La Corse menacée d'asphyxie par la grève à la SNCM

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LA GRÈVE À LA SNCM MENACE LE TRANSIT DU FRET VERS LA CORSE
LA GRÈVE À LA SNCM MENACE LE TRANSIT DU FRET VERS LA CORSE

par Jean-François Rosnoblet

MARSEILLE (Reuters) - Les navires de la SNCM resteront probablement à quai mardi en raison d'une grève reconductible des syndicats de la compagnie maritime en grande difficulté qui veulent ainsi pousser l'Etat actionnaire à s'impliquer davantage dans le dossier.

Parallèlement, l'Office des transports de la Corse (OTC) veut mettre en place une convention temporaire avec la compagnie rivale Corsica Ferries pour assurer le transit du fret pendant la grève et éviter une asphyxie économique de l'île.

Les six syndicats grévistes regrettent lundi dans une lettre aux élus de l'Assemblée de Corse que, malgré les préavis de grève, "aucune avancée, ni négociation réelle de la part du gouvernement et des actionnaires" n'ont eu lieu depuis un mois.

L'ensemble des syndicats de la compagnie, à l'exception du Syndicat des travailleurs corses (STC), se sont associés dans ce mouvement qui devrait immobiliser la flotte de la SNCM quelques jours avant l'ouverture de la haute saison sur les lignes vers la Corse et le Maghreb.

"On attend un signal clair du gouvernement pour éviter un pourrissement total du conflit", a précisé à Reuters le délégué CFE-CGC des officiers de la SNCM, Pierre Maupoint de Vandeul.

C'est la troisième grève depuis le début de l'année à la SNCM après celles de janvier et de mars qui ont respectivement duré huit et six jours.

Les syndicats réclament des assurances sur la mise en oeuvre du plan industriel de l'ancienne direction de la compagnie, dont Transdev, co-entreprise entre la Caisse des dépôts et Veolia, a repris le contrôle le mois dernier avec la nomination d'un nouveau président du directoire, Olivier Diehl.

Le plan signé en 2013 prévoit notamment la suppression de 500 emplois sur 2.600 et le renouvellement de la flotte avec l'achat de quatre navires, mais Transdev et Veolia, qui souhaite se désengager, refusent de le mettre en oeuvre.

UN CONSEIL POUR RIEN

Le conseil de surveillance qui s'est tenu vendredi dernier à Paris n'a fait que confirmer l'éloignement des positions de Transdev, actionnaire à 66%, de l'Etat, qui détient 25 % du capital, et des représentants des actionnaires salariés (9%).

Dans leur lettre ouverte aux élus corses, les syndicats indiquent que Transdev a confirmé son "refus d'une commande de navires et l'inscription à venir dans ses comptes de la sortie de la SNCM", cela "avec une mise en procédure collective au tribunal de commerce d'ici au 31 décembre 2014".

Un nouveau conseil de surveillance a été programmé le 27 juin, avec les mêmes points mis à l'ordre du jour.

Les syndicats estiment que l'Etat doit valider la commande de nouveaux navires avec des clauses de financement. Pour cela, les actionnaires devront garantir le versement d'une somme comprise entre 5 et 6 millions d'euros pour que le chantier STX de Saint-Nazaire bloque les cales.

Ils réclament aussi que l'Etat et Veolia confirment la garantie de passif sur le contentieux de la restructuration de la SNCM, qui représente la moitié des aides d'Etat jugées illicites par la Commission européenne lors de la privatisation de la compagnie en 2006, soit 220 millions d'euros.

"Si l'Etat fait la sourde oreille à ce qui ressemble déjà fortement à des clauses de sortie de conflit, on est parti vers un blocus économique de l'île", dit une source proche du dossier.

CORSICA FERRIES EN RENFORT

Pour éviter cette situation de blocage, l'Office des transport de Corse a décidé la mise en place d'un système de substitution, notamment pour le fret, via la compagnie franco-italienne Corsica Ferries. Ce dispositif prévoit des rotations supplémentaires assurées par la rivale de la SNCM.

"Je ne suis pas là pour casser des grèves, je suis là pour assurer la continuité du service public à l'égard de la Corse", s'est défendu le président de l'OTC, Paul-Marie Bartoli, dans un entretien à France 3 Corse.

Il évoque trois rotations supplémentaires sur Ajaccio, trois autres sur Bastia, une sur Ile-Rousse, une dernière sur Porto-Vecchio par l'apport de trois navires supplémentaires.

Pour sa part, Corsica Ferries se dit lundi "en attente" d'une réponse de l'OTC sur sa proposition de deux rotations sur Ile-Rousse et la mise à disposition d'un navire supplémentaire.

"Il n'y a pas de problème de capacité au niveau des passagers car l'offre de notre compagnie permet d'absorber ceux de la SNCM. C'est un peu plus compliqué au niveau du fret, mais on peut mettre en place une solution dans des délais très courts", a dit un porte-parole de la Corsica Ferries.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • miez1804 le mardi 24 juin 2014 à 12:55

    Il faut mettre la SNCM en liquidation et puis c'est tout.................

  • manx750 le lundi 23 juin 2014 à 18:48

    vive la censure anti humour !

  • JMH01 le lundi 23 juin 2014 à 18:39

    Un bastion de la cgt qui va couler! Et d'un, il en reste encore qqs uns!

  • a.laroc2 le lundi 23 juin 2014 à 18:29

    le syndicat des travailleurs corses!! il faut couler cette boite qui est entièrement maquée par les syndicats ils sont toujours en grêve

  • nitram.g le lundi 23 juin 2014 à 18:04

    une grève à la SNCM tiens? vous m'étonnez