La crise de la zone euro pénalise toujours banques et assureurs

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par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - Les valeurs bancaires et de l'assurance accusent lundi les plus fortes baisses sectorielles en Europe, plombées par l'accumulation de mauvaises nouvelles sur la crise de la dette souveraine en zone euro.

La Grèce a confirmé qu'elle ne parviendra pas à abaisser son déficit public selon les exigences de ses bailleurs de fonds, alors que les ministres des Finances de l'Eurogroupe se réunissent sur fond de grande défiance des investisseurs sur leur capacité à trouver une réponse commune et crédible à la crise.

Vers 12h30, l'indice Stoxx des banques européennes lâche 2,78% et celui des assurances 2,57%.

A Paris, Société générale (-5,75%), BNP Paribas (-5,61%), Crédit agricole (-4,51%) et Axa (-3,92%) comptent parmi les cinq plus fortes baisses du CAC 40 qui perd 2,18.

L'action Dexia chute de 8,78%, Moody's ayant mis les notes de la banque franco-belge sous surveillance.

"Il est clair qu'aucune décision majeure ne doit être attendue de l'Eurogroupe (...) Espérons que les ministres ne souffleront pas sur les braises", estiment les stratégistes taux de la Société générale.

Les modalités de participation du secteur privé, notamment les banques et les assureurs, au nouveau plan d'aide à la Grèce font toujours l'objet de discussions et pèsent sur les valeurs financières.

Dans une note publiée lundi matin, JP Morgan estime que l'Europe devrait se doter, à l'image des Etats-Unis, d'un dispositif de type TARP de soutien aux banques porteuses de créances dévaluées.

LES BANQUES EURO NE SONT PAS BON MARCHÉ

"Nous continuons à penser qu'une solution de type TARP serait le meilleur moyen pour rouvrir le marché du financement et qu'une solution s'impose avant 2012, alors que les besoins de financement de dette à moyen et long terme approcheront les 500 milliards d'euros", dit le broker.

Selon JPM, un "Euro Tarp" ne serait qu'un moyen de réévaluer des actions bancaires qui se traitent à 30% ou 40% de leur actif net.

Dans le contexte actuel, JP Morgan estime que les banques européennes, qui se négocient à 0,76 fois la valeur comptable 2012 et à un ratio cours/bénéfice de 6,9 fois les profits 2012 "ne semblent pas bon marché".

"Avec la persistance des inquiétudes sur la dette souveraine, nous estimons improbable la poursuite de la remontée des banques européennes (constatée la semaine dernière, notamment, SocGen, BNP ou Commerzbank) et préférons les banques américaines dont les positions en capital sont meilleures", explique JPM.

Dans une note sur les assureurs, Natixis souligne de son côté que "le secteur (...) souffre actuellement (des)craintes de pertes sur les dettes souveraines des PIIGS (Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne), (de la) baisse des taux longs dans les pays hors PIIGS, qui érode graduellement la rentabilité du portefeuille des assureurs (et de la) forte baisse des marchés actions, qui entraînera des dépréciations dans les comptes du T3/S2 des assureurs."

Selon Natixis, les portefeuilles actions des assureurs étaient en moyenne en plus-values latentes de 15% à fin juin.

"Mais, même en intégrant un scénario dur (auquel nous ne croyons pas) de dépréciations sur les PIIGS, y compris Espagne et Italie, et de quasi-stabilité des taux longs et des marchés actions, certains titres conserveraient un potentiel d'appréciation", ajoute l'intermédiaire qui cite notamment Scor, Allianz et Axa sur lesquels il reste à l'achat tout en ajustant en baisse ses objectifs de cours.

Edité par Gilles Guillaume

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