La croissance chinoise attendue à 7,2% au 4e trimestre

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LA CROISSANCE CHINOISE DEVRAIT AVOIR RALENTI AU 4E TRIMESTRE
LA CROISSANCE CHINOISE DEVRAIT AVOIR RALENTI AU 4E TRIMESTRE

par Kevin Yao

PEKIN (Reuters) - La croissance économique de la Chine devrait avoir ralenti à 7,2% en rythme annuel au quatrième trimestre, soit son niveau le plus faible depuis la crise financière, selon une enquête Reuters qui vient souligner la nécessité de nouvelles mesures de soutien si la deuxième économie mondiale veut échapper à un coup de frein plus brutal en 2015.

Ce ralentissement attendu, après +7,3% sur la période juin-septembre, ferait tomber la croissance sur l'ensemble de l'année à son niveau le plus bas depuis 24 ans, sous l'objectif de 7,5% fixé par le gouvernement.

Une hausse de 7,2% du produit intérieur brut (PIB) au quatrième trimestre serait la plus basse depuis celle de 6,6% enregistrée lors des trois premiers mois de 2009, au plus fort de la crise financière.

La statistique sera publiée le 20 janvier.

L'enquête réalisée par Reuters auprès de 31 économistes pointe vers une stabilisation de la distribution de crédits et de l'investissement en décembre, mais avec une nouvelle diminution des pressions sur les prix.

"Les chiffres de décembre devraient montrer une économie toujours fragile, avec une dynamique de production qui peine à reprendre et des pressions déflationnistes croissantes", écrivent les économistes d'UBS dans une note.

Les spécialistes s'attendent à un chiffre tout juste stable pour la distribution de crédits bancaires le mois dernier par rapport à novembre, à près de 853 milliards de yuans (116 milliards d'euros), malgré l'annonce par la Banque populaire de Chine de la levée de restrictions sur l'octroi de prêts.

L'annonce de ces mesures avait suivi de près la décision de la banque centrale de réduire ses taux d'intérêt pour la première fois depuis plus de deux ans, ce qui avait pris les marchés par surprise.

La formation brute de capital fixe devrait avoir augmenté de 15,8% sur l'ensemble de 2004, sans changement par rapport aux 11 premiers mois de l'année, le gouvernement ayant approuvé de nouveaux projets d'investissement pour compenser le ralentissement du marché immobilier.

La Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR), principal organe de planification, a approuvé des projets d'infrastructures d'un montant total de 1.770 milliards de yuans en 2014, dont la majorité au quatrième trimestre, mais les chantiers risquent de prendre du retard en raison du niveau élevé d'endettement des administrations locales.

La production industrielle est quant à elle prévue en hausse de 7,4% en décembre par rapport au même mois de 2013, ce qui marquerait une légère accélération après la progression de novembre qui avait été limitée à 7,2% du fait de la fermeture d'usines polluantes du nord du pays durant le sommet des dirigeants de la région Asie-Pacifique à Pékin.

DÉTENTE MONÉTAIRE

Nombre d'économistes prévoient une nouvelle baisse de taux ou alors un abaissement des coefficients de réserves obligatoires des banques, mais certains pensent que la banque centrale voudra attendre que ses dernières mesures produisent de l'effet sur la croissance.

"La banque centrale a besoin de temps pour analyser l'évolution de la situation avant de prendre d'autres mesures d'assouplissement, si bien que la possibilité d'une nouvelle baisse de taux à court terme n'est pas très importante", estime Lin Hu, économiste de Guosen Securities à Pékin.

Les dirigeants chinois, favorables à une transition vers une économie davantage portée par la consommation intérieure que par les exportations, ont toléré jusqu'ici le ralentissement de la croissance mais un nouveau coup de frein pourrait entraîner des pertes d'emplois et mécontenter l'opinion publique.

Le marasme du secteur immobilier devrait se prolonger en 2015, les entreprises restent confrontées à un endettement élevé et la demande à l'export risque de rester erratique, laissant les services comme seul moteur de la croissance.

UBS s'attend à ce que la croissance ralentisse encore à 6,8% en 2015, avec une nouvelle baisse de taux d'au moins 50 points de base dans le courant de l'année.

Les prix à la production témoignent des risques déflationnistes. Ils ont reculé de 2,7% en novembre sur un an, leur 34e mois consécutif de baisse, et les économistes tablent en moyenne sur un nouveau repli de 3,1% en décembre.

L'inflation au niveau des prix à la consommation est attendue à 1,5% pour décembre, proche d'un plus bas en cinq ans, ce qui laisse de la marge pour une nouvelle détente de la politique monétaire si nécessaire.

Les indices d'inflation seront publiés le 9 janvier, suivis le 13 janvier de ceux du commerce extérieur.

Signe de la faiblesse de la demande, les économistes prévoient en moyenne une baisse de 7,4% des importations en décembre sur un an, après déjà un recul de 6,7% en novembre.

Les exportations, elles, devraient avoir augmenté de 6,8% après leur hausse de 4,7% en novembre. L'excédent commercial de décembre se rapprocherait ainsi des 50 milliards de dollars, pratiquement un record.

Les ventes au détail devraient quant à elles avoir augmenté de 11,7% en décembre sur un an, tout en ressortant stables par rapport à novembre, selon l'enquête.

(avec la contribution de Shaloo Shrivastava à Bangalore, Véronique Tison pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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