La crise syrienne fait bondir les demandes d'asile - OCDE

le , mis à jour à 14:05
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    PARIS, 19 septembre (Reuters) - Le nombre de demandeurs 
d'asile a doublé en 2015 à 1,65 million dans les 35 pays de 
l'OCDE, un record depuis la Seconde Guerre mondiale, en liaison 
avec la crise des réfugiés provoquée par le conflit syrien, 
selon l'Organisation de coopération et développement 
économiques. 
    Dans ses perspectives des migrations internationales 2015 
publiées lundi, l'OCDE estime à 4,8 millions au total le nombre 
de personnes qui ont immigré l'an passé dans ses pays membres, 
soit 10% de plus qu'en 2014 et un plus haut depuis 2007. 
    Sur les 1,65 million de demandes d'asile, 1,3 million ont 
été enregistrées en Europe, où cette immigration est aujourd'hui 
au centre du débat politique dans de nombreux pays. Près de 25% 
émanaient de ressortissants syriens et 16% d'Afghans. 
    L'Allemagne à elle seule, où le parti de la chancelière 
Angela Merkel a subi dimanche un second revers électoral en deux 
semaines au profit des populistes d'Alternative pour l'Allemagne 
(AfD) , a enregistré 440.000 de ces demandes. 
    Rapporté à sa population, c'est en Suède que le plus grand 
nombre de demandes d'asile a été recensé (1,6%). 
    Sur le premier semestre 2016, l'OCDE estime que quelque 
750.000 nouvelles demandes d'asile officielles ont été 
enregistrées dans ses pays membres, dont plus de la moitié en 
Allemagne. 
    L'organisation souligne que quelque 120 millions de 
personnes nées à l'étranger vivent dans la zone OCDE, où les 
nouvelles arrivées de migrants représentent moins de 0,5% de la 
population totale.  
    Mais, avec la montée des mouvements anti-immigrants et 
populistes que cet afflux provoque, elle presse les 
gouvernements de se livrer à un effort d'explication et de 
"muscler" leurs politiques d'intégration. 
    "Trop d'individus, dans trop de pays, en viennent à douter 
de la manière dont nous gérons les migrations, et la crise des 
réfugiés n'a fait qu'aggraver les choses", a déclaré le 
secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría. 
    Il rappelle que, selon les travaux de l'OCDE, l'immigration 
a une incidence positive, à moyen et long termes, sur les 
finances publiques, la croissance économique et les marchés du 
travail.  
    "Pour faire barrage à la montée d'opinions contraires, les 
gouvernements doivent expliquer, clairement et sans équivoque 
possible, quels bénéfices sont à la clé et de quelle manière ils 
entendent assurer la gestion des flux migratoires", dit-il. 
    "Ils doivent également muscler leurs politiques concernant 
les migrations et l'intégration, afin que ceux qui sont arrivés 
de fraîche date dans leur pays puissent y donner le meilleur 
d'eux-mêmes". 
     
    Le rapport complet de l'OCDE : http://bit.ly/2cKkPf4 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Sophie Louet) 
 
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