La Corée du Nord annonce le succès d'un essai nucléaire

le , mis à jour à 07:43
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    par Ju-min Park et Meeyoung Cho 
    SEOUL, 6 janvier (Reuters) - La Corée du Nord a annoncé 
mercredi avoir mené avec succès un essai d'une bombe à hydrogène 
miniaturisée, augmentant ainsi sensiblement sa force de frappe 
et mettant ses voisins, dont au premier chef la Corée du Sud et 
le Japon, en état d'alerte. 
    Cet essai, le quatrième de l'histoire du pays, a été ordonné 
par le chef de l'Etat Kim Jong Un, ont rapporté des médias 
nord-coréens. 
    "Le premier test de bombe H a été mené avec succès mercredi 
à 10h00 (01h30 GMT)", a précisé KCNA, l'agence de presse 
officielle de la Corée du Nord. 
    Le mois dernier, Kim Jong Un avait laissé entendre que son 
pays possédait une bombe à hydrogène, plus puissante qu'une 
bombe atomique, suscitant à l'époque le scepticisme des experts 
étrangers.  ID:nL8N13Z1OJ  
    Certains analystes se demandant si l'essai de ce mercredi a 
réellement porté sur une bombe à hydrogène, également appelée 
bombe thermonucléaire. 
    "La Corée du Nord a déjà par le passé fait des affirmations 
au sujet de son programme nucléaire et de son programme de 
missiles qui n'ont tout simplement pas tenu la route après 
enquête", a déclaré Melissa Hanham, chercheuse au sein du centre 
James Martin pour les études de non-prolifération, basé en 
Californie. 
    Yang Uk, chercheur au Forum coréen de la défense et de la 
sécurité, a pour sa part estimé que "au vu de l'ampleur, il est 
difficile de croire qu'il s'agit d'une vraie bombe à hydrogène". 
    "Ils ont peut-être testé une sorte de bombe intermédiaire 
entre une bombe A et une bombe H mais, à moins qu'ils 
n'apportent des preuves irréfutables, il est difficile de prêter 
foi à leurs affirmations." 
    La United States Geological Service (USGS), l'institut 
américain d'études géologiques, avait fait état d'un tremblement 
de terre d'une magnitude de 5,1 en Corée du Nord avant que 
Pÿongyang n'annonce son essai nucléaire. 
    Selon des responsables sud-coréens, cette secousse a eu lieu 
à 49 kilomètres du site de Punggye-ri, où la Corée du Nord a 
mené par le passé des essais nucléaires. 
    Le précédent test nucléaire nord-coréen, remontant en 2013, 
avait provoqué un tremblement de terre d'une magnitude de 5,1, 
selon les données USGS. 
     
    RÉUNION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L'ONU 
    L'affirmation de la Corée du Nord, selon laquelle elle a 
réussi à miniaturiser la bombe -- ce qui implique qu'elle peut 
être logée dans un missile -- poserait une nouvelle menace aux 
Etats-Unis ainsi qu'à ses alliés traditionnels que sont le Japon 
et la Corée du Sud. 
    La Corée du Nord fait l'objet de sanctions du Conseil de 
sécurité des Nations Unies depuis 2006, année du premier essai 
nucléaire du pays. 
    Pyongyang pourrait se voir infliger des mesures de rétorsion 
supplémentaires, alors que, selon des diplomates, le Conseil de 
sécurité de l'Onu prévoit de se réunir ce mercredi, vers 16h00 
GMT, pour évoquer le dernier test nucléaire nord-coréen en date. 
    La Maison blanche a dit ne pas être en mesure de confirmer 
les affirmations de la Corée du Nord, tout en disant que les 
Etats-Unis répondraient de manière appropriée aux provocations 
et qu'ils défendraient leurs alliés. 
    Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a déclaré pour sa 
part que le pays apporterait une réponse ferme au dernier essai 
nucléaire mené par la Corée du Nord, estimant que ce dernier 
faisait peser une menace sur la sécurité du Japon. 
    La Corée du Sud a dit qu'elle prendrait toutes les mesures 
possibles, y compris de possibles nouvelles sanctions de l'Onu, 
pour faire en sorte que Pyongyang paie le prix de son quatrième 
essai nucléaire. 
    La Corée du Nord a dit qu'elle n'utiliserait pas ses armes 
nucléaires sauf si ses droits souverains étaient violés, tout en 
ajoutant qu'elle continuerait à augmenter ses capacités 
nucléaires. 
    Pyongyang a également exclu tout transfert de ses capacités 
nucléaires. 
 
 (Avec la contribution du bureau de Séoul, de Louis Charbonneau 
aux Nations Unies, d'Ayesha Roscoe à Washington et de Takashi 
Umekawa à Tokyo, Benoît Van Overstraeten pour le service 
français) 
 
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