La croissance britannique révisée à la baisse

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 (Actualisé avec réactions, données, contexte) 
    par William Schomberg et Ana Nicolaci da Costa 
    LONDRES, 23 décembre (Reuters) - La croissance de l'économie 
britannique a finalement été moins soutenue que prévu sur une 
bonne partie de l'année 2015, montrent des chiffres officiels 
publiés mercredi qui devraient alimenter la réflexion de la 
Banque d'Angleterre (BoE) quant à un éventuel relèvement des 
taux d'intérêt. 
    L'Office de la statistique nationale (ONS) a précisé que le 
produit intérieur brut (PIB) avait augmenté de 0,4% sur la 
période juillet-septembre par rapport au deuxième trimestre, 
contre une précédente estimation d'une croissance de 0,5%. 
    Sur un an, la hausse du PIB est ramenée à 2,1% contre 2,3% 
précédemment. Les économistes interrogés par Reuters avaient 
anticipé des estimations définitives du PIB inchangées par 
rapport aux précédentes. 
    L'ONS explique sa révision à la baisse des données du PIB 
par une croissance du secteur des services moins forte que 
précédemment estimé, en particulier celle des services 
financiers. 
    La Banque d'Angleterre avait auparavant estimé que la 
croissance devrait atteindre 0,6% au troisième trimestre. 
    "Il va y avoir encore moins de pression à court terme pour 
relever les taux d'intérêt", a déclaré Philip Shaw, économiste 
chez Investec. 
    La plupart des économistes pensaient jusqu'à présent que la 
BoE n'agirait pas avant les environs du mois de mai 2016, tandis 
que les marchés financiers n'attendent pas de tour de vis 
monétaire avant fin 2016 ou début 2017. 
    La livre sterling  GBP=D4  a brièvement faibli après la 
publication de ces statistiques avant de se redresser. 
    La Grande-Bretagne a connu une croissance économique plus 
vigoureuse que la plupart des autres pays développés ces deux 
dernières années, ce qui a notamment contribué à la large 
victoire électorale du Premier ministre conservateur David 
Cameron en mai. 
     
    LA HAUSSE DU COÛT UNITAIRE DU TRAVAIL RALENTIT 
    Selon un porte-parole du ministère des Finances, les 
statistiques de l'ONS montrent à la fois la bonne santé de 
l'économie britannique mais aussi les risques auxquels elle est 
confrontée. 
    "C'est pourquoi nous devrions continuer de faire progresser 
notre projet consistant à bâtir une économie apportant la 
sécurité aux personnes qui travaillent", a dit ce porte-parole, 
en allusion à la volonté du ministre des Finances George Osborne 
de réduire davantage les dépenses publiques pour redresser les 
finances du pays. 
    Les données du deuxième trimestre ont également été revues 
en baisse, la croissance d'un trimestre sur l'autre étant 
désormais donnée à 0,5%, contre +0,7% précédemment, et celle 
d'une année sur l'autre à 2,3% (contre +2,4%). 
    La reprise économique en Grande-Bretagne a été 
essentiellement tirée depuis 2013 par les dépenses des ménages. 
Celles-ci ont été encore plus vigoureuses que précédemment 
estimé au troisième trimestre alors que l'inflation quasi-nulle 
et la progression des salaires ont permis la plus forte hausse 
annuelle du revenu disponible depuis 2010. 
    Le taux d'épargne a pour sa part chuté à un creux depuis 
1963, auquel il était néanmoins déjà retombé depuis cette date. 
    Autre facteur susceptible d'inciter la BoE à retarder une 
hausse des taux, la croissance du coût unitaire du travail a 
ralenti à 2,0% sur un an contre 2,2% au deuxième trimestre 
tandis que la mesure de la productivité est restée stable. 
    Mark Carney, gouverneur de la BoE, souhaite constater une 
accélération du coût unitaire du travail, entre autres facteurs, 
avant d'envisager un relèvement de taux. 
 
 (Benoit Van Overstraeten et Bertrand Boucey pour le service 
français) 
 
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