La crise de la zone euro rattrape la Suisse

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LA CROISSANCE SUISSE
LA CROISSANCE SUISSE

par Catherine Bosley

ZURICH (Reuters) - Affectée par la crise de la zone euro, l'économie suisse s'est contractée contre tout attente au deuxième trimestre, justifiant une nouvelle fois la politique de plafonnement du franc.

Pour la première fois en neuf mois, le produit intérieur brut a diminué, enregistrant un recul de 0,1% d'avril à juin par rapport aux trois premiers mois de l'année alors que les économistes anticipaient en moyenne une croissance de 0,2%.

La croissance du premier trimestre a en outre été révisée en baisse, à +0,5%.

En réaction, la Bourse suisse sous-performait les marchés européens avec un recul de 0,97% à 6.375 points pour l'indice SMI à 13h00 GMT.

Après la Suède, dont l'activité manufacturière a chuté en août, le cas suisse semble montrer que les difficultés de la zone euro commencent à impacter des voisins jusque-là résistants.

La Banque nationale suisse est parvenue à écarter les risques de récession et de déflation en décidant en septembre 2011 de plafonner le franc à 1,20 pour un euro afin de préserver la compétitivité des exportations, essentielles pour l'économie helvétique.

"La légère contraction du deuxième trimestre montre que l'économie suisse ne peut parvenir à un découplage total. Les liens en Europe sont trop importants", observe Bernd Hartmann, responsable de la recherche chez VP Bank.

PAS D'AUTRE OPTION POUR LA BNS

Jusqu'ici, les performances plutôt solides de la Suisse avaient amené les économistes à s'interroger sur la politique de défense du franc, qui a vu la BNS vendre des centaines de milliards de francs pour acquérir des euros et pousser ainsi ses réserves de change à 70% de la richesse nationale en juillet.

"La BNS n'a d'autre option que de continuer sa politique, quel qu'en soit le coût", tranche Janwillem Acket, chef économiste chez Julius Baer. "Cela aurait été encore plus coûteux de ne rien faire."

Le président de la BNS, Thomas Jordan, a réaffirmé lundi son engagement de défendre le seuil de 1,20 franc pour un euro, estimant que toute nouvelle hausse de la monnaie suisse constituerait une menace majeure pour l'économie.

La banque centrale avait prédit que l'économie ralentirait significativement au second semestre, anticipant une croissance d'environ 1,5% sur l'année. Elle révisera ses prévisions lors de sa réunion trimestrielle de politique monétaire prévue le 13 septembre.

Pour les économistes, la Suisse devrait éviter d'entrer en récession mais n'enregistrera qu'une faible croissance.

Par rapport au deuxième trimestre 2011, le PIB a augmenté de 0,5%, bien moins que le consensus qui était de 1,6% et en deçà du chiffre du premier trimestre révisé à +1,2%.

La consommation privée, autre moteur de l'économie suisse, n'a progressé que de 0,3% au deuxième trimestre sur trois mois, après une hausse de 0,9% en janvier-mars.

"La consommation privée reste un soutien important de la croissance, mais la baisse de la sécurité de l'emploi se ressent déjà dans la confiance des ménages", relève Bernd Hartmann.

Nicolas Delame et Véronique Tison pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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  • M5859377 le mardi 4 sept 2012 à 16:09

    il faut fermer les frontieres et les échanges avec ce paradis fiscal qui est un vers ds le fruit

  • dchatene le mardi 4 sept 2012 à 15:59

    meme que merkel va etre poussée sur le bas coté ......!!!!!

  • fmaury13 le mardi 4 sept 2012 à 15:43

    waouh;; les riches soufrent ;; la bce va agir là c'est sur

  • xDamx le mardi 4 sept 2012 à 11:25

    Passons alors à 1,30 !