La croissance en Europe sous la menace du risque politique-Coface

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    * Série de scrutins incertains à venir en Europe 
    * Un choc de type "Brexit" pas exclu 
    * L'incertitude politique pourrait peser sur la croissance 
 
    PARIS, 17 octobre (Reuters) - Un choc politique majeur de 
l'ampleur de celui observé avec le vote des Britanniques en 
faveur d'une sortie de l'Union européenne amputerait la 
croissance de 0,5 point en moyenne en Europe, selon une étude 
présentée lundi par Coface. 
    Au vu des échéances politiques à venir dans plusieurs pays 
européens, le scénario d'une montée des incertitudes susceptible 
d'affecter une reprise fragile en plombant la demande intérieure 
(consommation et investissement) n'est pas à exclure.     
    "Dans les douze prochains mois, on va avoir un agenda 
politique extrêmement chargé dans les principaux pays de la zone 
euro", a rappelé Julien Marcilly, économiste en chef de Coface, 
lors de la présentation de cette étude à la presse. 
    L'année 2017 sera notamment marquée par les élections 
présidentielle et législatives en France et des élections 
législatives en Allemagne. Mais les prochains mois seront 
ponctués par d'autres scrutins à l'issue tout aussi incertaine, 
qu'il s'agisse du référendum constitutionnel en Italie et de 
l'élection présidentielle en Autriche, en décembre, des 
législatives aux Pays-Bas en mars, sans compter l'éventuelle 
tenue de nouvelles élections législatives en Espagne si un 
accord de gouvernement n'était pas conclu avant la fin du mois.  
    D'après les simulations des économistes de 
l'assureur-crédit, "en France, si l'incertitude politique 
augmentait autant qu'au Royaume-Uni avec le 'Brexit', la 
croissance l'année prochaine serait amputée de 0,7 point", a 
indiqué Julien Marcilly.   
     
    "LA DERNIÈRE VAGUE DE LA CRISE DE LEHMAN"  
    Un tel choc pourrait donc réduire la croissance du produit 
intérieur brut (PIB) de la France de moitié, Coface tablant, 
comme la plupart des grandes organisations internationales, sur 
une croissance de 1,3% en 2017.   
    "Dans un contexte de multiplication des candidats en vue de 
la présidentielle, les sources d'incertitude possibles sont 
nombreuses :  qui sera face à Marine Le Pen au second tour ? En 
cas de forte abstention au second tour, celle-ci peut-elle 
remporter la victoire ?", souligne la Coface en rappelant que la 
présidente du Front national est quasi certaine de participer au 
second tour.  
    Un tel degré d'incertitude pourrait également être observé 
si le vainqueur de l'élection présidentielle, quel qu'il soit, 
ne parvient pas à réunir une majorité à l'Assemblée nationale à 
l'issue des législatives, a déclaré Julien Marcilly en précisant 
que cette étude mesurait "uniquement le choc immédiat lié à la 
montée des incertitudes, indépendamment des programmes 
économiques des candidats".  
    En appliquant leur modèle, les économistes de la Coface ont 
calculé qu'en un an, un accroissement des incertitudes 
politiques comparable à celui qui a été observé au Royaume-Uni 
ferait perdre environ 1,2 point de croissance à l'Espagne, 
amputerait la croissance de l'Allemagne de 0,4 à 0,5 point à 
l'Allemagne mais ne ferait fléchir la croissance italienne que 
de 0,2 point.  
    Mais le scrutin qui pourrait exercer le choc le plus 
important sur les économies européennes est celui de la 
présidentielle américaine, d'après les calculs de la Coface.  
    La hausse de l'incertitude politique dans le cas d'une 
victoire de Donald Trump face à Hillary Clinton le 8 novembre 
prochain se traduirait par une réduction de deux points de la 
croissance européenne après un an (un point pour la France), 
soit un choc plus fort que celui enregistré par l'économie 
américaine (-1,5 point).     
    Pour Julien Marcilly, l'augmentation du risque politique 
représente "la dernière vague de la crise de Lehman", en 
référence à la faillite de la banque américaine Lehman Brothers 
en 2008, à l'origine de la crise financière et économique qui a 
touché l'ensemble de la planète.  
    Après plusieurs années marquées par une situation économique 
difficile sur fond de rigueur budgétaire et un chômage élevé 
auxquels s'ajoutent la crise des migrants et la montée de 
l'euroscepticisme, "le résultat aujourd'hui c'est que les 
frustrations sociales augmentent (...) et donc ça se matérialise 
par du risque politique (...) qui a une influence directe sur 
l'environnement économique", a-t-il résumé. 
         
    L'étude de la Coface:  
    http://bit.ly/2eaS0vm     
     
 
 (Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse) 
 
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