La croissance chinoise a ralenti à 7,5% au 2e trimestre

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LA CROISSANCE CHINOISE TOMBE À 7,5% AU 2E TRIMESTRE
LA CROISSANCE CHINOISE TOMBE À 7,5% AU 2E TRIMESTRE

par Langi Chiang et Jonathan Standing

PÉKIN (Reuters) - La croissance en Chine a une nouvelle fois marqué le pas au deuxième trimestre, pénalisée par le ralentissement de la demande hors de ses frontières et par un recul de l'investissement, et mettant en lumière la nécessité pour Pékin de poursuivre l'adaptation d'une économie trop tournée vers l'extérieur.

Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 7,5% au deuxième trimestre, un chiffre exactement conforme aux attentes des économistes interrogés par Reuters, qui fait suite à une expansion de 7,6% au trimestre précédent.

L'an dernier à la même époque, la croissance était ressortie à 7,7%. Sur les dix derniers trimestres, elle a reculé neuf fois.

Zhou Xiaochuan, gouverneur de la Banque populaire de Chine, a jugé que ces chiffres confirmaient que l'économie chinoise était toujours l'objet de pressions baissières et indiqué que Pékin allait accentuer le soutien aux PME pour stabiliser la croissance.

"Le soutien financier au développement des petites entreprises permettra de soutenir une croissance économique stable et relativement rapide", a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur le site internet du gouvernement chinois.

Le dollar australien, très sensible au niveau de la demande chinoise de matières premières, était à la hausse après l'annonce du Bureau des statistiques. Certains tablaient sur un ralentissement encore plus marqué après l'annonce, la semaine dernière d'une baisse des exportations en juin.

Selon Sheng Laiyun, porte-parole du Bureau des statistiques, les conditions sont réunies pour que la Chine atteigne son objectif de 7,5% de croissance en 2013.

"Certaines mesures, notamment la campagne renforcée de limitation de la propriété, de nouvelles règles pour lutter contre le recours abusif au fonds publics et la fin de certaines politiques de stimulation auront inévitablement un impact sur la croissance à court terme, mais elles seront bénéfiques à terme pour notre économie", a-t-il déclaré lors d'un point de presse.

RECENTRAGE SUR LA DEMANDE INTÉRIEURE

Les perspectives pour le reste de l'année seront toutefois moins favorables si le "crunch" inattendu du mois dernier sur le marché monétaire, qui a fait monter les taux d'intérêt à court terme à des niveaux jamais atteints, venait à se répercuter sur l'économie réelle.

Les nouveaux dirigeants chinois, le président Xi Jinping et le premier ministre Li Keqiang, souhaitent tourner la page de la croissance tous azimuts des trois dernières décennies pour recentrer l'économie sur la demande intérieure.

En conséquence, Pékin s'est abstenu de mener une politique de relance cette année, privilégiant une croissance plus lente mais liée à la consommation plutôt que d'encourager l'investissement financé par la dette.

Mais les choses pourraient changer, surtout si le marché du travail commence à montrer des signes de faiblesse susceptibles d'alimenter des tensions sociales.

Parmi les autres résultats annoncés lundi, l'inflation a progressé plus vite que prévu en juin avec 2,7%, mais elle reste nettement sous l'objectif annuel de 3,5%.

La production industrielle a quant à elle gagné 8,9% en juin par rapport à l'année précédente, alors que les analystes tablaient sur 9,1%.

Les ventes de détail ont par ailleurs augmenté de 13,3% au cours du même mois, toujours par rapport à l'an dernier. Les économistes interrogés par Reuters s'attendaient à 12,9%.

Enfin les investissements en actifs fixes sur les six premiers mois de l'année ont gagné 20,1% alors que l'enquête de Reuters prévoyait 20,2%.

Avec Kevin Yao, Jean-Philippe Lefief et Nicolas Delame pour le service français, édité par Gilles Guillaume

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  • 18219615 le lundi 15 juil 2013 à 10:36

    On aimerait bien la moitié de ce chiffre la., toujours avec un signe plus devant .