La croissance faiblit dans la zone euro, la BCE va agir

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EUROSTAT CONFIRME LE RALENTISSEMENT DE LA CROISSANCE AU 1ER TRIMESTRE DANS LA ZONE EURO
EUROSTAT CONFIRME LE RALENTISSEMENT DE LA CROISSANCE AU 1ER TRIMESTRE DANS LA ZONE EURO

par Jonathan Cable

LONDRES (Reuters) - Les baisses de prix consenties par les entreprises de la zone euro n'ont pas empêché la croissance de s'essouffler en mai, une évolution qui accrédite l'hypothèse d'un assouplissement de la politique monétaire à la veille de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE).

Les enquêtes de Markit auprès des directeurs d'achat (PMI) publiées mercredi montrent que, si l'activité est restée soutenue en zone euro, le rythme de croissance a ralenti, malgré un recul des prix à la production pour le 26e mois d'affilée.

"Les indices PMI restent corrects avec une certaine reprise dans la zone euro", note Annalisa Piazza chez Newedge Strategy.

"Ceci dit, ce constat de reprise modérée n'empêchera pas la BCE de justifier un nouvel assouplissement monétaire cette semaine", ajoute-t-elle.

L'annonce mardi d'une baisse inattendue de l'inflation en mai à 0,5% avait déjà renforcé la probabilité de voir la banque centrale annoncer des mesures jeudi.

Plusieurs sources avaient fait savoir le mois dernier à Reuters que la BCE préparait un ensemble de mesures susceptibles d'être annoncées à l'issue de sa réunion de juin, incluant la possibilité d'une baisse de ses trois taux directeurs et celle de mesures ciblées visant à favoriser le crédit aux petites et moyennes entreprises.

CROISSANCE TROP FAIBLE POUR RELEVER LES PRIX

Le président de la BCE, Mario Draghi, a déclaré pour sa part la semaine dernière que l'institution monétaire était "particulièrement attentive" à tout risque de déflation et prête à intervenir en employant des moyens conventionnels ou ciblés, un programme d'ampleur d'achat d'actifs restant possible.

La croissance des Dix-Huit a encore une fois été tirée par l'Allemagne et les chiffres suggèrent un PIB en progression de 0,4% à 0,5% en zone euro pour le trimestre en cours, malgré une contraction en France des indices PMI après tout juste deux mois de reprise.

Pour l'ensemble de la zone euro, l'accélération de la croissance dans le secteur des services a été contrebalancée par un ralentissement dans le secteur manufacturier.

L'indice PMI composite - un bon indicateur d'activité - a reculé à 53,5 contre 53,9 en estimation "flash" et 54,0 en avril malgré la baisse des prix. Il reste toutefois au-dessus de la barre des 50 séparant contraction et expansion de l'activité.

"Le rythme de croissance n'est tout simplement pas suffisamment fort pour permettre aux entreprises d'imposer des hausses de prix. Cela pourrait bien sonner le glas des espoirs de reprise vigoureuse sans mesure de soutien", a déclaré Chris Williamson, responsable de la recherche économique chez Markit.

Les prix à la production ont encore baissé au mois d'avril, de 0,1% sur un mois et 1,2% sur un an, conformément aux prévisions des analystes.

(Juliette Rouillon pour le service français)

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  • fouche15 le jeudi 5 juin 2014 à 08:31

    faites_c-les banques centrales sont nocives, il faudrait s'en passer. Leur politiques monétaires sont un drame pour la production, les devises n'ont pas être manipulées, la monnaie doit être tout au contraire stable pour refléter ses trois critères : moyen échange, moyen de mesure, moyen de réserve.

  • fouche15 le mercredi 4 juin 2014 à 21:06

    suite-Il n’y aura pas de croissance sans investissement donc sans épargne.

  • fouche15 le mercredi 4 juin 2014 à 21:06

    C’est comme si de manipuler la masse monétaire, cela pouvait relancer la production alors que c’est l’épargne le véritable moteur de l’investissement et donc de la production, mais voilà l’épargne est la mal aimée des pouvoirs politiques successifs parce qu’elle provient des riches et il ne faut surtout pas avantager les épargnants, il faut donc les taxer pour les démobiliser totalement, c’est fait.

  • pierry5 le mercredi 4 juin 2014 à 16:11

    " L'accélération de la croissance du secteur des services a été contrebalancé par un ralentissement du secteur manufacturier " On crée des postes de femmes de ménage, on fait bouffer les gens mais on ne fabrique plus, c'est le chien qui se mord la queue, on va le payer très cher.

  • faites_c le mercredi 4 juin 2014 à 16:02

    "une évolution qui accrédite l'hypothèse d'un assouplissement de la politique monétaire" Une évolution qui conforte surtout que nous sommes entrés en déflation grâce à la BCE qui se refuse à toute initiative depuis plus de 2 ans car obnubilé par une éventuelle reprise d'inflation!

  • posthit le mercredi 4 juin 2014 à 15:20

    moi président avait pourtant ressenti un frémissement !

  • wanda6 le mercredi 4 juin 2014 à 15:10

    upr.fr

  • PHMAUVE le mercredi 4 juin 2014 à 15:07

    Expert BCE http://www.upr.fr/videos/conferences-en-ligne/vincent-brousseau-upr-sortir-de-leuro-pourquoi-et-comment

  • noterb1 le mercredi 4 juin 2014 à 14:55

    Quelle découverte ! il n'y a pas de croissance . Comme si la croissance en berne était la source de tous les maux , comme si la croissance pouvait être infinie . Mais rien sur la productivité qui explose et entraine des suppressions d'emplois bien plus nombreuses que celles dues aux délocalisations , rien sur l'accaparement de la richesse par une oligarchie .

  • FullOil le mercredi 4 juin 2014 à 14:46

    C'est pas l'europe qui va mal maintenant c'est l'allemagne alors là il faudra vite agir.