La Croatie ment et viole la souveraineté hongroise, dit Budapest

le , mis à jour à 17:23
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(actualisé avec construction d'une clôture à la frontière croate) BUDAPEST/BELI MANASTIR, Croatie, 19 septembre (Reuters) - Z agreb ment à Budapest et à l'Union européenne lorsqu'elle prétend avoir conclu un accord bilatéral sur l'acheminement de milliers de migrants à la frontière hongroise, a déclaré samedi le ministre hongrois des Affaires étrangères qui accuse la Croatie d'avoir violé la souveraineté territoriale hongroise. Cette réponse musclée survient après que le Premier ministre croate Zoran Milanovic eut déclaré que son pays avait "forcé" la Hongrie à accepter des milliers de migrants qu'elle a acheminés jusqu'à la frontière entre les deux pays et qu'elle entendait poursuivre cette politique. "Au lieu de prendre des dispositions honnêtement pour les immigrants, ils les envoient directement en Hongrie. Quel genre de solidarité européenne est-ce là ?", a demandé le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto. "Encore une fois, on a laissé tomber la Hongrie", a-t-il ajouté. "Nous défendrons les frontières de l'Union européenne, les frontières de l'espace Schengen et nous défendrons la Hongrie dans le respect des règles européennes." La Croatie a selon lui violé la souveraineté hongroise en envoyant des migrants de l'autre côté de la frontière à bord d'un train qui transportait également des policiers croates. ZAGREB A FORCE LA MAIN DE BUDAPEST Dans la matinée, le Premier ministre croate déclarait que Zagreb avait obligé Budapest à prendre des migrants en charge. "Nous les avons forcés, en envoyant des gens là-bas. Et nous allons continuer à le faire", a prévenu le chef du gouvernement s'exprimant devant la presse dans la ville de Beli Manastir, dans le nord-est du pays. C'est de cette localité que des autocars transportant des migrants sont partis vendredi pour rejoindre la frontière hongroise où ils ont déposé leurs passagers. Environ 20.000 migrants, principalement des réfugiés syriens, sont entrés en Croatie depuis mardi et la fermeture de la frontière hungaro-serbe provoquant une situation de tension dans ce pays. Le Premier ministre Milanovic a indiqué vendredi que son pays fournirait de l'eau, des vivres et une assistance médicale aux candidats à l'exode et qu'il les inciterait à poursuivre leur périple vers l'Europe de l'Ouest et du Nord. Quelque 8.000 migrants sont arrivés vendredi en Hongrie en provenance de Croatie, a dit un responsable hongrois de la sécurité. Ils viennent selon lui s'ajouter aux 200.000 autres qui sont entrés dans le pays depuis janvier. Environ 1.200 migrants sont entrés en Slovénie, autre pays de l'espace Schengen, et des rassemblements commençaient à se former aux postes frontaliers où des policiers anti-émeutes ont fait usage de gaz lacrymogène vendredi. Le Premier ministre slovène Miro Cerar a annoncé qu'il allait discuter avec les pays voisins de la possibilité de créer des "couloirs" à travers le pays si l'afflux de migrants devient trop important. La Hongrie se hâte parallèlement de construire une clôture sur sa frontière avec la Croatie, sur le modèle de celle qu'elle a érigée pour empêcher les migrants d'entrer sur son territoire depuis la Serbie. Le gouvernement a annoncé samedi avoir rappelé des réservistes, essentiellement pour occuper des tâches administratives dans les garnisons vidées de leurs soldats partis aux frontières hongroises. Face à cette situation, le gouvernement hongrois a menacé de bloquer l'accession de la Croatie à l'espace Schengen. "Si la Croatie baisse les bras et dit, non, je ne veux pas défendre les frontières, alors la Hongrie peut seulement en conclure qu'elle (la Croatie) n'est pas prête à rejoindre Schengen lorsque viendra le moment d'en décider", a déclaré Antal Rogan, conseiller politique du Premier ministre hongrois Viktor Orban, s'exprimant sur la radio pro-gouvernementale InfoRadio. "L'une des conditions pour entrer dans l'espace Schengen est que le pays s'engage à défendre les frontières extérieures de l'Europe", a ajouté Roga. "S'il échoue aussi clairement à faire cela, cela signifie qu'il n'est pas prêt à être membre de Schengen", a-t-il encore dit. (Pierre Sérisier et Nicolas Delame pour le service français)

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