La Crimée se rapproche de la Russie, Kiev s'indigne

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LE PARLEMENT DE CRIMÉE VOTE LE RATTACHEMENT À LA RUSSIE
LE PARLEMENT DE CRIMÉE VOTE LE RATTACHEMENT À LA RUSSIE

par Alissa de Carbonnel et Natalia Zinets

SIMFEROPOL Ukraine (Reuters) - Le parlement de Crimée, région russophone d'Ukraine au coeur de la crise entre Moscou et Kiev, a voté jeudi le rattachement de la péninsule à la Russie, qui sera soumis à référendum dans dix jours, tandis que les dirigeants des Vingt-Huit se retrouvaient à Bruxelles pour un conseil européen extraordinaire consacré à la crise.

Arseni Iatseniouk, Premier ministre du gouvernement provisoire ukrainien mis en place après la chute de Viktor Ianoukovitch, n'a pas tardé à dénoncer une initiative illégitime et sans fondement légal, dont Kiev estime qu'elle est coordonnée par le Parlement russe.

Cette nouvelle accélération brutale du cours des événements en Ukraine intervient alors que John Kerry et Sergueï Lavrov ne parviennent toujours pas à s'entendre.

Le secrétaire d'Etat américain et le ministre russe des Affaires étrangères, qui s'étaient déjà vus mercredi à Paris, ont eu de nouveaux entretiens ce jeudi à Rome en marge d'une réunion consacrée à La Libye.

"Pour le moment, nous ne pouvons pas dire à la communauté internationale que nous avons un accord", a déclaré Lavrov.

En faisant savoir que les Etats-Unis "envisageaient activement" d'ajouter des noms russes à la "liste Magnitsky", qui punit les individus jugés responsables de violations des droits de l'homme, et en dénonçant la "fiction" que broderait Vladimir Poutine sur les événements d'Ukraine, le département d'Etat n'a pas contribué à un rapprochement entre Washington et Moscou.

LES SOLDATS UKRAINIENS "FORCE OCCUPANTE" EN CRIMÉE

Six jours après l'intervention des forces russes ou pro-russes qui ont pris le contrôle de la Crimée, le Parlement de la République autonome s'est prononcé à l'unanimité jeudi matin en faveur du rattachement à la Russie.

Conséquence, les autorités autonomes considèrent comme "force d'occupation" les soldats de l'armée ukrainienne déployés dans la péninsule et les somment de déposer les armes ou de partir.

Le vice-Premier ministre du gouvernement autonome, Roustam Temirgaliev, a annoncé qu'un référendum sur la question aurait lieu le 16 mars. D'après un recensement datant de 2001, la Crimée, rattachée en 1954 à l'Ukraine sur décision de Nikita Khrouchtchev, compte deux millions d'habitants, dont 58% de Russes de souche, 24% d'Ukrainiens et 12% de Tatars.

Deux questions leur seront posées: la Crimée doit-elle faire partie de la Fédération de Russie? et: la Crimée doit-elle revenir à la Constitution de 1992, qui lui accordait davantage d'autonomie qu'aujourd'hui?

A Bruxelles, où il assistait à un Conseil européen extraordinaire, le chef du gouvernement ukrainien provisoire a dénoncé une "décision illégitime" et un "soi-disant référendum qui n'a aucun fondement légal".

"Nous exhortons la Russie à ne pas soutenir la partition de l'Ukraine (...) La Crimée était, est et restera partie intégrante de l'Ukraine", a poursuivi Arseni Iatseniouk.

Il a reçu le soutien de l'Otan, dont le secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, a rappelé Moscou à ses engagements.

La Russie est co-signataire, avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, du mémorandum de Budapest adopté en 1994 pour assurer la sécurité de l'Ukraine en échange du transfert vers la Russie de ses arsenaux nucléaires hérités de l'Union soviétique. Ce traité international garantit le respect et l'intégrité des frontières ukrainiennes.

GEL DES AVOIRS

Au chapitre des sanctions, l'Union européenne a annoncé jeudi matin le gel des avoirs de l'ex-président Viktor Ianoukovitch, de son ex-Premier ministre Mikola Azarov et de 16 autres personnalités jugées responsables de violations des droits de l'homme ou de mauvaise gestion des fonds publics en Ukraine.

Selon les nouvelles autorités de Kiev, Ianoukovitch, destitué le 22 février par le parlement ukrainien, aurait détourné 37 milliards de dollars (27 milliards d'euros) de fonds publics en trois ans de mandat.

Washington a embrayé, Barack Obama ordonnant le gel des avoirs des individus et entités impliqués dans l'intervention militaire russe en Crimée, qui feront en outre l'objet d'une interdiction de déplacement aux Etats-Unis.

Vladimir Poutine ne figure pas sur la liste, a précisé un haut responsable américain. "Il faut des circonstances inhabituelles et exceptionnelles pour sanctionner un chef d'Etat et nous ne commencerions pas nos désignations de la sorte", a-t-il dit.

Le décret signé par le président des Etats-Unis est "un outil souple qui nous permettra de sanctionner ceux qui sont les plus directement impliqués dans la déstabilisation de l'Ukraine, notamment avec l'intervention militaire en Crimée, et il n'exclut pas d'autres initiatives si la situation se détériore", indique la Maison blanche.

(avec Martin Santa, Barbara Lewis et Jan Strupczewski à Bruxelles et Zlata Garasyuta, Lidia Kelly et Gabriela Baczynska à Moscou; Eric Faye, Jean-Philippe Lefief, Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français)

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  • v.sasoon le jeudi 6 mar 2014 à 21:01

    C'est un combleOn reconnait le gouvernement Putschiste de Kiev qui a pris le pouvoir par les armes, et on s indigne quand on parle d 'election????????La crimmée n "a pas le droit de voter, et son gouvernement serait mpoins legitime que celui autoproclamé de Kiev? Qu'ils fasse un coup d etat ca deviendra peut etre legitime?

  • mlaure13 le jeudi 6 mar 2014 à 19:44

    De toutes les façons, disons-nous bien, que ça va se passer dans la cour des grands...des TRÈS GRANDS...si vous voyez ce que ça veut dire !...:-)))

  • Berg690 le jeudi 6 mar 2014 à 19:33

    Jean-648 c'est ce qui arrive, les émeutiers soutenus et encouragés par l'occident n'ont pas prévu une sortie de crise et ils l'ont dans le baba comme dit mlaure13. autre chose est de s'ériger en père la morale. Pourquoi aurais-tu raison?

  • jean-648 le jeudi 6 mar 2014 à 19:26

    mlaure c'est pas faux ce que vous dite, mais si l'on prévoit tout à l'avance on ne fait plus rien. Une révolution ou une guerre ne se passent jamais comme on la prévue...

  • mlaure13 le jeudi 6 mar 2014 à 19:08

    Quand on fait une guerre ou révolution, il est impératif d’en prévoir la sortie et la suite qui y sera donnée…Sinon, et qqs soient les résultats, on l’a dans le Baba (Q)… ))

  • jean-648 le jeudi 6 mar 2014 à 19:03

    Ce n'est pas à quelques excités en Crimée de décider d'un référendum. C'est comme si quelques alsaciens voudraient faire voter les allemands habitant en Alsace pour le retour de la province en Allemagne.

  • M6111389 le jeudi 6 mar 2014 à 19:00

    Le souhait des des habitants de la Crimée est tout aussi respectable que celui des Ukrainiens de Kiew il doit être respecté.

  • jean-648 le jeudi 6 mar 2014 à 18:59

    M3182284 une bombe a explosée dans ta tête. Pas beau à voir, pas beau à lire.

  • M3182284 le jeudi 6 mar 2014 à 18:53

    Bah si la légitimité de l'Ukraine sur la Crimée c'est le choix de Staline dans les années 50, c'est pas fort....Si Kiev peut s'autodéterminer et virer le pantin de Moscou, la Crimée peut choisir son maître: en l'occurrence, ses frères de sang, les russes. Quant aux Tatars musulmans ils n'ont qu'à faire comme tout le monde, venir en France bouffer du RSA et poser des bombes