La COP21 prend du retard, Fabius tape du poing sur la table

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    * Les négociateurs admettent prendre du retard 
    * Fabius leur demande d'accélérer le rythme 
    * Il veut un projet d'accord amélioré samedi midi 
 
 (Avec informations sur les négociations, Fabius) 
    par Emmanuel Jarry 
    LE BOURGET, 2 décembre (Reuters) - Les négociations sur un 
projet d'accord à la conférence de Paris sur les changements 
climatiques ont pris du retard, ont admis mercredi soir les 
diplomates qui conduisent ces discussions, ce qui a amené 
Laurent Fabius à taper du poing sur la table. 
    Le chef de la diplomatie française et président de la COP21 
a marqué sa volonté de prendre les choses en main en participant 
au groupe de contact, qui fait le point chaque jour de l'avancée 
des travaux de centaines de négociateurs venus de 195 pays. 
    Ils s'efforcent depuis lundi, au Bourget, près de Paris de 
donner forme à un texte criblé d'options contradictoires, dans 
le cadre d'une dizaine de sous-groupes thématiques de 30 à 40 
personnes, les "spin off groups" dans le jargon de l'Onu. 
    A l'heure du bilan, la plupart des "facilitateurs", des 
diplomates chargés de conduire les travaux de ces sous-groupes, 
ont reconnu qu'ils piétinaient, malgré plus de 50 réunions en 
trois jours, formelles ou informelles, et qu'ils auraient du mal 
à remplir leur mission dans les délais impartis.  
    "Nous avançons trop lentement", ont déclaré plusieurs 
d'entre eux. "Le temps passe, nous n'avons que 24 heures pour 
terminer", a renchéri l'un des deux co-présidents du groupe de 
contact, l'Algérien Ahmed Djoghlaf. 
    Il a rappelé que les sous-groupes, chargés chacun d'une 
partie du projet d'accord, devaient rendre leur copie jeudi à 
18h00 (17h00 GMT) aux deux co-présidents du groupe de contact. 
    A charge pour ses derniers de rassembler les pièces du 
puzzle pour soumettre vendredi en séance plénière une nouvelle 
version et remettre samedi à midi à Laurent Fabius un projet 
d'accord aussi abouti que possible. 
    L'idée de départ est de ne laisser qu'un nombre limité de 
points à régler aux ministres qui prendront la suite à partir de 
ce week-end pour la phase politique de la COP21. 
    Mais "les progrès sont trop lents, nous devons accélérer 
(...) parce que si nous gardons le même rythme, je ne vois pas 
la possibilité d'y parvenir", a déclaré Laurent Fabius. 
    Quelques heures auparavant, il avait déjà lancé, lors d'une 
conférence de presse, un appel à accélérer les négociations. 
     
    CHANGEMENT DE MÉTHODE 
    "Les chefs d'Etat et de gouvernement nous ont donné lundi un 
mandat sans ambiguïté" lors de l'ouverture de la conférence, 
avait-t-il fait valoir. "Il y a une exigence de succès." 
    Il a annoncé que deux ambasseurs français conduiraient à 
partir de jeudi matin des consultations "sur la meilleure façon 
de faire avancer le processus" dans sa phase ministérielle. 
    "Il était important que la présidence française passe un 
message clair. Ça peut faire bouger un peu les choses", estime 
Teresa Ribera, directrice de l'Institut pour le développement 
durable et les relations internationales (IDDRI). 
    L'accord de Paris est censé placer la planète sur la voie 
d'un modèle économique sobre en carbone et en énergies fossiles 
pour limiter le réchauffement climatique à 2°C en 2100. 
    La secrétaire exécutive de la convention des Nations unies 
sur le climat (CCNUCC), Christiana Figueres, a fait état d'un 
consensus croissant en faveur d'une révision des engagements de 
réduction des gaz à effet de serre tous les cinq ans. 
    Mais la date à laquelle ce processus commencera fait débat 
et ce n'est là qu'une difficulté parmi nombre d'autres. 
    Climate Action Network (CAN), qui fédère des organisations 
de défense de l'environnement invitées au titre d'observateurs, 
estime ainsi que des questions encore non résolues, comme celle 
du financement de l'aide aux pays vulnérables au réchauffement, 
freinent les progrès sur d'autres chapitres. 
    La présidente sud-africaine du G77 qui fédère 134 pays 
émergents et en développement, Nozipho Mxakato-Diseko, s'est 
pour sa part plainte que des nouvelles demandes aient été 
introduites dans le projet de texte, qui est déjà le fruit de 
plusieurs sessions de négociations ces dernier mois. 
    Elle a souhaité que les négociateurs n'apportent que des 
"corrections techniques sans changer son contenu" et qu'une vue 
d'ensemble de l'état du texte après les travaux de ces derniers 
jours leur soit communiquée jeudi matin à la première heure. 
    Le G77 a été au moins en partie entendu, puisqu'un 
changement de méthode devrait intervenir dès jeudi. 
    Ahmed Djoghlaf a déclaré que les délégations disposeraient 
de la compilation demandée et promis de veiller à limiter la 
prolifération des réunions et des "spin-off groups", alors que 
des négociateurs arborent déjà une mine épuisée. 
 
 
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  • M3553345 il y a 12 mois

    il a toujours et mauvais il doit partir a la fin de ce mois

  • M2931816 il y a 12 mois

    Monsieur Fabius "veut"; Le ROI de FRANCE disait "nous voulons !! Quelle prétention .