La crise fait fléchir la croissance allemande au 3e trimestre

le
0
UNE CROISSANCE DE 0,2% EN ALLEMAGNE AU 3E TRIMESTRE
UNE CROISSANCE DE 0,2% EN ALLEMAGNE AU 3E TRIMESTRE

BERLIN (Reuters) - La croissance de l'Allemagne a de nouveau ralenti au troisième trimestre, montrent les chiffres officiels préliminaires publiés jeudi, qui confirment l'impact de la crise de la zone euro sur la vitalité de la première économie d'Europe.

Le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 0,2% en données corrigées des variations saisonnières sur la période juillet-septembre, un chiffre qui correspond à la médiane des estimations de 50 économistes interrogés par Reuters. Leurs prévisions s'échelonnaient de -0,4% à +0,5%.

"C'est le dernier bon chiffre allemand pour l'instant. L'économie allemande va probablement se contracter un peu au quatrième trimestre puisque les commandes ont baissé sur l'année écoulée et que le climat des affaires mesuré par l'indice Ifo s'est récemment effondré", a commenté Jörg Krämer, chef économiste de Commerzbank.

"C'est dû à l'incertitude causée par la crise de la zone euro."

En France, l'activité économique a enregistré une croissance de 0,2% au troisième trimestre, soutenue notamment par la consommation des ménages et le commerce extérieur, alors que de nombreux économistes attendaient une stagnation.

Jusqu'au début de cette année, l'Allemagne avait semblé pratiquement immunisée contre les retombées de cette crise : après une croissance record de 4,2% en 2010, son économie avait encore crû de 3% l'an dernier alors que la Grèce, le Portugal ou l'Espagne s'enfonçaient dans la récession et que d'autres pays subissaient un ralentissement marqué.

UNE CONTRACTION ATTENDUE AU T4

Mais les indicateurs des derniers mois ont montré que le poids lourd de l'économie européenne souffrait à son tour : le secteur privé est en contraction, le moral des dirigeants d'entreprises chute, le chômage est reparti à la hausse et les commandes à l'industrie s'effondrent.

De nombreux économistes s'attendent à ce que l'activité se contracte au quatrième trimestre, même si une consommation qui reste soutenue et un marché du travail encore solide devraient éviter à l'Allemagne une rechute en récession, qui implique deux trimestres consécutifs de baisse du PIB.

Au troisième trimestre, "la dynamique favorable est venue de l'étranger par rapport au trimestre précédent", explique l'Office fédéral des statistiques dans un communiqué. "Selon les estimations préliminaires, les exportations de biens et de services ont progressé davantage que les importations. Mais les données du marché intérieur en Allemagne sont plus mitigées."

La consommation publique et privée a augmenté davantage qu'au deuxième trimestre, tandis que l'investissement dans la construction restait orienté à la hausse, compensant pratiquement la baisse de l'investissement industriel et la contraction des carnets de commandes, précise l'Office.

Les chiffres publiés jeudi montrent aussi un ralentissement de la croissance en rythme annuel, à 0,4% en données brutes contre 0,5% au deuxième trimestre.

Les chiffres du PIB de l'ensemble de la zone euro attendus à 11h00 (10h00 GMT) devraient montrer une contraction de 0,2% de l'économie des Dix-Sept sur juillet-septembre.

Michelle Martin, Véronique Tison et Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant