La crise de l'UMP rebondit

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COPÉ VEUT RESTER À LA TÊTE DE L'UMP JUSQU'EN 2014
COPÉ VEUT RESTER À LA TÊTE DE L'UMP JUSQU'EN 2014

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - La crise de l'UMP a rebondi dimanche avec de nouvelles propositions de Jean-François Copé et de François Fillon, encore trop éloignées pour mettre fin à une guerre fratricide allumée par l'élection du premier à la présidence du mouvement.

L'ex-secrétaire général de l'UMP, qui se juge légitimement élu pour trois ans, propose de remettre son mandat en jeu après les élections municipales de 2014.

L'ancien Premier ministre, qui conteste un vote selon lui entaché d'irrégularités, juge cette échéance trop lointaine.

Selon son entourage, il est cependant prêt, comme l'y a invité Jean-François Copé, à rencontrer celui-ci lundi, à la veille d'une échéance décisive pour l'avenir du parti.

Le groupe UMP à l'Assemblée nationale, qui se réunit mardi comme toutes les semaines, pourrait bien avoir à constater sa scission si les deux rivaux et leurs partisans ne trouvent pas un terrain d'entente d'ici là.

François Fillon a en effet annoncé la semaine passée la création d'un nouveau groupe parlementaire si un nouveau vote des militants n'était pas organisé dans les trois mois.

Or, Jean-François Copé a rejeté dimanche ce calendrier : "Relancer une élection interne avant les élections municipales serait une folie", a-t-il lancé lors d'une réunion publique avec des militants à Nancy, dans l'est de la France.

Selon la presse, mardi est également l'échéance fixée par l'ancien président Nicolas Sarkozy pour que les deux hommes trouvent une issue à la crise, faute de quoi il sortirait de son silence pour distribuer publiquement les blâmes.

CHATEL JOUE L'APAISEMENT

Le principal parti de la droite française, qui se déchire depuis 15 jours au point d'en oublier son rôle d'opposant, avait paru dimanche sur la voie de l'apaisement, après une initiative du lieutenant de Jean-François Copé.

Dans une interview au Journal du Dimanche, Luc Chatel, s'est rallié à l'idée d'un nouveau vote pour trancher ce conflit, qui désespère élus et adhérents de l'UMP.

L'ex-ministre de l'Education a proposé que les équipes de Jean-François Copé et de François Fillon se retrouvent dès lundi matin en groupe de travail pour réfléchir à l'organisation de ce nouveau vote et à une révision préalable des statuts de l'UMP.

Sans révision des statuts, "les mêmes causes produiront les mêmes effets", a-t-il fait valoir sur Radio J. "Ce spectacle non seulement est pathétique mais en plus, s'il va au bout, il nous garantit d'être dans l'opposition pour vingt ans !"

Pour Luc Chatel, il faut "coûte que coûte" empêcher la scission du groupe parlementaire. Sinon, "il y aura deux partis à terme, deux candidats à la présidentielle (de 2017) et (la présidente du Front national) Marine Le Pen au deuxième tour."

En déplacement à Royaumont, dans le Val-d'Oise, François Fillon a saisi cette main tendue. Il a ainsi déclaré que ses collaborateurs étaient prêts à rencontrer dès lundi ceux de son rival pour réfléchir aux modalités d'un nouveau scrutin.

"Dès lors que nous aurons l'assurance que ce vote pourra être organisé et piloté dans des règles d'impartialité indiscutables et dans un délai raisonnable, nous mettrons fin au groupe parlementaire que j'ai créé et aux procédures qui ont été engagées", a ajouté l'ancien Premier ministre.

Il faisait notamment allusion à une plainte en justice pour irrégularités, visant à faire annuler l'élection interne.

LE RÉFÉRENDUM EST DE RETOUR

Mais Jean-François Copé a de nouveau refroidi les espoirs d'issue rapide de la crise en ressuscitant une proposition de référendum interne - solution tentée en vain la semaine passée.

Cette fois, il ne s'agirait pas pour les militants de dire s'ils veulent revoter ou non mais de répondre à deux questions.

La première porterait sur la réforme des statuts du parti pour lui permettre de "fonctionner efficacement, y compris en situation de crise", a expliqué le député-maire de Meaux.

"La deuxième proposition que je veux soumettre à votre jugement par référendum est la suivante", a-t-il poursuivi : "Je vous propose de remettre à la disposition des militants mon mandat au lendemain des élections de 2014."

Outre les municipales, sont prévues cette année-là les sénatoriales et les européennes.

Jean-François Copé a aussi estimé que celui qui présidera l'UMP en 2016 ne devrait pas être candidat à la primaire qui désignera le champion du mouvement pour la présidentielle de 2017. Et il a souhaité qu'il soit mis fin "sans délai (...) à l'aventure mortifère d'un groupe dissident" à l'Assemblée.

Réponse de François Fillon par voie de communiqué : il s'est félicité du "consensus autour du principe d'un nouveau vote" mais a exigé qu'il ait lieu "dans les délais les plus brefs".

Il a demandé la réunion dès lundi du Comité des sages de l'UMP pour en étudier les modalités et lancer la réflexion sur de nouveaux statuts.

L'entourage de Jean-François Copé estimait dimanche soir que ce Comité des sages n'était "pas fait pour ça" et qu'il était en tout état de cause impossible de le réunir aussi vite.

Quant à une réunion des équipes des deux hommes, proposée par Luc Chatel et acceptée par François Fillon, elle ne semblait pas encore décidée dimanche en début de soirée.

Edité par Marine Pennetier

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  • jean-648 le dimanche 2 déc 2012 à 23:16

    Copé c'est le choléra, Marine la peste. A vous de choisir.