La crise des migrants au coeur d'un sommet franco-britannique

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    * Le démantèlement du campement de Calais se poursuit 
    * Séquence européenne autour de la question des réfugiés 
 
    PARIS, 2 mars (Reuters) - La crise des réfugiés qui 
bouleverse l'Europe et, en particulier, le sort des migrants de 
Calais, où la partie sud du bidonville est en cours de 
démantèlement, domineront jeudi le 34e sommet franco-britannique 
à Amiens, dans la Somme. 
    François Hollande et David Cameron, accompagnés de leurs 
ministres des Affaires étrangères, de l'Intérieur et de la 
Défense, se retrouvent pour une journée également placée sous le 
signe du souvenir, avec une cérémonie marquant le centenaire de 
la bataille de la Somme. De juillet à novembre 1916, 400.000 
soldats britanniques et 200.000 français y trouvèrent la mort.  
    Dans un contexte international difficile sur le plan 
sécuritaire, plusieurs textes seront examinés à Amiens sur des 
questions de défense - avec le projet d'une force 
expéditionnaire franco-britannique opérationnelle en avril -, de 
lutte contre le terrorisme et d'immigration.  
    Sur ce dernier point, la France a constaté "beaucoup de 
progrès", selon un diplomate, depuis la rencontre de l'été 
dernier entre les ministres Bernard Cazeneuve et Theresa May, en 
particulier en matière de surveillance du tunnel sous la Manche 
et des infrastructures portuaires. 
    Le renforcement des actions conjointes a permis de 
démanteler 28 réseaux de trafic d'être humains en 2015 à Calais, 
le double par rapport à 2014, dit-on de source française. Les 
migrants ne parviennent pratiquement plus à passer en 
Grande-Bretagne et la population du camp a été réduite. 
    Les dernières contributions britanniques, de l'ordre de 50 
millions d'euros, ont aussi permis d'améliorer l'accueil des 
migrants, en particulier des mineurs, massés dans les campements 
de Calais et de Grande-Synthe, près de Dunkerque.  
    Le démantèlement de la partie sud du camp de Calais s'est 
poursuivi mercredi dans le calme, après les incidents survenus 
la veille entre forces de l'ordre et des militants. Lundi et 
mardi, 15.000 mètres carrés avaient été démantelés. 
 
    RÉFÉRENDUM SUR LE "BREXIT" 
    Le sommet d'Amiens ouvre une séquence européenne consacrée à 
la question des migrants qui comprend une rencontre entre 
François Hollande et Angela Merkel vendredi matin à l'Elysée 
pour préparer le sommet entre l'Union européenne et la Turquie 
de lundi prochain à Bruxelles. Le président français assistera 
ensuite mardi, à Venise, à un sommet franco-italien aux côtés du 
président du Conseil Matteo Renzi.  
    Le porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll, 
a souligné mercredi la nécessité de "préserver une solidarité 
européenne, une action européenne" sur la question des réfugiés. 
    La guerre en Syrie, d'où proviennent une bonne partie des 
demandeurs d'asile, reste en tête de l'agenda international, à 
l'heure où un fragile accord de cessation des hostilités est 
entré en vigueur ce week-end dans le pays.  
    Le sommet d'Amiens sera par ailleurs l'occasion d'une 
première rencontre entre David Cameron et François Hollande 
depuis l'accord européen de la mi-février qui conduit le Premier 
ministre à faire campagne pour le "oui" au maintien du 
Royaume-Uni dans l'Union européenne, objet d'un référendum le 23 
juin.     
    Le sujet ne sera abordé qu'à la marge jeudi. "Il y a eu un 
accord, il n'y a plus rien à négocier. C'est désormais une 
question de politique intérieure", explique-t-on à Paris. 
    David Cameron doit faire face à un rébellion eurosceptique 
au sein de son propre parti et le résultat du référendum, 
crucial pour l'avenir de l'Union, est incertain.  
    Au chapitre industriel, le sommet franco-britannique 
examinera le dossier relatif à la construction de deux réacteurs 
nucléaires de troisième génération qu'EDF  EDF.PA  projette de 
construire à Hinkley Point, à l'Ouest de l'Angleterre.  
    Le groupe français est en partenariat avec l'entreprise 
publique chinoise CGN, qui supportera un tiers du financement de 
ce projet de 18 milliards de livres (24,5 milliards d'euros). 
    Malgré les critiques, émanant notamment des syndicats d'EDF, 
ce chantier "reste un très bon investissement parce que c'est un 
investissement rentable", a dit le ministre français de 
l'Economie, Emmanuel Macron, mardi à l'Assemblée nationale.   
 
 (Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse) 
 

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