La croissance a accéléré en Allemagne au premier trimestre

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 (Actualisé avec détails, commentaires) 
    par Joseph Nasr 
    BERLIN, 13 mai (Reuters) - L'économie allemande a plus que 
doublé son rythme de croissance au premier trimestre, la hausse 
des dépenses publiques et des ménages ayant, entre autres, 
compensé l'effet négatif du commerce extérieur, montrent les 
premières estimations publiées vendredi par l'Office fédéral de 
la statistique. 
    Le produit intérieur brut (PIB) de la première économie 
européenne a crû de 0,7% au premier trimestre par rapport au 
trimestre précédent, sa hausse la plus marquée depuis une 
augmentation similaire enregistrée sur les trois premiers mois 
de 2014. 
    Ce rythme est supérieur à celui attendu par les économistes 
interrogés par Reuters, qui anticipaient une croissance de 0,6%. 
    La croissance allemande avait été de 0,3% d'un trimestre sur 
l'autre sur les trois derniers mois de 2015. Sur un an, la 
croissance a été de 1,3% au premier trimestre, moins que le 
consensus Reuters qui la donnait à 1,5%. 
    Une météo hivernale a favorisé une hausse des 
investissements dans la construction et les biens d'équipements, 
des éléments qui ont également contribué positivement au PIB. 
    La consommation des ménages a supplanté le commerce 
international comme moteur de l'économie allemande, un taux de 
chômage au plus bas depuis la réunification, des taux d'intérêt 
très faibles et une hausse des salaires incitant les Allemands à 
dépenser. 
    IG Metall, premier syndicat d'Allemagne, et le patronat ont 
ainsi annoncé vendredi un accord sur une hausse des salaires de 
4,8%, en deux temps, pour 3,8 millions de salariés du secteur 
métallurgique et électrique.  ID:nnL5N18A25X  
    La politique ultra-accommodante de la Banque centrale 
européenne (BCE), qui fait l'objet de vives critiques en 
Allemagne, explique aussi, selon les économistes, le boom 
immobilier à l'oeuvre dans les grandes villes allemandes. 
     
    "DÉPENSER PLUS" 
    Le ministère de l'Economie a toutefois déclaré que la 
croissance allemande devrait ralentir, une projection que 
partagent les économistes, qui notent que l'impact de la 
faiblesse des exportations finira par se faire sentir au vu du 
ralentissement de la demande des pays émergents. 
    "Le commerce extérieur reste le point noir en raison de la 
faiblesse des marchés émergents", a déclaré Ulrike Kastens, 
économiste chez Sal.Oppenheim. 
    Holger Sandte (Nordea) a ajouté que la croissance "ne 
devrait pas rester aussi soutenue, mais quand même suffisamment 
pour que le niveau d'emploi continue de monter". 
    Le ministre de l'Economie, Sigmar Gabriel, a déclaré que le 
gouvernement devait augmenter les investissements dans les 
domaines de l'éducation, des infrastructures et de l'innovation, 
faisant écho à des appels allant dans ce sens du Fonds monétaire 
international (FMI) et de l'Organisation pour la coopération et 
le développement économiques (OCDE).  ID:nL5N1850J0 , 
 ID:nL5N1781S5  
    "L'économie allemande a commencé l'année 2016 du bon pied : 
l'industrie a enregistré une hausse de sa production, l'emploi 
est en progression substantielle et l'augmentation des revenus 
des ménages a entraîné une hausse de leur consommation", dit-il. 
    "Notre mission est de prendre appui sur cette dynamique pour 
investir dans l'éducation, des infrastructures modernes et dans 
l'innovation." 
    Selon Carsten Brzeski, économiste chez ING, les données 
meilleures que prévu du premier trimestre sont susceptibles 
d'être un argument pour les responsables politiques allemands 
afin de ne pas mettre en oeuvre les mesures de réforme prônées 
par le FMI et l'OCDE. 
    "La bonne performance en matière de croissance illustre ce 
qui est actuellement le principal risque pesant sur l'économie: 
l'autosatisfaction", estime-il. 
    "Avec une croissance tirée par la construction et la 
consommation et avec un gouvernement réticent à suivre les 
recommandations internationales relatives à la mise en place de 
réformes structurelles, l'économie allemande commence presque à 
avoir des caractéristiques d'un pays de la périphérie de la zone 
euro."     
 
 (Bertrand Boucey et Benoît Van Overstraeten pour le service 
français) 
 
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