La Cour des comptes épingle les chantiers de Jussieu et de La Défense

le
0

Le rapport annuel de la Cour des comptes dénonce les dérives du chantier de désamiantage de l’université de Jussieu évalué à plus de 2 milliards d’euros et s’interroge sur le financement à venir des travaux de rénovation de La Défense.

Lorsque la Cour des comptes se penche sur le chantier de désamiantage du campus de Jussieu, à Paris, elle retient surtout les qualificatifs «interminable», «au coût croissant» et «inabouti». Il est vrai que ces travaux hors normes, lancés en 1996, ne doivent s’achever que cette année après 19 ans de chantier et un budget final dix fois supérieur aux estimations. Evalué à 183 millions d’euros à l’origine, le coût réel dépassera les 2 milliards d’euros selon les calculs de la Cour.

Tout en relevant que «le calendrier de livraison est partiellement respecté pour les secteurs principaux», les sages de la rue Cambon notent une vraie bizarrerie. En épluchant les comptes et la situation en 2013, ils ont réalisé que sur 1,46 milliard d’euros de coût final estimé à l’époque, seuls 10,7 % du montant étaient consacrés aux opérations de désamiantage et de protection au feu. Le plus gros poste, près de 39 % du coût total et pas loin de 570 millions d’euros, est quant à lui destiné aux relogements extérieurs rendus nécessaires par les travaux.

La loi de 2014 change la donne

Sur un autre dossier immobilier, la Cour pointe une «incertitude» concernant le financement de la rénovation de La Défense. Depuis la loi du 27 janvier 2014, l’Etablissement public d’aménagement de La Défense Seine Arche (Epadesa), géré par l’État, est reconnu propriétaire unique de l’ensemble des infrastructures et équipements publics, tandis que leur entretien revient à Defacto, établissement piloté par les collectivités locales.

L’Epadesa supportait initialement tous les coûts de rénovation. Mais cette loi a rebattu les cartes et repose la question de leur répartition. Dans ses perspectives financières 2012-2020, l’Epadesa estimait les dépenses de remise en état à 351 millions d’euros, entre tunnels et sous-sols à mettre aux normes, réseaux d’assainissement dégradés, étanchéité à revoir… Or, l’établissement pourrait financer «une partie seulement» des rénovations avec les marges qu’il dégage sur ses opérations d’aménagement. Resteraient «plus de 200 millions d’euros» de travaux sur «certains équipements publics, dont les tunnels», une charge «qui ne saurait être supportée par l’Epadesa, sauf à remettre en cause» son «modèle économique», selon le rapport.

Un trou potentiel qui pousse la Cour à inviter les pouvoirs publics et l’Epadesa à «arrêter rapidement les modalités de répartition» des coûts. Elle estime, par ailleurs, que La Défense manque d’une «vision» d’avenir «commune entre l’Etat et les collectivités territoriales».

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant