La Corée du Nord procède à un tir de fusée

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TIR DE FUSÉE EN CORÉE DU NORD
TIR DE FUSÉE EN CORÉE DU NORD

par Jack Kim et Mayumi Negishi

SEOUL/TOKYO (Reuters) - Comme elle l'avait annoncé, la Corée du Nord a procédé mercredi à un nouveau tir de fusée, défiant la réprobation de la communauté internationale qui estime que cette initiative enfreint les résolutions du Conseil de sécurité de l'Onu.

Il s'agit du deuxième tir d'un engin à longue portée auquel procèdent les autorités nord-coréennes cette année après celui mené en avril qui s'était soldé par un échec. La fusée s'était alors abîmée en mer moins de deux minutes après son décollage.

Le lancement sur le site de Tongchang-ri proche de la frontière chinoise, dans l'ouest du pays, a eu lieu peu avant 10h00 (01h00 GMT) et l'engin est passé à la verticale de l'île japonaise d'Okinawa.

Il s'agissait, selon la version officielle donnée par Pyongyang, de placer en orbite un satellite météo et l'opération a été un succès, a précisé l'agence de presse nord-coréenne KCNA.

Le gouvernement de la Corée du Sud et celui du Japon ont convoqué des réunions de crise de leurs conseils de sécurité et exprimé leur réprobation.

"Nous avons convoqué une réunion d'urgence sur les questions de sécurité à 10h30. Le lancement s'est effectué à 09h50", a indiqué un responsable de la présidence sud-coréenne.

Le département d'Etat américain a dit avoir pris note du tir de la fusée nord-coréenne et a indiqué que les Etats-Unis suivaient la situation et s'exprimeraient ultérieurement.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a prévu de se réunir mercredi matin pour étudier la réponse à apporter à ce tir.

La réunion des 15 pays membres du Conseil de sécurité débutera à 10h00 (15h00 GMT) et abordera le tir de la fusée nord-coréenne parmi d'autres questions.

Le Japon avait demandé une réunion du conseil sur ce sujet.

La chaîne japonaise NHK a précisé que le deuxième étage de la fusée est tombé dans la mer au large des Philippines comme cela était prévu par le plan de vol.

CARACTÈRE SYMBOLIQUE

Selon le commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (Norad), la fusée aurait déployé dans l'espace un objet qui aurait atteint son orbite.

"Les premières indications sont que le missile a déployé un objet qui semble avoir atteint une orbite", précise le Norad dans un communiqué. "A aucun moment, le missile ou les débris qui s'en sont détachés n'ont été une menace pour l'Amérique du Nord", ajoute le communiqué.

Ce lancement revêt un caractère symbolique puisqu'il intervient à peu près à l'occasion du premier anniversaire de la mort de l'ancien dirigeant nord-coréen Kim Jong-il et alors que la Corée du Sud et le Japon s'apprêtent à tenir des élections.

"Que le lancement du satellite soit ou non un succès, il s'agit quoi qu'il en soit d'un succès pour la Corée du Nord", a estimé Kim Young-soo, expert de la Corée du Nord à l'université de Sogang en Corée du Sud.

Pyongyang estime avoir le droit de procéder à des lancements de satellites, mais les Occidentaux affirment qu'il s'agit seulement d'essais afin de maîtriser la technologie de fusées balistiques à longue portée capables d'atteindre le territoire américain.

Les Nations unies ont adopté des résolutions interdisant à la Corée du Nord de procéder à ce genre de tirs et à des essais nucléaires après les tests opérés en 2006 et 2009.

Les observateurs estiment que ce tir de fusée a également une portée sur le plan intérieur car elle vise à asseoir l'autorité du jeune dirigeant Kim Jong-un qui a succédé à son père.

Un responsable du gouvernement sud-coréen remarquait récemment que la transition à la tête du pouvoir ne se déroulait pas aussi facilement que prévu pour le jeune homme et que certains signes laissaient penser à la possibilité de voir apparaître une dissidence.

L'annonce de ce lancement avait été condamnée par la Corée du Sud, la Russie, le Japon, les Etats-Unis mais également l'Otan et les Nations unies.

La Chine, seul allié d'importance que compte la Corée du Nord, avait exprimé sa "profonde inquiétude" mais sans envisager de prendre des sanctions.

Pierre Sérisier pour le service français

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