La corrida jugée constitutionnelle en France

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LA CORRIDA CONFORME À LA CONSTITUTION
LA CORRIDA CONFORME À LA CONSTITUTION

PARIS (Reuters) - La loi qui autorise la corrida en France est compatible avec la Constitution, a décidé vendredi la plus haute instance du pays sur ces questions, en réponse à une procédure lancée par des défenseurs des animaux contre la pratique tauromachique.

La loi autorise la corrida depuis 1963, par la biais d'une dérogation à la répression des cruautés sur animaux. Les anti-corrida tentaient de faire déclarer inconstitutionnelle cette disposition. Le refus du Conseil constitutionnel ne leur laisse plus que l'espoir d'une nouvelle loi, hautement improbable.

L'association Droits des animaux (DDA) et le Comité radicalement anti-corrida (Crac) Europe réclamaient, via une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), l'abrogation d'une disposition du Code pénal autorisant la tauromachie et les combats de coqs sous couvert "du principe de tradition locale ininterrompue" -une dérogation aux sanctions pour cruauté envers les animaux.

Les anti-corrida considèrent que cet alinéa 7 de l'article 521-1 du Code pénal -code qui réprime de deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende la cruauté envers les animaux- porte atteinte au principe d'égalité devant la loi.

Les "Sages" expliquent dans leur décision que "le principe d'égalité ne s'oppose ni à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes, ni à ce qu'il déroge à l'égalité pour des raisons d'intérêt général".

Quatre régions françaises -Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d'Azur- sont depuis le XIXe siècle une place forte mondiale de ce spectacle importé d'Espagne et organisé dans une quarantaine de villes, notamment à Nîmes, où est mort en 1991 le légendaire matador français Christian Montcouquiol, "Nimeno II".

La corrida a été interdite en 2010 dans la province espagnole de Catalogne.

Selon un sondage Ifop paru jeudi, les Français sont partagés sur l'abolition de la tauromachie, réclamée notamment par l'ex-comédienne Brigitte Bardot: 48% y sont favorables, 42% souhaitent qu'elle continue d'être autorisée.

"D'un point de vue juridique, le législateur avait déjà fait son oeuvre. C'était bien (...) que le Conseil constitutionnel vérifie la constitutionnalité de la loi qui autorise l'exception culturelle de la corrida dans les régions du Sud", a commenté sur BFM TV Simon Casas, ancien matador français.

"C'est fait. Je pense qu'à présent il n'y a aucune raison de faire disparaître ce qui touche le coeur de la sensibilité du peuple du Sud", a-t-il ajouté.

"UN PETIT NOMBRE IMPOSE SA LOI"

Pour Jean-Pierre Garrigues, président du Crac et vice-président du Crac Europe, la décision du Conseil constitutionnel est la preuve "que nous ne sommes pas en démocratie sur ce sujet, mais bien en dictature tauromachique puisqu'un petit nombre impose sa loi".

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, un aficionado d'origine catalane, a pris publiquement la défense de la tauromachie, s'attirant les foudres des détracteurs d'une "barbarie".

"Nous perdons au Conseil constitutionnel mais nous revenons immédiatement sur notre plainte pour demander l'annulation de la corrida au patrimoine culturel immatériel français, le seul pays au monde à l'avoir fait", a dit Jean-Pierre Garrigues.

Geneviève Darrieussecq, maire MoDem de Mont-de-Marsan (Landes) et présidente de l'Union des Villes Taurines Françaises (UVTF), a loué la "sagesse" du Conseil constitutionnel et souligné l'importance de la corrida dans le patrimoine culturel français.

"La reconnaissance par le Conseil Constitutionnel de la tauromachie comme fait culturel d'une partie des territoires qui composent la République Française renforce les élus locaux, que je représente", écrit-elle dans un communiqué.

"Dans sa sagesse habituelle, le Conseil Constitutionnel a fait preuve de tolérance et a montré son attachement à la diversité culturelle de notre pays", écrit-elle.

La corrida a été inscrite sur la liste du patrimoine immatériel français en avril 2011.

Les opposants à la tauromachie comptent également porter le débat à l'Assemblée nationale, où une proposition de loi avait été déposée sur le sujet en 2010.

La députée UMP Muriel Marland-Militello et sa collègue socialiste Geneviève Gaillard sont à l'origine de ce texte visant à punir "sans exception" les sévices graves envers les animaux domestiques, apprivoisés ou tenus en captivité. Le texte n'a jamais été soumis au vote.

Sophie Louet, avec Claude Canellas à Bordeaux, Thierry Lévêque édité par Gilles Trequesser et Patrick Vignal

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  • M3969282 le vendredi 21 sept 2012 à 16:01

    Dans le sud ouest aussi : du toro de Vic Fezensac était par exemple en vente en juin, au Carrefour (oui, grande distribution) de Gimont dans le Gers...Je comprends que ça heurte les végétariens mais pas les autres : Goya, Delacroix, Cocteau, Hemingway, Picasso, Dali peuvent dormir tranquilles...

  • M1343167 le vendredi 21 sept 2012 à 15:52

    (le net plus ultra c'est une côte ou un quartier de taureau sur le grill, avec le folklore local, comme dans les "manades" en Camargue)...que du bonheur ce séjour !!

  • M4841131 le vendredi 21 sept 2012 à 15:50

    z'auraient été obligé d'interdir halal et casher, pouvaient pas, nous prennent pour des k.ons

  • M3969282 le vendredi 21 sept 2012 à 15:43

    No pasaran ! viva libertad ! viva corrida ! encore un peu de viande durant ce siècle avant qu'on nous l'interdise. Un bon steack grillé (de toro) ce WE pour fêter ça.

  • M1343167 le vendredi 21 sept 2012 à 15:43

    "la corrida jugée constitutionnelle en France", pourquoi pas, l'Etat ferme bien les yeux sur les combats de coqs, (très sanguinaire aussi) aux Antilles Françaises...

  • M3969282 le vendredi 21 sept 2012 à 15:40

    Aux anti : n'y allez pas ! j'espère que vous êtes végétariens. Je préfère vivre toro, me reproduire (c'est pas mal), vivre en liberté, mourir glorieusement en 15 minutes avec une chance sur 1000, que vivre Veau et mourir jeune, puceau, élevé en batterie et tué dans un abattoir Hallal ou autre, électrocuté, sans aucune chance...José Tomas a gracié un Toro à Nîmes ce WE...Que de saillies en vues pour celui-ci et un nom au panthéon des toros

  • 90342016 le vendredi 21 sept 2012 à 15:12

    liberté ou et tu ce qui aime pas ça ni vont pas

  • M9566237 le vendredi 21 sept 2012 à 14:53

    Les lois ne sont pas figées, elles évoluent et doivent tenir compte de l'opinion de la majorité des Français et non de la minorité c'est ça ...ALLEZ signer la pétition anti corrida sur INTERNET..Les animaux n'ont pas la parole pour se défendre...

  • M9566237 le vendredi 21 sept 2012 à 14:48

    "La corrida, ni un art , ni une culture, mais la torutre d'une victime désignée" EMILE ZOLA

  • ncorbex le vendredi 21 sept 2012 à 14:22

    @M2280901> t'inquiète, tu auras toujours ta liberté de penser et dire des c0nneries.