La croisade sanglante du président philippin

le , mis à jour à 10:02
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La croisade sanglante du président philippin
La croisade sanglante du président philippin

The punisher. C'est ainsi qu'a été surnommé le nouveau président des Philippines, Rodrigo Duterte, par le « Time Magazine » américain. Lors de sa campagne, cet ancien avocat de 71 ans, obsédé par la lutte contre la drogue, avait appelé ses compatriotes à abattre eux-mêmes les dealeurs... et menacé de tuer ses propres enfants s'il apprenait qu'ils en consommaient. Avec déjà plus de 524 dealeurs présumés abattus dans la rue depuis son entrée en fonction le 30 juin, le shérif-président tient ses promesses de campagne... et commence à horrifier le monde.

 

524... Ce nombre affolant vient du « Philippine Daily Inquirer », un des principaux quotidiens du pays, qui l'estime même inférieur à la réalité. Dans un article intitulé « The Kill List » et mis à jour régulièrement, le quotidien égrène la liste des personnes abattues. Ces tueries sont presque systématiquement perpétrées par la police ou des « hitmen », tueurs à gages liés à des groupes d'autodéfense armés. Beaucoup de corps sont tout simplement abandonnés dans la rue ou sur un terrain vague, à côté d'un panneau ensanglanté, avec — souvent — cette inscription : « Je suis un dealeur ».

 

Système carcéral saturé

 

Contactés par nos soins, les journalistes affirment n'avoir aucune difficulté à alimenter la « Kill List » : « Les services de police nous envoient leurs rapports. Le gouvernement ne nous met pas de bâtons dans les roues. C'est supposé être une démocratie ici. » Une démocratie ? Peut-être plus pour très longtemps. « Je serai un dictateur, n'en doutez pas », avait averti l'ultrapopuliste Duterte le 10 mai, au lendemain de son élection haut la main à la présidence. Cette sortie était loin d'être une provocation sans lendemain. Maire de Davao, dans le sud des Philippines, durant plus de vingt ans, Duterte est accusé depuis plusieurs années par les défenseurs des droits de l'homme ...

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