La crise en Europe pousse Danone à de nouvelles économies

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DANONE PRÉVOIT 200 MILLIONS D'EUROS D?ÉCONOMIES SUPPLÉMENTAIRES SUR 2013 ET 2014
DANONE PRÉVOIT 200 MILLIONS D'EUROS D?ÉCONOMIES SUPPLÉMENTAIRES SUR 2013 ET 2014

par Noëlle Mennella

PARIS (Reuters) - Un mois après l'entrée de l'activiste Nelson Peltz dans son capital, Danone a annoncé jeudi de nouvelles mesures d'économies en Europe pour faire face à une dégradation de la conjoncture économique qu'il juge durable.

D'un montant d'environ 200 millions d'euros, ce plan s'étalera sur 2013 et 2014 et touchera toutes les activités de Danone et plusieurs pays d'Europe. Il doit être soumis aux représentants du personnel d'ici mars prochain.

Il ne prévoit aucune fermeture d'usine et s'ajoute à un programme déjà en cours par lequel Danone réalise 500 millions d'euros annuels de gains de productivité au niveau mondial, a précisé Laurent Sacchi, directeur délégué à la présidence du groupe, dans un entretien à Reuters.

Les économies supplémentaires attendues représentent l'équivalent de 100 points de base de marge opérationnelle, mais leur impact sera cependant dilué du fait de l'étalement de leur mise en oeuvre sur deux ans, relève l'analyste Jean-Marie L'Homé, chez Aurel BGC.

Danone a abaissé en juin son objectif de marge 2012 de 50 points de base pour tenir compte de la chute de ses ventes en Europe du Sud, où sévit la récession.

A la mi-novembre, le groupe a précisé qu'il serait confronté en 2013 à des pressions sur ses marges similaires à celles connues cette année, et les analystes s'attendaient donc à une nouvelle baisse de 50 points de base l'an prochain.

L'annonce d'économies supplémentaires montre que les attentes de l'investisseur Nelson Peltz "ne sont pas si irréalistes que cela", relève Pierre Tegner, chez Natixis.

Lors de son entrée au capital de Danone, dont il détient 1%, le milliardaire américain avait déclaré le mois dernier que le groupe devait réduire plus drastiquement ses coûts, en particulier en Espagne, son deuxième marché, et s'éviter des acquisitions afin de protéger ses marges.

Interrogé par Reuters, le directeur délégué à la présidence de Danone a botté en touche. La décision de renforcer les économies est-elle une réponse de Danone aux critiques de son nouvel actionnaire? Non, a répondu Laurent Sacchi, se bornant à observer que "ce genre de décision est mûrement réfléchie et prend plus d'un mois à être mise en place".

"SIMPLIFICATION"

Laurent Sacchi n'a pas davantage été plus précis sur la marge opérationnelle de Danone en 2013, répétant que le groupe serait confronté l'an prochain aux mêmes types de pressions qu'en 2012. "Libre aux gens d'interpréter", a-t-il ajouté.

En Bourse, l'action Danone prenait 1,45% à 51,09 euros à 11h30, signant la deuxième plus forte hausse de l'indice CAC 40 (-0,3%). Mais depuis l'avertissement de juin, le titre reste en repli de 0,8% quand le CAC 40 gagne 19% et l'indice des valeurs européennes de l'agroalimentaire 12,5%.

Sur l'année, le titre sous-performe nettement l'indice parisien comme l'indice sectoriel: il affiche un gain de 5% contre respectivement 15% et 21% pour ces indices.

Concernant l'impact social des économies de coûts prévues, Laurent Sacchi a précisé à Reuters que l'objectif était d'optimiser les frais généraux et les frais d'administration.

Il a indiqué que les fonctions d'encadrement, principalement celles concernant les finances et les ressources humaines, seraient "potentiellement" impactées, et que le groupe voulait privilégier le volontariat et la mobilité interne.

Danone "va travailler sur la simplification de ses processus de décision, ses méthodes de travail et sur la 'dépriorisation' de certains projets", a-t-il dit.

Danone, numéro un mondial des produits laitiers, emploie 102.000 personnes dans le monde. Il compte 27.000 salariés en Europe, parmi lesquels 9.000 cadres supérieurs.

"On reste vigilant", a déclaré à Reuters Bruno Vannoni, représentant syndical CFDT du groupe. "Mais, chez Danone, on a l'habitude de négocier avec la direction, et le groupe sait d'ordinaire allier l'économique et le social."

Edité par Dominique Rodriguez

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