La croissance du secteur privé en zone euro ralentit

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LA CROISSANCE DU SECTEUR PRIVÉ EN ZONE EURO RALENTIT
LA CROISSANCE DU SECTEUR PRIVÉ EN ZONE EURO RALENTIT

PARIS/LONDRES/BERLIN (Reuters) - La croissance du secteur privé a ralenti dans la zone euro en septembre avec des entrées de commandes plus faibles que prévu et des créations d'emplois à leur plus bas niveau depuis janvier, montrent les résultats définitifs de l'enquête Markit auprès des directeurs d'achat.

L'indice PMI composite, annoncé à 53,9 en version préliminaire, est finalement revenu à 53,6, son plus bas niveau en quatre mois, contre 54,3 en août.

L'indice qui intègre l'activité dans les services et le secteur manufacturier se maintient depuis la mi-2013 au-dessus du niveau de 50 à partir duquel il rend compte d'une croissance.

Selon Markit, l'indice composite laisse toujours prévoir une croissance du produit intérieur brut de 0,4% au troisième trimestre mais pose néanmoins question, six mois après le lancement de la politique d'assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne.

"L'incapacité de l'économie à prendre de l'altitude pendant l'été constituera une déception pour la BCE, surtout avec des créations d'emplois qui retombent à leur plus bas niveau depuis huit mois", déclare Chris Williamson, chef économiste chez Markit.

L'indice des services est revenu à 53,7 contre 53,9 en première estimation et 54,3 en août. L'indice manufacturier, publié jeudi, était ressorti pour sa part à 52,0 contre 52,3.

Seule bonne nouvelle pour la BCE, les entreprises du secteur des services ont pu augmenter eurs prix pour la première fois depuis août 2011.

En ALLEMAGNE, l'activité dans le secteur privé a encore été en croissance en septembre et, malgré un rythme plus lent qu'en août, cela suggère que la première économie d'Europe est en passe d'afficher une croissance solide au troisième trimestre.

L'indice PMI composite est retombé à 54,1 le mois dernier, contre 55,0 le mois précédent.

Cet indice est supérieur à la barre des 50 qui sépare croissance et contraction pour le 29e mois d'affilée, tout en étant légèrement inférieur au consensus qui donnait 54,3.

"Les résultats des PMI des services font suite à des chiffres manufacturiers positifs, ce qui laisse entendre que la reprise de l'activité du secteur privé en Allemagne reste généralisée", a dit Oliver Kolodseike, économiste chez Markit.

L'indice PMI pour le seul secteur des services est légèrement retombé à 54,1 contre 54,9 en août, mais reste supérieur à la moyenne de long terme et les nouvelles commandes ont progressé à leur rythme le plus fort en un an.

En FRANCE, la croissance de l'activité dans le secteur des services a légèrement accéléré le mois dernier grâce notamment à un volume de nouvelles commandes en hausse.

L'indice du secteur des services est ressorti à 51,9 contre 50,6 en août, s'inscrivant pour le huitième mois consécutif au-dessus de la barre des 50.

L'indice composite, repassé au-dessus de la barre des 50, est revenu à 51,9 contre 50,2 en août, alors que la première estimation "flash" le situait à 51,4.

Les chefs d'entreprise du secteur des services ont fait état d'une hausse de leurs nouvelles commandes pour le dixième mois d'affilée. Mais l'emploi a accentué son recul, le taux de suppressions de postes atteignant un plus haut depuis dix mois.

En ITALIE, le secteur des services a connu en septembre un septième mois de croissance mais à un rythme plus lent qu'en août.

l'indice PMI Markit/Adaci a reculé à 53,3 contre 54,6 en août, en deçà des attentes mais toujours au-dessus du seuil de 50.

Dix économistes interrogés par Reuters avaient une prévision moyenne de 54,0.

L'emploi dans les services a connu sa plus forte baisse depuis janvier mais les anticipations des entreprises pour leur activité future ont affiché leur plus forte progression depuis avril.

L'indice composite, regroupant également l'industrie, a faibli à 54,4 contre 55,0 en août, revenant ainsi à son plus bas niveau depuis mars.

En ESPAGNE, l'emploi dans le secteur des services a connu en septembre son rythme de croissance le plus faible de l'année, témoignant d'une décélération de la croissance.

L'indice PMI des services est revenu à 55,1 en septembre, au plus bas depuis décembre 2014, contre 59,6 en août. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne 58,5.

L'indice se maintient toutefois au-dessus de la barre de 50 depuis deux ans maintenant.

Le sous-indice de l'emploi a baissé à 52,6 contre 54,4, revenant à son plus bas niveau depuis février.

"Ces données, avec celles du secteur manufacturier témoignant également d'un ralentissement de la croissance, suggèrent que la reprise espagnole a peut-être atteint un pic durant le troisième trimestre de cette année", commente Andrew Harker, économiste chez Markit. "Le reste de l'année sera crucial pour déterminer si l'économie allemande continue de s'améliorer ou revient vers la stagnation."

(Bureaux européens de Reuters, Yann Le Guernigou, Juliette Rouillon et Véronique Tison pour le service français)

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