La crise de la dette européenne pèse sur Siemens

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SIEMENS LIVRE UN BÉNÉFICE INFÉRIEUR AUX ATTENTES
SIEMENS LIVRE UN BÉNÉFICE INFÉRIEUR AUX ATTENTES

par Marilyn Gerlach

MUNICH (Reuters) - L'allemand Siemens, plus gros conglomérat industriel d'Europe, a subi un recul inattendu de son bénéfice opérationnel trimestriel et vu ses prises de commandes baisser pour la première fois en sept trimestres, la crise de la dette de la zone euro ayant pesé sur les dépenses des entreprises et les investissements.

L'année 2012 sera difficile, a déclaré le président du directoire Peter Löscher, tout en réaffirmant la prévision 2011-2012 d'un bénéfice net des activités poursuivies inchangé à six milliards d'euros.

Peter Löscher a déclaré que Siemens évoluerait dans un climat économique plus difficile tout en soulignant que les activités à cycle court du groupe - plus exposées à la conjoncture - se maintenaient.

"Pour nous, 2012 ne sera pas facile. L'âge d'or est terminé", a-t-il résumé.

Vers 10h00 GMT, le titre Siemens cédait 3,7% à 75,5 euros, entraînant notamment dans son sillage l'action Alstom qui reculait de 2,9% à 28,65 euros à Paris. L'indice regroupant les valeurs industrielles européennes perdait 1,6% et quasiment toutes ses composantes étaient dans le rouge.

Le fabricant de trains, de turbines, d'appareils auditifs ou encore d'ampoules a vu ses prises de commandes reculer de 5% au premier trimestre de son exercice 2011-2012, clos le 31 décembre, à 19,8 milliards d'euros, première baisse de cet indicateur depuis la période janvier-mars 2010.

TRAVAILLER DUR POUR ATTEINDRE LES OBJECTIFS

Peter Löscher a justifié le maintien de la prévision annuelle du groupe par la diversité des marchés et des produits de Siemens, qui lui permet de compenser la faiblesse d'une zone d'activité par la vigueur d'une autre.

"Les incertitudes concernant la crise de la dette ont laissé leur empreinte sur l'économie réelle", a-t-il dit.

"Même si une reprise est attendue au cours de la seconde partie de l'année, nous devrons travailler dur pour atteindre nos objectifs."

La zone euro devrait être en récession modérée jusqu'à la seconde moitié de cette année, selon une enquête menée par Reuters auprès de 50 économistes, qui tablent en moyenne sur une baisse du produit intérieur brut de la région de 0,3% en 2012.

Les difficultés de l'Europe ont aussi pesé sur General Electric, un des grands concurrents de Siemens sur certaines de ses gammes de produits, qui a annoncé vendredi un chiffre d'affaires trimestriel inférieur aux attentes.

Au premier trimestre, le bénéfice net des activités poursuivies de Siemens a reculé de 27%, à 1,36 milliard d'euros, contre un consensus de 1,41 milliard.

Le résultat opérationnel des principales activités - industrie, énergie, santé et infrastructures - est ressorti à 1,6 milliard d'euros, soit un recul de 23%. Les analystes interrogés par Reuters avaient anticipé en moyenne un bénéfice en hausse de 0,4% à 2,097 milliards d'euros.

Le chiffre d'affaires est ressorti à 17,9 milliards(+2%) alors que le consensus Reuters était de 18,366 milliards.

Le groupe a dit avoir passé une charge d'environ 344 millions d'euros sur la période, notamment liée à des coûts de restructuration dans sa division santé.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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  • M4189758 le mardi 24 jan 2012 à 12:19

    JPi - Les euros bonds mais pas avant que les pays endettés aient diminué leurs dépenses. La dette de la France entre 2007 et 2012 a augmenté de 40% environ. Pour 2012 le gouvernement français prévoit d'emprunter 180.000.000.000 euros de plus soit l'équivalent d'une augmentation de la dette de 10% environ. Des euro bonds pour pouvoir continuer comme ça, tranquillement ?

  • ocaille le mardi 24 jan 2012 à 12:11

    voila encore qq unes de plus et Merkel aura enfin compris comment fonctionne l economie fondammentale! Et elle sera donc oblige d accepter le eurobonds...

  • M4189758 le mardi 24 jan 2012 à 12:08

    JPi - Travailler plus pour payer plus d'impôt : c'est 30% de la solution. Réduire les dépenses de l’état : c'est 70% de la solution. Le mur de la dette c'est comme le mur du son : ça pète en passant. Il n'y a pas de solution soft. Quand, nos ‘polis tiques’, commenceront-ils à dépenser moins ? Pour le 1er avril le premier vrai plan de rigueur pour l’état ? Allons, COURAGE !

  • fquiroga le mardi 24 jan 2012 à 10:03

    pas inférieur aux prévisions (de Siemens)