La COP21 fait un pas vers un accord sur le climat

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LA COP21 FAIT UN PAS VERS UN ACCORD SUR LE CLIMAT
LA COP21 FAIT UN PAS VERS UN ACCORD SUR LE CLIMAT

par Emmanuel Jarry

LE BOURGET, Seine-Saint-Denis (Reuters) - La Conférence de Paris sur le climat a fait jeudi un pas vers un accord sur la lutte contre le réchauffement de la planète avec une proposition de texte amélioré, au bout d'une nuit et d'une journée de tractations derrière des portes closes.

Les délégations des 195 Etats réunis au Bourget depuis le 29 novembre se sont notamment entendues sur un objectif qui reprend en partie une revendication de nombreux pays en développement.

L'objectif du futur accord est de "contenir la hausse moyenne de la température globale bien en dessous de 2°C au-dessus des niveaux pré-industriel et de poursuivre les efforts pour limiter (cette hausse) à 1,5°C", lit-on dans ce texte.

Ce projet, considérablement raccourci et débarrassé de nombreuses options ou formulations provisoires, reconnaît que limiter le réchauffement à 1,5 degré réduirait de façon significative les risques et les impacts des changements climatiques.

Le ministre français des Affaires étrangères et président de la COP21, Laurent Fabius, déterminé à faire adopter vendredi par la COP21 un accord définitif, devait présider dans la nuit une nouvelle réunion avec les chefs de délégation.

Les derniers points de blocage concernent notamment le traitement différencié des pays selon leur développement, le financement de l'aide aux pays les plus vulnérables et les ambitions de l'accord, a-t-il précisé lors d'une réunion plénière du "comité de Paris", instance de concertation mise en place au début de la semaine.

La question de la compensation des pertes et dommages irréversibles subis par les pays les plus vulnérables aux dérèglements climatiques n'est pas non plus réglée.

"Nous sommes tout proches du but", a cependant ajouté Laurent Fabius. "Je pense être en mesure de présenter demain au comité de Paris ma proposition de texte final."

Il a demandé aux délégations, la plupart dirigées par des ministres, de faire preuve de responsabilité dans cette dernière ligne au goût de moment de vérité, six ans après l'échec de la conférence climat de Copenhague.

"Vous savez (...) que le compromis implique par nature de renoncer à ce qui est idéal pour chacun afin d’atteindre ce qui est souhaitable pour tous", a-t-il dit. "C’est précisément à cette exigence que nous sommes aujourd’hui confrontés."

PAS DE PRIX DU CARBONE

Une certaine tension régnait depuis mercredi soir sur le site ultra-sécurisé du Bourget.

"Le moment viendra progressivement où la main bienveillante de la présidence deviendra un peu plus ferme pour cristalliser un consensus", expliquait-on de source proche du chef de la diplomatie française au début de la semaine.

Il semble que ce moment soit arrivé mercredi soir, après une réunion du "comité de Paris".

Pendant plus de trois heures et demie, une cinquantaine d'orateurs sur 196 délégations se sont succédé pour réaffirmer leurs lignes rouges et critiquer le projet de texte qui leur avait été remis en début d'après-midi.

Laurent Fabius avait mis fin à la séance pour convoquer à minuit les chefs de délégation. Une réunion qu'il a présidée jusqu'à 4h50 avant de dormir brièvement sur place et d'engager une série de consultations bilatérales.

Membres de la société civile et organisations de défense de la nature, invités en tant qu'observateur, s'inquiètent de la portée qu'aura le texte final.

"Il y a un réel désir de conclure mais la question est de savoir si ce sera un accord fort ou un accord faible", a ainsi dit à Reuters Alex Hanafi, du Fonds de défense environnementale.

"Le compte n'y est pas complètement. Il y a des points qui ont progressé, il y en a d'autres qui ont régressé", a pour sa part dit à Reuters l'écologiste Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot.

Il s'insurge ainsi de la disparition de toute référence à la fixation d'un prix du carbone : "Il est inadmissible que l'Arabie saoudite et le Venezuela aient eu gain de cause là-dessus (...) C'est une reculade nette."

Il regrette également que l'objectif en matière de réduction des émissions de GES ne soient plus formulé qu'en terme généraux : un "pic" d'émissions "le plus tôt possible".

Par ailleurs, les délégations qui réclamaient une date assez proche pour la première révision des engagements nationaux en la matière n'ont à ce stade pas eu gain de cause.

(Avec Alister Doyle, Yonathan Van der Voort et David Stanway, édité par Guy Kerivel)

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