La cour de Strasbourg autorise Paris à laisser Lambert mourir

le , mis à jour à 13:29
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* L'arrêt de la CEDH est définitif * Les parents de Vincent Lambert vont continuer à se battre * Ils réclament une nouvelle décision du corps médical (Actulisé avec ancien médecin de Vincent Lambert) par Gilbert Reilhac STRASBOURG, 5 juin (Reuters) - La France peut autoriser l'interruption des traitements qui maintiennent artificiellement en vie Vincent Lambert, un patient tétraplégique depuis sept ans et en état végétatif, a tranché vendredi à Strasbourg la Cour européenne des droits de l'homme. La juridiction du Conseil de l'Europe a validé la décision du Conseil d'Etat français autorisant l'arrêt des soins dont bénéficie l'ancien infirmier psychiatrique de 38 ans depuis un accident survenu en septembre 2008. Elle a débouté ses parents, l'une de ses sœurs et un demi-frère qui dénonçaient, dans cette mort programmée, une violation du "droit à la vie" et un "traitement inhumain et dégradant". L'épouse de Vincent Lambert, cinq de ses frères et sœurs, ainsi qu'un neveu demandaient en revanche que le patient puisse mourir "dignement", conformément à l'avis de ses médecins et à ce qu'il aurait, selon eux, souhaité. "Il n'y a pas de soulagement, il n'y a pas de joie à exprimer", a dit Rachel Lambert après la lecture de l'arrêt de la grande chambre de la Cour, qui est définitif. "Cette décision constitue une grande déception pour nous, avocats, et pour la famille", a déclaré Me Jean Paillot, l'un des défenseurs des parents, qui comptent d'autant moins en rester là que l'état de santé de leur fils s'améliore selon eux. Ils estiment que la décision prise en janvier 2014 d'arrêter les soins prodigués à Vincent Lambert l'avait été par une équipe médicale du CHU de Reims qui n'est plus en place aujourd'hui et qu'une nouvelle décision est donc nécessaire. "Nous ne laisserons pas assassiner Vincent Lambert. Le combat ne fait que commencer", a dit Jérôme Triomphe, un autre avocat des parents, qui réclament le transfert du patient dans un hôpital où il pourra obtenir une rééducation. François Lambert, son neveu, a toutefois estimé que la décision d'arrêter l'alimentation de Vincent Lambert avait été prise par le CHU de Reims en tant qu'institution. "Le CHU est obligé de l'appliquer", a-t-il dit. Eric Kariger, l'ancien médecin de Vincent Lambert qui avait pris la décision, a déclaré sur iTELE que la prétendue amélioration de l'état de santé de son ancien patient était du "grand n'importe quoi" et qu'on tombait "dans l'horreur". "Il faut savoir arrêter ce combat juridique qui devient vraiment sordide", a-t-il ajouté en estimant que les juges français et européens avaient maintenant clos le dossier. PAS DE VIOLATION DU DROIT A LA VIE Le Conseil d'Etat avait donné son feu vert à l'arrêt des soins donnés à Vincent Lambert sur la foi d'une expertise médicale, jugeant en outre que la décision des médecins était collégiale et que le patient avait, avant sa mort, fait savoir que dans pareil cas il aurait souhaité arrêter les traitements. Les députés français ont adopté le 17 mars dernier une proposition de loi qui permet de plonger dans une sédation irréversible les patients en phase terminale, sans aller jusqu'à légaliser l'euthanasie. ID:nL6N0WJ3ZY Cette législation, qui n'est pas en vigueur puisque le Sénat doit encore l'examiner, remplacera la loi Léonetti de 2005, applicable au cas de Vincent Lambert, qui permet au médecin d'interrompre un traitement si sa poursuite manifeste une "obstination déraisonnable", un acharnement thérapeutique. "Les dispositions de la loi du 22 avril 2005, telles qu'interprétées par le Conseil d'État, constituent un cadre législatif suffisamment clair, aux fins de l'article 2 de la Convention, pour encadrer de façon précise la décision du médecin dans une situation telle que celle-ci", dit la CEDH. Elle estime, dans cet arrêt adopté par 12 juges contre cinq, qu'en l'absence de directives laissées par Vincent Lambert, le Conseil d'Etat a tenu compte du témoignage de son épouse, Rachel, corroboré par l'un de ses frères, selon lequel Vincent Lambert était opposé à tout acharnement thérapeutique. Soulignant l'absence de consensus entre les Etats sur les questions de fin de vie et "la marge d'appréciation" qu'il convient de leur accorder en la matière, elle conclut que les autorités françaises "se sont conformées à leurs obligations et qu'il n'y aurait pas violation de l'article 2 (droit à la vie) en cas de mise en oeuvre de la décision du Conseil d'État". (Edité par Yves Clarisse)

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  • jt451 le vendredi 5 juin 2015 à 12:14

    Présentons leurs la facture ..Qu' ils assument leur aveuglement.