La Corée du Nord teste un missile avec succès, réunion de l'Onu

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    par Ju-min Park 
    SEOUL, 13 février (Reuters) - La Corée du Nord a confirmé 
lundi avoir procédé avec succès à un tir de missile balistique 
de moyenne à longue portée d'un nouveau type, provoquant 
l'inquiétude de la communauté internationale face aux progrès 
accomplis par le régime de Kim Jong-un dans ce domaine. 
    Cet essai, effectué en infraction des résolutions du Conseil 
de sécurité de l'Onu, est le premier auquel procède le 
gouvernement nord-coréen depuis l'arrivée de Donald Trump à la 
Maison blanche et apparaît comme un défi diplomatique lancé au 
nouveau président américain. 
    L'agence officielle nord-coréenne KCNA a indiqué que Kim 
Jong-un avait personnellement supervisé l'essai du missile 
Pukguksong-2, nouveau type d'arme stratégique qui serait capable 
de transporter une tête nucléaire. 
    Les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud ont demandé des 
consultations d'urgence au Conseil de sécurité de l'Onu, avec 
une réunion prévue dans la journée de lundi, a indiqué un 
responsable de la mission américaine aux Nations unies. 
    Le Japon a indiqué que de nouvelles sanctions pourraient 
être examinées contre la Corée du Nord et Tokyo a appelé la 
Chine à jouer un rôle "constructif". 
    Pékin, principal allié et partenaire commercial de la Corée 
du Nord, a exprimé son opposition à ce nouvel essai conduit par 
le régime ermite de Pyongyang tout en réfutant pouvoir faire 
plus pour contrôler le gouvernement nord-coréen comme le 
demandent les Etats-Unis et leurs alliés. 
    "Nous avons demandé à la Chine, à différents niveaux, de 
prendre des mesures constructives en tant que membre permanent 
du Conseil de sécurité et nous continuerons à oeuvrer dans ce 
sens", a commenté Yoshihide Suga, secrétaire général du Cabinet 
japonais. 
    "Toutes les parties en présence doivent observer de la 
retenue et maintenir ensemble la paix et la sécurité régionale", 
a déclare Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois de 
Affaires étrangères. 
    Le ministère russe des Affaires étrangères a, lui, fait part 
de son inquiétude face à cette nouvelle infraction aux règles 
internationales commises par le gouvernement nord-coréen. 
     
    WASHINGTON PARLE DE PROVOCATION 
    La Corée du Nord a mené jusqu'à présent cinq essais 
nucléaires, dont deux en 2016, et affirme être en mesure de 
miniaturiser une arme nucléaire pour qu'elle puisse équiper un 
missile bien que cette affirmation n'ait jamais pu être vérifiée 
d'une manière indépendante. 
    Dans son allocution du Nouvel An, Kim Jong-un avait annoncé 
que son pays était près de procéder à un tir de missile 
balistique intercontinental (ICBM) et la presse gouvernementale 
affirmait qu'un tel essai pouvait intervenir à tout moment. 
    Ce type d'arme dont la portée est d'environ 9.000 km 
constituerait une menace directe pour le territoire américain. 
    L'agence KCNA a précisé que le tir effectué dimanche a été 
opéré suivant un angle élevé pour respecter la sécurité des pays 
voisins. Une source militaire sud-coréenne a précisé que l'engin 
avait atteint une altitude de 550 km. 
    Il a volé pendant 500 km en direction du Japon avant de 
s'abîmer en mer au large des côtes orientales de la péninsule 
coréenne. 
    Cette initiative a été menée alors que le Premier ministre 
japonais Shinzo Abe se trouve en visite aux Etats-Unis où 
l'administration Trump a parlé de "provocation" tandis que le 
chef du gouvernement nippon a qualifié cet essai d'"absolument 
intolérable". 
    Avant l'essai de dimanche, les derniers tirs de missiles 
nord-coréens avaient été menés en octobre et concernaient des 
fusées Musudan à moyenne portée. Les deux tentatives avaient été 
des échecs, selon des responsables américains et sud-coréens. 
     
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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