La Corée du Nord a sans doute procédé à son troisième essai nucléaire

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La Corée du Nord a probablement procédé mardi à son troisième essai nucléaire, plusieurs agences de surveillance dans la région ayant rapporté qu'un séisme "artificiel" s'était déroulé dans le nord-est du pays.

S'il est vérifié, ce geste de la Corée du Nord ne manquera pas de provoquer une vague de condamnation, de la part de ses ennemis, mais aussi de son allié chinois, qui avait mis en garde Pyongyang contre une telle opération.

Séoul a estimé à entre six et sept kilotonnes la puissance de l'explosion dégagée par le possible essai nucléaire, dans le nord-est de la Corée du Nord mardi, revoyant en baisse son estimation précédente qui faisait état d'une puissance de 10 kilotonnes.

La secousse, dont la magnitude a été estimée entre 4,9 et 5,1, s'est produite à 11H57 heure locale (02H57 GMT) et son épicentre était dans la région de Kilju (nord-est), où se trouve le site de Punggye-ri utilisé pour les tests nucléaires.

Le Centre américain de géophysique (USGS) a relevé une activité sismique, confirmée par des centres de surveillance au Japon, en Chine et en Corée du Sud. Selon l'USGS, l'hypocentre de séisme se situait à environ un kilomètre de profondeur.

Le Centre de sismologie de la Chine a indiqué que la secousse tellurique était sans doute "une explosion".

Au Japon, l'agence de météorologie a souligné qu'un mouvement terrestre différent d'un séisme naturel avait été mesuré en Corée du Nord.

"Actuellement, l'activité sismique (...) semble indiquer un essai nucléaire par la Corée du nord", a déclaré une source gouvernementale sud-coréenne citée par Yonhap.

Si cet essai est confirmé, il s'agira du troisième test nucléaire conduit par la Corée du Nord, après ceux de 2006 et 2009.

Le ministère sud-coréen de la Défense et le bureau présidentiel tentaient de vérifier si une détonation nucléaire avait bien eu lieu, ont-ils indiqué.

Pyongyang avait prévenu fin janvier qu'il entendait procéder à un nouvel essai nucléaire.

Le Nord avait indiqué prévoir cet essai en réponse aux sanctions élargies de l'ONU après le lancement d'une fusée, début décembre, considérée par Washington comme un missile balistique.

Fait rare, la Chine avait mis en garde son voisin, dont elle est le seul allié de poids, contre un 3e essai nucléaire.

Peu avant le "séisme artificiel", l'agence officielle nord-coréenne KCNA avait indiqué que le bureau politique du parti communiste nord-coréen appelait "à préparer une action générale de forte intensité".

Selon les experts, la communauté va d'abord tâcher, si l'essai est confirmé, de déterminer la nature et les modalités de l'explosion.

Plusieurs analystes estimaient ces derniers jours que Pyongyang pourrait ainsi tester pour la première fois une bombe à l'uranium. Pour les deux tests précédents, le Nord avait utilisé le plutonium comme matériau fissile.

Une bombe à l'uranium n'est pas plus puissante qu'une bombe au plutonium. Mais la Corée du Nord détient des réserves substantielles de ce métal.

Une explosion au plutonium pourrait, elle, signaler un test réalisé avec une bombe plus sophistiquée et miniaturisée qu'en 2006 et 2009. Une bombe au plutonium nécessite moins de matériau fissile, facilitant la fabrication d'une charge plus petite, qui pourrait être fixée sur un missile.

Jusqu'à présent, l'incertitude demeure sur la capacité du régime communiste à développer une tête nucléaire pour missile à longue portée.

Mais s'il parvient à mettre au point une bombe miniaturisée, la donne serait radicalement changée. D'autant qu'il est parvenu début décembre à envoyer dans l'espace une fusée, progrès significatif dans sa technologie balistique.

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  • dupon666 le mardi 12 fév 2013 à 08:27

    Un petard pour le nouvel an

  • M1945416 le mardi 12 fév 2013 à 08:12

    aie...