La crise à Belfast pourrait retarder les négociations du Brexit

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    BELFAST, 12 janvier (Reuters) - La crise politique en 
Irlande du Nord où le gouvernement est sur le point de tomber 
risque de repousser le déclenchement formel des négociations 
entre le Royaume-Uni et l'Union européenne sur les modalités du 
Brexit selon ce que décidera la Cour suprême de justice. 
    Pour l'heure, la Première ministre britannique Theresa May 
entend enclencher le processus avant la fin mars en invoquant 
l'article 50 du Traité européen de Lisbonne. 
    Le gouvernement attend un premier arbitrage de la Cour 
suprême qui doit trancher le débat sur la nécessité ou non pour 
le gouvernement May d'obtenir l'approbation du Parlement 
britannique avant de notifier formellement à ses partenaires 
européens le processus de Brexit.   
    Mais d'autres recours juridiques sont également susceptibles 
de remettre en cause le calendrier fixé par celle qui a succédé 
à David Cameron au 10, Downing Street. A commencer par l'Irlande 
du Nord, où des opposants au Brexit affirment que le parlement 
régional de Belfast doit lui aussi avoir son mot à dire. 
    En octobre dernier, la Haute Cour de justice d'Irlande du 
Nord a jugé que les lois de dévolution (autonomie) n'obligeaient 
en rien Theresa May à obtenir l'autorisation du Parlement de 
Belfast pour lancer la procédure de divorce. 
    Mais les plaignants ont saisi en appel la Cour suprême du 
Royaume-Uni, qui étudiera la question une fois rendue sa 
décision attendue sur l'implication du Parlement britannique. 
    Or le gouvernement nord-irlandais "de dévolution", où 
loyalistes protestants et unionistes catholiques se partagent le 
pouvoir en vertu des accords de paix de 1998, est sur le point 
de tomber, le vice-Premier ministre Martin McGuinness ayant 
démissionné en début de semaine, et la province s'oriente vers 
des élections anticipées.   
    Il faudra alors beaucoup de temps, dit l'avocat Paul 
Farrell, qui défend le camp des anti-Brexit nord-irlandais, pour 
que loyalistes et unionistes s'entendent sur un nouvel accord de 
gouvernement.  
    "Dans les circonstances actuelles, où on s'oriente vers une 
suspension potentielle des institutions (régionales), une 
approbation par les institutions autonomes ne serait pas 
possible", a dit l'avocat dans une interview accordée par 
téléphone à Reuters, se plaçant dans l'éventualité où le 
parlement nord-irlandais devrait être consulté. 
    "La 'dévolution' a manifestement ajouté une couche de 
complexité aux dispositions constitutionnelles au sein du 
Royaume-Uni et notre requête porte précisément sur ces relations 
complexes", a-t-il ajouté. 
    Si le camp du Brexit l'a emporté avec 52% des voix exprimés 
le 23 juin sur l'ensemble du territoire britannique, en Irlande 
du Nord, quelque 56% des électeurs se sont prononcés pour le 
maintien dans l'UE.  
    L'Ecosse elle aussi a majoritairement voté contre le 
divorce, et ce hiatus avec le vote au niveau national a réactivé 
les réflexions du camp indépendantiste. 
 
 (Amanda Ferguson avec Michael Holden et William James à 
Londres; Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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  • M140210 le jeudi 12 jan 2017 à 15:46

    Bref, le cirque avant le cirque...

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