La CPI condamne le Congolais Thomas Lubanga à 14 ans de prison

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LE CHEF DE GUERRE CONGOLAIS THOMAS LUBANGA DYILO CONDAMNÉ À 14 ANS DE PRISON
LE CHEF DE GUERRE CONGOLAIS THOMAS LUBANGA DYILO CONDAMNÉ À 14 ANS DE PRISON

LA HAYE (Reuters) - Le chef de guerre congolais Thomas Lubanga Dyilo a été condamné mardi par la Cour pénale internationale de La Haye à quatorze ans de prison pour le recrutement d'enfants soldats lors du conflit en République démocratique du Congo (RDC).

Il s'agit de la première condamnation prononcée par la CPI depuis sa création voici dix ans.

Thomas Lubanga a été reconnu coupable en mars dernier d'avoir enrôlé des garçons et des filles de moins de 15 ans pour combattre pendant la guerre civile en RDC, en 2002 et 2003.

L'ancien chef de guerre aura encore huit ans à purger derrière les barreaux, le temps qu'il a déjà passé dans le centre de détention de la CPI étant décompté.

L'accusation avait requis trente ans de détention mais la peine a été raccourcie en raison de la bonne conduite du prévenu et de plusieurs erreurs du procureur chargé du dossier, Luis Moreno Ocampo, qui a récemment achevé son mandat, a déclaré le président du tribunal, Adrian Fulford.

Cette sentence a déçu certains Congolais, surtout en comparaison des cinquante ans de prison prononcés en mai à l'encontre de l'ancien président libérien Charles Taylor par un tribunal spécial de La Haye.

"Nous espérions qu'il reste en prison à vie, afin de soulager la mémoire des victimes", a dit Emmanuel Folo, un juriste spécialiste des droits de l'homme d'Ituri.

C'est dans cette région de l'est de la RDC qu'environ 60.000 personnes ont trouvé la mort entre 1999 et 2003, dans un conflit ethnique entre l'Union des patriotes congolais de Lubanga et des milices de l'ethnie Lendu, dont l'Armée populaire congolaise et la Force de résistance patriotique en Ituri.

La CPI doit encore juger de nombreux suspects, comme l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, qui attend à La Haye de comparaître pour des crimes contre l'humanité commis dans son pays, mais aussi d'autres qui n'ont pas été arrêtés, tel le président soudanais Omar Hassan al Bachir.

Thomas Escritt, Jean-Stéphane Brosse et Baptiste Bouthier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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