La Cour des comptes sonne l'alarme sur la Sécu

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LA COUR DES COMPTES SONNE L'ALARME SUR LES DÉPENSES DE SÉCURITÉ SOCIALE
LA COUR DES COMPTES SONNE L'ALARME SUR LES DÉPENSES DE SÉCURITÉ SOCIALE

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Il faut maîtriser nettement plus les dépenses de sécurité sociale pour recommencer à réduire des déficits anormaux dont l'accumulation menace la cohésion de la société française, estime mardi la Cour des comptes dans son rapport annuel.

Le redressement des comptes sociaux s'est interrompu après une amélioration l'an dernier essentiellement due à des hausses de prélèvements, souligne cette juridiction indépendante notamment chargée de certifier les comptes publics.

Analysant les finances de l'assurance maladie, une réforme des retraites étant déjà en cours, la Cour alerte sur le danger que représente la gestion à très court terme de ses dettes.

Pour réduire les déficits, elle recommande d'accentuer la réorganisation du système hospitalier, en soulignant le retard de la France sur la chirurgie ambulatoire (l'hospitalisation sans hébergement de nuit), avec 5 milliards d'euros d'économies possibles à la clef, ainsi que sur l'hospitalisation à domicile.

Après ses recommandations sur l'imagerie médicale, les soins dentaires, les médicaments, les transports sanitaires, la Cour critique la dérive des dépenses liées à la permanence des soins la nuit et de celles consacrées aux analyses médicales.

"Enrayer la spirale de la dette sociale est d'une urgence impérieuse", estime-t-elle, en prônant "un effort nettement accru de maîtrise des dépenses".

"La Cour ne préconise nullement une baisse des dépenses sociales, elle considère indispensable un ralentissement de leur croissance", a précisé son premier président, Didier Migaud, lors d'une conférence de presse.

"Des gisements d'économies considérables existent dans l'assurance maladie sans compromettre, bien au contraire, la qualité des soins, ni l'égalité d'accès au système de santé", a-t-il ajouté.

"UNE SITUATION ANORMALE ET DANGEREUSE"

Le gouvernement a décidé de privilégier le contrôle des dépenses aux hausses d'impôts pour réduire le déficit public à partir de 2014. Il prévoit pour l'an prochain 15 milliards d'euros d'économies par rapport à la hausse tendancielle des dépenses, dont neuf milliards sur l'Etat et six sur les comptes sociaux. Mais une accélération est souhaitable, selon la Cour.

Selon la ministre de la Santé, Marisol Touraine, le gouvernement n'a pas attendu la Cour des comptes pour ouvrir ces chantiers.

"Certaines des préconisations, notamment sur la chirurgie ambulatoire ou sur les laboratoires correspondent à des évolutions qui sont déjà engagées", a-t-elle déclaré à des journalistes. Elle s'également dite très sceptique sur les économies annoncées, expliquant que le passage de la chirurgie classique à la chirurgie ambulatoire avait aussi un coût.

La Cour des comptes s'alarme par ailleurs de la gestion des dettes de l'assurance maladie et de la branche famille par l'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss). Cette dernière les finance par des émissions de dettes à trois mois, une "situation particulièrement anormale et dangereuse en cas de remontée des taux d'intérêt".

La dette accumulée à l'Acoss atteindra 26 milliards d'euros fin 2013 et doit, selon la Cour, être très rapidement reprise par la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades) avec des ressources pour la financer.

Si cette solution n'est pas vite réglée, "ce serait la cohésion sociale de notre pays et la légitimité même de la sécurité sociale qui seraient alors gravement mises en cause", estime la Cour.

LES VOISINS EUROPÉENS PLUS ÉCONOMES

Après l'annonce par le gouvernement que le déficit public (Etats, collectivités et comptes sociaux) ne devrait se réduire cette année qu'à 4,1% du PIB contre 3,7% prévu, la Cour souligne que, pour la sécurité sociale, "le déficit se stabilisera, au mieux, au niveau très élevé de 2012".

La Commission des comptes de la sécurité sociale estimait en juin que le déficit du régime général atteindrait 14,3 milliards d'euros cette année et 17,3 milliards avec le Fonds de solidarité vieillesse. La branche maladie devrait à elle seule voir son déficit se creuser à 7,9 milliards en 2013, contre 5,9 milliards l'an dernier.

"Aucun de nos grands voisins européens n'accepte que son système de protection sociale soit durablement dans le déficit", rappelle la Cour des comptes.

Pour maîtriser les dépenses de santé dans les prochaines années, elle plaide pour un Ondam (Objectif national de dépenses d'assurance maladie) inférieur de 0,2 point aux objectifs actuels, soit 2,4% en 2014 au lieu de 2,6% et 2,3% en 2015 et 2016 au lieu de 2,5%.

Concernant la chirurgie, "l'assurance maladie paye deux fois", a souligné Antoine Durrleman, un des auteurs du rapport. "On a des lits de chirurgie conventionnelle sous-occupés et des places de chirurgie ambulatoires sous-occupées, dans des proportions chaque fois considérables."

Sur l'analyse médicale, un domaine dans lequel la Cour estime possible de réaliser rapidement 500 millions d'euros d'économies, elle plaide pour la dénonciation de la convention liant l'assurance maladie aux laboratoires. Cette dénonciation doit se faire avant le mois de janvier, faut de quoi la convention sera automatiquement reconduite pour cinq ans.

Avec Emmanuel Jarry

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  • sarestal le mardi 17 sept 2013 à 20:20

    La CMU distribuée aux nouveaux arrivants n'est jamais visée par la cour des comptes. Mince ! j'oubliai l'impact sur l'électorat socialiste ;-) Faisons comme au Danemark où les immigrés doivent gagner leur droit d’accès aux soins médicaux gratuits par une période de probation de plusieurs années, pendant lesquelles les consultations, examens ou opérations sont à leur charge. C'est une méthode efficace pour combler les trous.

  • rgrenec1 le mardi 17 sept 2013 à 20:20

    et la CADES, elle devient quoi ? En 16 ans, la CADES a ainsi repris 209 milliards d’euros de dette sociale et amorti 71,7 milliards d’euros, correspondant à une diminution de la dette publique française équivalente à plus 4 points de PIB. A fin 2012, il restait 137,3 milliards d’euros de dette à amortir. Aujourd'hui combien ?

  • M1531771 le mardi 17 sept 2013 à 20:05

    Commençons par rétablir la franchise de 30 euros pour tous ceux qui bénéficient de la CMU et autre aME, ce n'est pas grand chose mais cela leurs fera déjà prendre conscience que tout à un coût ! Y en a marre !

  • lhonderm le mardi 17 sept 2013 à 19:52

    LA SECU PLOMBE LA FRANCE

  • lhonderm le mardi 17 sept 2013 à 19:52

    MORT A LA SECU !

  • lhonderm le mardi 17 sept 2013 à 19:52

    Comment se fait-il que vous mettiez des batons dans les roues de ceux qui veulent quitter la sécu ? Hum ? Vous êtes trop nuls, on veut de la concurrence. Rendez donc ces assurances privées comme plein d'autres assurances.

  • M6757162 le mardi 17 sept 2013 à 14:50

    commençons par supprimer tout ce qui ne sert à rien c'est-à-dire toutes ces commissions crées au sein des Ets publics. Il y aura un gain au niveau des personnels tant administratifs que médicaux.Supprimons les aides généreuses accordées aux étrangers en situation irrégulière; Cela est un vrai scandale.Y a t il d'autres pays aussi généreux ?Je ne le pense pas.Supprimons les aides accordées aux personnes se rendant régulièrement en cure.Là aussi il y a de quoi renflouer les caisses.

  • omigda le mardi 17 sept 2013 à 11:18

    et avec les papys boomers qui vont 3x / semaine chez le doc pour des maux begnins, sans compter les cassos, nous pauvres enfants de cette generation de feignasse, nous allons souffrir.

  • LeRaleur le mardi 17 sept 2013 à 11:12

    Français, la patrie des droits de l'homme et le refuge de la misère du monde vous coûte déjà la peau des fesses, et bientôt votre survie.

  • groundze le mardi 17 sept 2013 à 11:01

    on soigne en France toute la misère du monde, c'est très bien mais ça coûte cherpréconiser la fin du remboursement des lunettes ça ne rapporte que 200000 euros soit une goutte d'eau par contre c'est encore un cadeau aux mutuelles qui affichent des bénéfices de 10 milliards par an le vrai problème c'est la gestion désastreuse des hôpitaux en faillite chaque année au bout de quelques mois et qui réclament des rallonges budgétaires

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