La crise freinera la croissance de la chimie en France en 2012

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LA CROISSANCE DU SECTEUR DE LA CHIMIE EN FRANCE DEVRAIT ÊTRE FREINÉE PAR LA CRISE EN 2012
LA CROISSANCE DU SECTEUR DE LA CHIMIE EN FRANCE DEVRAIT ÊTRE FREINÉE PAR LA CRISE EN 2012

PARIS (Reuters) - La croissance de la production de la chimie française devrait ralentir à 1,8% en volume en 2012 après celle de 5,9% réalisée en 2011, en raison du ralentissement économique et de la hausse du coût des matières premières et de l'énergie, a déclaré à Reuters le président de l'Union des industries chimiques(UIC), Olivier Homolle.

Le rapport annuel de l'UIC, publié mardi, révèle que les performances de la France ont été meilleures que celle de l'ensemble de l'Union européenne, dans laquelle la croissance du secteur n'a été que de 1,1% l'an dernier et ne devrait pas dépasser 1,5% en 2012.

En novembre dernier, l'UIC avait relevé sa prévision de croissance à 4,5% en 2011.

Au total, le chiffre d'affaires de l'industrie a augmenté de 13% l'an dernier, à 86,7 milliards d'euros.

"On voit 2012 de façon relativement positive mais avec un nombre d'incertitudes parce que le monde bouge à toute vitesse", a déclaré Olivier Homolle dans une interview à Reuters, tout en observant que le niveau de croissance de 1,8% attendu cette année est "tout à fait honorable".

Il a souligné que la dégradation du climat économique en Europe et le ralentissement constaté dans l'ensemble de l'industrie en France avaient progressivement affecté le secteur de la chimie, dont les stocks se sont alourdis à partir du deuxième trimestre.

BONNE TENUE DES PARFUMS ET COSMÉTIQUES

Les bonnes nouvelles, a poursuivi Olivier Homolle, "c'est qu'il n'y a pas de raison que l'Asie ne continue pas à tirer de façon assez significative l'économie mondiale et que, depuis le début de l'année, les Etats-Unis ont donné des signes de croissance significative qui ont un bon impact sur l'économie globale".

Avec 5,9% de croissance en 2011, la production de l'industrie chimique française est revenue l'an dernier, en volume, aux niveaux d'avant la crise financière; celle-ci l'avait fait chuter de 1,1% en 2008 et de 9,5% en 2009, sa baisse la plus forte en 20 ans.

L'an dernier, elle a principalement été tirée par la chimie destinée à la fabrication des cosmétiques, des parfums et, dans une moindre mesure, des produits d'entretien.

A l'exportation, la demande des marchés extérieurs, en particulier émergents, a été soutenue en 2011, entraînant une hausse des ventes de 9,8% en valeur. Mais en raison d'un niveau élevé d'importations (+12,4%), le solde du secteur s'est réduit à 4,4 milliards d'euros, contre 5,0 milliards en 2010

En 2012, la croissance des exportations devrait redevenir proche du niveau moyen de 2% enregistré entre 1990 et 2011. La croissance européenne est vue à 1,5%.

Alors que les prix du pétrole semblent vouloir se maintenir aux hauts niveaux actuels, à plus de 120 dollars le baril pour le Brent, l'UIC a appelé le gouvernement français a se montrer plus ouvert au développement du gaz de schiste.

"Le fait que le débat soit clos est très préoccupant", a déclaré Olivier Homolle, qui est également directeur de la division française du groupe allemand BASF.

"L'objectif, c'est d'abord d'être le plus compétitif possible. Il faudrait au moins que le débat puisse avoir lieu, que l'on puisse faire des études", a estimé Olivier Homolle.

Caroline Jacobs et Noëlle Mennella, édité par Marc Angrand

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