La crise politique s'accentue au Kurdistan irakien

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ERBIL, Irak, 12 octobre (Reuters) - Les forces de sécurité kurdes ont empêché lundi le président du Parlement du Kurdistan irakien d'entrer à Erbil, la capitale de cette région autonome, nouveau signe de l'intensification de la crise politique qui secoue la région en guerre contre les djihadistes de l'Etat islamique (EI). Selon son secrétaire particulier, Youssef Mohammed, qui se trouvait sur la route reliant Souleimaniyeh à Erbil, a été contraint de faire demi-tour par les forces loyales au Parti démocratique du Kurdistan (PDK), la formation du président Massoud Barzani. Le PDK accuse le parti Gorran ("Changement"), la formation à laquelle appartient le président du Parlement, d'être à l'origine des dernières violences qui ont fait cinq morts au Kurdistan irakien. "Il a été empêché par les forces du PDK et il est rentré (à Souleimaniyeh)", a déclaré son assistant, Daroun Rahim. "C'est un développement très dangereux." Le Parlement de la région autonome du Kurdistan irakien siège à Erbil. Cet incident fait suite à de violentes manifestations contre le PDK dans la province de Souleimaniyeh, base électorale du parti Gorran. Plusieurs permanences du PDK ont été attaquées et incendiées. Ces attaques étaient d'une intensité sans précédent depuis des années dans le Kurdistan irakien. Tard dimanche soir, la direction du parti Gorran a rapporté que le Parti démocratique du Kurdistan l'avait informé que ses membres qui siègent au gouvernement régional du Kurdistan (GRK) étaient priés de ne pas revenir à leur poste. Hemin Hawrami, un haut responsable du PDK, a indiqué de son côté sur son fil Twitter que le parti Gorran "ne faisait plus partie du gouvernement". Cette crise politique, en pleine guerre contre les djihadistes de l'EI, rallume de vieilles divisions au Kurdistan irakien, longtemps dirigé par deux administrations distinctes, l'une contrôlée par le PDK autour des villes d'Erbil et Dohuk, l'autre par l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) à Souleimaniyeh. (Isabel Coles; Danielle Rouquié et Henri-Pierre André pour le service français)

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