport, la Cour des comptes estime que le déficit risque de baisser moins que prévu et d'atteindre 4,0% fin 2014, voire davantage si la croissance est inférieure à 1%.

(Jean-Baptiste Vey, édité par Marc Joanny)

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  • s.lux le mardi 24 juin 2014 à 22:29

    ben forcément, avec toutes les hausses d'impôts qu'on a eu, c'est clair qu'on va moins consommer ! Et comme par hasard, la classe moyenne est concernée par la hausse mais pas par la baisse annoncée récemment ...