La COP22 a du mal à s'entendre sur l'aide aux pays pauvres

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    par Megan Rowling 
    MARRAKECH, Maroc, 17 novembre (Fondation Thomson Reuters) - 
L a conférence de l'Onu sur le climat qui se tient à Marrakech 
risque de ne pas se traduire par une augmentation des fonds en 
faveur des pays les plus pauvres pour les aider à faire face aux 
conséquences des dérèglements climatiques. 
    C'est du moins ce qui ressort de discussions tenues mercredi 
à l'échelle ministérielle, selon des participants à la COP22. 
    A Marrakech, comme lors d'autres Conférences des parties à 
la Convention cadre des Nations unies sur les changements 
climatiques ces dernières années, les pays pauvres s'efforcent 
d'obtenir plus d'argent des pays riches.  
    Sans grand succès à ce jour. 
    Pour le Premier ministre des îles Fidji, Frank Bainimarama, 
"ce qui nous attend avec les changements climatiques est 
terrifiant". Il a cité à l'appui de ses propos le cyclone qui a 
ravagé le petit archipel du Pacifique sud en février et causé 
des dégâts représentant 20% du PIB. 
    Le niveau actuel d'aide aux pays pauvres pour surmonter les 
épreuves du changement climatique - cyclones, inondations, 
montée du niveau de la mer, sécheresse - est "dramatiquement 
inadapté", a-t-il dit à Marrakech. 
    "Il est grand temps de réorienter les priorités d'aide à 
l'échelle mondiale en direction des pays qui en ont le plus 
besoin", a-t-il ajouté. 
    Pour le président zambien, Edgar Lungu, les pays en voie de 
développement "ne reçoivent pas assez de soutien" et ont 
toujours autant de mal à attirer les aides du secteur privé. 
    Les pays riches ont promis de consacrer 100 milliards de 
dollars par an à la lutte contre le réchauffement à partir de 
2020.  
    Selon une "feuille de route" publiée récemment, le montant 
des fonds dédiés à la seule adaptation aux changements 
climatiques en 2013 et 2014 était de près de 10 milliards de 
dollars par an. Il devrait doubler d'ici 2020. 
    Mais on serait encore loin de "l'équilibre" dans le 
financement entre réduction des émissions de gaz à effet de 
serre et mesures d'adaptation aux changements climatiques 
souhaité à Paris en décembre dernier lors de la COP21. 
    L'accord de Paris sur le climat est censé s'appliquer à 
partir de 2020. 
    "Un doublement (de l'aide aux changements) ne suffira pas", 
estime Lutz Weischer, du centre de réflexion allemand 
Germanwatch. "Il faut l'augmenter de manière beaucoup plus 
agressive." 
    Les pays en voie de développement souhaiteraient un 
quadruplement de l'aide par rapport aux niveaux actuels et 
espéraient l'obtenir lors de la COP22 qui s'achève vendredi. 
    Cela semble désormais douteux, disent des participants. 
    "Le financement de l'aide à l'adaptation faisait partie des 
sujets qui n'ont pas été réglés à Paris, et à Marrakech on 
semble parti pour faire la même chose", déplore Jan Kowalzig, 
d'Oxfam Allemagne.     
 
 (Gilles Trequesser pour le service français.; La Thomson 
Reuters Foundation est la fondation caritative de Thomson 
Reuters qui se consacre à la couverture des sujets humanitaires 
et liés aux droits des femmes, à la lutte contre la corruption 
et au changement climatique. http://www.trust.org) 
 
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