La croissance économique japonaise au 3e trimestre révisée en franche hausse

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Au troisième trimestre, les investissements des entreprises ont été bien plus solides qu'initialement annoncé ( AFP/Archives / KAZUHIRO NOGI )
Au troisième trimestre, les investissements des entreprises ont été bien plus solides qu'initialement annoncé ( AFP/Archives / KAZUHIRO NOGI )

La croissance du Japon au troisième trimestre a été révisée vendredi en nette hausse, grâce notamment à des investissements des entreprises bien plus solides qu'initialement annoncé, selon des données publiées vendredi par le gouvernement.

Le produit intérieur brut (PIB) de la troisième économie mondiale a progressé de 0,6% de juillet à fin septembre sur un trimestre, deux fois plus que le chiffre préliminaire (0,3%) livré à la mi-novembre.

Ce fort relèvement provient essentiellement des investissements des entreprises, qui se sont finalement avérés robustes sur la période: ils ont été revus en hausse de 1,1%, contre à peine 0,2% lors de la première estimation du PIB le mois dernier.

La révision du PIB est supérieure aux anticipations des économistes compilées par Bloomberg, qui s'attendaient en moyenne à 0,4%.

La croissance au premier et deuxième trimestres 2017 a également été révisée en hausse vendredi, avec désormais 0,4% de janvier à fin mars (contre 0,3% auparavant) et 0,7% d'avril à fin juin (contre 0,6% précédemment), selon les données du gouvernement.

À données comparables, le Japon connaît actuellement sa plus longue période de croissance ininterrompue depuis le milieu des années 1990, avec sept trimestres à la suite.

Et cette série record devrait continuer. Une nouvelle croissance de l'économie japonaise "est attendue sur la période d'octobre à décembre", a rappelé à l'AFP Yuichiro Nagai, économiste de Barclays Capital.

"Comme la demande extérieure est bonne sur fond d'une reprise de l'économie mondiale, l'activité des entreprises est plutôt robuste, ce qui se reflète dans leurs investissements", a-t-il expliqué.

Les exportations japonaises de biens et services ont ainsi été l'autre fer de lance de la croissance du PIB au troisième trimestre: elles ont augmenté de 1,5% sur un trimestre, un chiffre inchangé par rapport à la première estimation du PIB mi-novembre.

- La consommation, maillon faible -

La consommation des ménages, en revanche, demeure l'ombre au tableau: elle a baissé de 0,5% au troisième trimestre par rapport au deuxième, un chiffre inchangé vendredi.

Selon les économistes, la consommation des ménages nippons a été affectée par une météo estivale pluvieuse et a souffert d'un effet de comparaison défavorable par rapport au deuxième trimestre, où elle avait été particulièrement solide (0,9%).

La consommation devrait repartir à la hausse dans les mois à venir au Japon
La consommation devrait repartir à la hausse dans les mois à venir au Japon ( AFP/Archives / Toru YAMANAKA )

Toutefois la consommation devrait se reprendre dans les mois à venir, la pénurie de main-d'œuvre dans le pays devant inciter les entreprises à augmenter les salaires, selon M. Nagai.

En rythme annualisé, l'économie japonaise a progressé de 2,5% au troisième trimestre, contre 1,4% lors de la première estimation.

La dynamique plus forte que prévu de l'économie nipponne est une bonne nouvelle pour le Premier ministre Shinzo Abe, dont la politique économique, surnommée "abenomics", repose sur une augmentation massive des investissements publics et sur une politique monétaire ultra-accommodante, afin de relancer le crédit et les investissements privés, et par là même stimuler l'inflation.

Les prix à la consommation augmentent au Japon depuis le début de l'année. Mais leur hausse reste encore loin de l'objectif de 2% fixé par le gouvernement et la Banque du Japon. Elle a été surtout soutenue ces derniers mois par un bond des prix de l'énergie.

En octobre, l'inflation dans le pays s'est établie à 0,8% sur un an, hors produits frais, mais à seulement 0,2% en excluant également les dépenses énergétiques.

L'économie japonaise a été minée par la déflation pendant plus de 20 ans, les consommateurs préférant dans un tel contexte reporter leurs achats en escomptant de nouvelles baisses des prix, et épargner à la place, ce qui freine à son tour l'activité des entreprises.

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