La croissance américaine revue en hausse à 1,4% au 4e trimestre

le , mis à jour à 14:16
0
LA CROISSANCE AMÉRICAINE A RALENTI AU 4E TRIMESTRE
LA CROISSANCE AMÉRICAINE A RALENTI AU 4E TRIMESTRE

WASHINGTON (Reuters) - La croissance économique des Etats-Unis a ralenti au quatrième trimestre mais pas autant qu'annoncé lors une précédente estimation, des dépenses de consommation plus dynamiques qu'on ne le pensait ayant compensé l'impact négatif du processus de déstockage des entreprises.

Le PIB a augmenté de 1,4% annualisé, en troisième et dernière estimation, alors que la précédente estimation donnait une croissance de 1,0%, a annoncé le département du Commerce vendredi.

La toute première estimation ne donnait qu'une croissance de 0,7%, après 2,0% au troisième trimestre et 2,4% pour l'ensemble de 2015. Les économistes interrogés par Reuters attendaient une croissance non révisée au dernier trimestre de 2015, de 1,0%.

Les dépenses de consommation, qui représentent plus des deux tiers de l'activité économique des Etats-Unis, ont augmenté de 2,4%, au lieu des 2,0% annoncés le mois dernier, en raison d'une consommation plus forte qu'estimé auparavant dans les services.

Cette vigueur des dépenses de consommation est apte à apaiser les craintes de récession, lesquelles avaient provoqué une déroute boursière en début d'année.

Un marché de l'emploi tendu, qui permet des augmentations salariales régulières, et la hausse des prix immobiliers soutiennent la consommation, tout comme la baisse des prix de l'essence.

Les stocks des entreprises restent toutefois élevés, en regard de la demande intérieure. Ils représentaient 78,3 milliards de dollars (70,14 milliards d'euros), au lieu de l'estimation de 81,7 milliards donnée le mois dernier. Ils ont retranché 0,22 point du PIB, au lieu de 0,14 point.

Les économistes prévoient une croissance de 1,5% environ pour le premier trimestre de cette année mais le risque attaché à cette prévision est à la baisse, car les stocks restent étoffés et les livraisons de biens d'équipement commandés par les entreprises ont été faibles en janvier et en février.

Le rapport du PIB ne comporte pas que de bonnes nouvelles: les bénéfices des entreprises ont baissé pour le deuxième trimestre consécutif, conséquence d'un dollar fort et de prix pétroliers déprimés.

Les bénéfices après impôt et ajustés de la valorisation des stocks et de la consommation de capital ont baissé de 8,4% en variation annuelle, leur plus net recul depuis le premier trimestre 2014, après une contraction de 1,7% au troisième trimestre.

Les bénéfices ont diminué de 5,1% sur l'ensemble de 2015, leur plus forte baisse depuis 2008, après un recul de 0,6% en 2014.

Cette diminution des bénéfices au quatrième trimestre s'explique en partie à un transfert de 20,8 milliards de dollars lié à la marée noire du pétrolier BP dans le Golfe du Mexique en 2010, la plus grave jamais survenue au large des côtes des Etats-Unis.

Toutefois, avec le ralentissement de la hausse du dollar depuis le début de l'année et le rebond des cours du brut, les bénéfices des sociétés sont attendus en hausse, ce qui devrait contribuer à soutenir la croissance de l'emploi.

(Lucia Mutikani, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant