La croissance du Japon au 4e trimestre revue à la baisse

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LA CROISSANCE DU JAPON AU 4E TRIMESTRE REVUE À LA BAISSE
LA CROISSANCE DU JAPON AU 4E TRIMESTRE REVUE À LA BAISSE

par Stanley White et Tetsushi Kajimoto

TOKYO (Reuters) - La croissance japonaise a été encore plus faible qu'attendu sur les trois derniers mois de 2013, montrent les chiffres révisés publiés lundi, et le déficit des comptes courants a inscrit un nouveau record en janvier, deux déceptions qui font craindre une rechute de l'économie avec la hausse de la fiscalité prévue le mois prochain.

Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,7% seulement en rythme annualisé sur le trimestre octobre-décembre, alors qu'une première estimation avait donné un rythme de croissance de 1,0%.

Par rapport au trimestre précédent, la croissance n'a été que de 0,2%, contre 0,3% en première estimation.

Cette révision à la baisse est imputable entre autres à la faiblesse de l'investissement (+0,8% contre +1,3% en première estimation) et de la consommation privée (+0,4% contre +0,5%). Sur juillet-septembre, la croissance de l'archipel était ressortie à 0,9% en rythme annualisé.

Ce ralentissement inattendu ravive les espoirs d'un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la Banque du Japon au cours des prochains mois pour tenter de préserver une reprise décidément fragile.

Autre mauvais signe annoncé lundi: la balance des comptes courants affiche pour janvier un déficit record de 1.589 milliards de yens (11,1 milliards d'euros), ce qui suggère que la dépréciation du yen ne suffit pas à doper les exportations.

Les derniers indicateurs nourrissent les doutes sur l'efficacité des "Abenomics", l'ensemble des mesures prises à l'initiative du Premier ministre Shinzo Abe pour tenter de relancer la croissance et de sortir le Japon de la déflation.

UNE INCITATION À AGIR POUR LA BOJ

Ce virage politique a eu initialement une efficacité indéniable avec une croissance de 4% en rythme annualisé sur les six premiers mois de 2013, la meilleure performance de tous les pays industrialisés, mais cet effet s'est brutalement estompé au second semestre, les exportations, l'investissement et la consommation ralentissant simultanément.

La Banque du Japon, qui se réunit lundi et mardi, pourrait donc assouplir sa politique dès le mois prochain pour tenter d'amortir le choc du relèvement, de 5% à 8%, du taux de la TVA.

"Le fait que la croissance ait fortement ralenti montre l'échec des Abenomics, qui reposent sur la faiblesse du yen et de l'assouplissement de la BoJ. Mais (ces politiques) n'ont jamais fait augmenter le potentiel de croissance du Japon, ni amélioré sa balance courante", commente Hiromichi Shirakawa, chef économiste de Credit Suisse à Tokyo.

"La BoJ pourrait ne pas avoir d'autre choix que d'assouplir encore sa politique en augmentant ses achats d'actifs dès avril, en fonction de l'évolution des marchés. Elle pourrait justifier une telle décision en expliquant que, sur l'exercice budgétaire en cours, la croissance du PIB sera inférieure à sa prévision."

La banque centrale a lancé en avril 2013 un ambitieux plan d'assouplissement quantitatif, en s'engageant à faire croître la base monétaire de 60.000 à 70.000 milliards de yens par an.

(Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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