La Cour des comptes épingle l'Education nationale

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L'ÉDUCATION NATIONALE ÉPINGLÉE PAR LA COUR DES COMPTES
L'ÉDUCATION NATIONALE ÉPINGLÉE PAR LA COUR DES COMPTES

PARIS (Reuters) - L'Education nationale ne souffre pas d'un manque de moyens budgétaires ou d'effectifs mais d'une mauvaise organisation et d'une utilisation défaillante des dispositifs existants, estime la Cour des comptes dans un rapport publié mercredi.

Les principes de gestion du ministère de l'Education nationale n'ont pas évolué depuis le milieu du XXe siècle et ont des effets contraires aux objectifs affichés, ajoute la Cour, dans une critique voilée de la politique du gouvernement.

"L'effort financier consenti par notre pays se situe à un niveau comparable, voire supérieur à celui des pays qui assurent mieux la réussite de leurs élèves", a dit le premier président de la Cour des comptes Didier Migaud lors de la présentation du rapport intitulé "Gérer les enseignants autrement".

"Cela montre que le système éducatif souffre avant tout d'une mauvaise organisation, et non d'une insuffisance de ses ressources financières et humaines", a-t-il ajouté.

La France comptait 837.000 enseignants en 2012, soit près d'un fonctionnaire sur deux, représentant une masse salariale de 49,9 milliards d'euros en 2011, soit 17 % du budget général de l'Etat et 2,5 % du produit intérieur brut.

Deux mois après l'adoption du projet de loi de refondation de l'école qui prévoit la création de 60.000 postes, Didier Migaud estime que "ce qui est en cause n'est pas le nombre d'enseignants mais la façon dont ils sont employés".

INSTABILITÉ

Le rapport, élaboré à partir d'enquêtes de terrain menées dans cinq académies (Versailles, Lille, Nantes, Bordeaux et Limoges), pointe un système d'affectation des enseignants inadapté aux besoins des élèves et aux exigences des postes.

Avec 65% des néo-titulaires du second degré affectés en établissement difficile ou comme remplaçants, le système actuel favorise l'instabilité des débutants et encourage peu la mobilité des enseignants expérimentés, surreprésentés dans les académies "attractives", selon la Cour des comptes.

L'institution préconise notamment d'affecter les professeurs agrégés en priorité dans les voies générales et technologiques des lycées et non en collège.

La revalorisation du métier est jugée "indispensable pour surmonter la crise d'attractivité" que la profession traverse. En 2011 et 2012, plus de 20% des postes proposés au concours du Capes externe n'ont pas pu être pourvus dans six disciplines.

"Cette reconnaissance doit se traduire par une réévaluation pécuniaire portant sur le montant des indemnités et non sur celui du traitement indiciaire", peut-on lire dans le rapport. Nicolas Sarkozy voulait moins d'enseignants mais mieux payés.

Selon les chiffres de la Cour des comptes, un instituteur démarre à 1.801 euros nets par mois et perçoit 2.135 euros en milieu de carrière, loin derrière le salaire moyen de l'OCDE.

En collège et lycée, un professeur certifié entre dans le métier avec 1.843 euros et un agrégé 2.268 euros. En milieu de carrière, ils gagnent respectivement 2.473 et 3.216 euros.

Enfin, l'institution recommande d'inclure dans les obligations de service les heures nécessaires aux activités qui entrent dans le cadre de la mission des enseignants.

RATIONALISATION

Pour compenser le surcoût entraîné par cette gestion plus individualisée, l'institution propose de faire des économies en mettant en place une rationalisation de la scolarité au lycée, de développer la bivalence des enseignants au collège et d'annualiser le temps de travail des enseignants.

"Une gestion optimale de cette ressource, a fortiori dans le contexte difficile des finances publiques françaises, est une nécessité", estime la Cour des comptes.

Dans une réponse annexée au rapport, le ministre de l'Education indique ne pas partager le constat sur la mauvaise utilisation des moyens existants.

"L'amélioration de la gestion des ressources humaines est indispensable, elle n'est pas pour autant suffisante à elle seule pour améliorer d'un point de vue pédagogique notre système éducatif et des créations de postes sont aujourd'hui nécessaires pour accomplir des missions que nous souhaitons réaffirmer", écrit Vincent Peillon.

Le ministre de l'Education nationale a annoncé en décembre l'ouverture au second semestre 2013 d'une grande réflexion sur l'évolution du métier d'enseignant.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarissemarine.pennetier.thomsonreuters.com@reuters.net))

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  • boudet le mercredi 22 mai 2013 à 11:58

    Ce qui est intéressant, c'est que des socialistes écrivent que ce qui est fait par le gouvernemement socialiste (recrutement de 60 000 professeurs) est inutile, donc dépenses qui grèvent le budget inutilement. Bravo !!!

  • boudet le mercredi 22 mai 2013 à 11:47

    Monsieur Nicog, les charges en France font que l'employeur paie environ le double du salaire que reçoit le salarié. Il suffit de lire un bulletin de salaire pour s'en rendre compte. Aditionnez le net salarié et les charges employeur qui y figurent et vous verrez . On arrive déjà à 2500€

  • nicog le mercredi 22 mai 2013 à 11:09

    Incompréhensible: 50 Md Eur / 837 000 enseignants = 60 000 Eur/an et par enseignant soit 4978 Eur/mois. On est loin des 2000 Eur/mois publiés un peu partout. Ou alors certains sont payés entre 10 et 15000 Eur pour obtenir cette moyenne ?

  • M4960905 le mercredi 22 mai 2013 à 10:59

    Ce sont les syndicats qui pilotent l'éducation nationale, ce qui explique tout les dysfonctionnement; les montants des rémunérations vous expliquent pourquoi un certain Eyrault est parti faire de la politique .