La COP21 fait un pas vers un accord sur le climat

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    * Fabius espère présenter un texte final vendredi 
    * Plusieurs points cruciaux sont encore à régler 
 
 (Avec nouveau texte, commentaires, contexte) 
    par Emmanuel Jarry 
    LE BOURGET, Seine-Saint-Denis, 10 décembre (Reuters) - La 
Conférence de Paris sur le climat a fait jeudi un pas vers un 
accord sur la lutte contre le réchauffement de la planète avec 
une proposition de texte amélioré, au bout d'une nuit et d'une 
journée de tractactions derrière des portes closes. 
    Les délégations des 195 Etats réunis au Bourget depuis le 29 
novembre se sont notamment entendues sur un objectif qui reprend 
en partie une revendication de nombreux pays en développement. 
    L'objectif du futur accord est de "contenir la hausse 
moyenne de la température globale bien en dessous de 2°C 
au-dessus des niveaux pré-industriel et de poursuivre les 
efforts pour limiter (cette hausse) à 1,5°C", lit-on dans ce 
texte. 
    Ce projet, considérablement raccourci et débarrassé de 
nombreuses options ou formulations provisoires, reconnaît que 
limiter le réchauffement à 1,5° réduirait de façon significative 
les risques et les impacts des changements climatiques. 
    Le ministre français des Affaires étrangères et président de 
la COP21, Laurent Fabius, déterminé à faire adopter vendredi par 
la COP21 un accord définitif, devait présider dans la nuit une 
nouvelle réunion avec les chefs de délégation. 
    Les derniers points de blocage concernent notamment le 
traitement différencié des pays selon leur développement, le 
financement de l'aide aux pays les plus vulnérables et les 
ambitions de l'accord, a-t-il précisé lors d'une réunion 
plénière du "comité de Paris", instance de concertation mise en 
place au début de la semaine.  
    La question de la compensation des pertes et dommages 
irréversibles subis par les pays les plus vulnérables aux 
dérèglements climatiques n'est pas non plus réglée. 
    "Nous sommes tout proches du but", a cependant ajouté 
Laurent Fabius. "Je pense être en mesure de présenter demain au 
comité de Paris ma proposition de texte final."  
    Il a demandé aux délégations, la plupart dirigées par des 
ministres, de faire preuve de responsabilité dans cette dernière 
ligne au goût de moment de vérité, six ans après l'échec de la 
conférence climat de Copenhague. 
    "Vous savez (...) que le compromis implique par nature de 
renoncer à ce qui est idéal pour chacun afin d'atteindre ce qui 
est souhaitable pour tous", a-t-il dit. "C'est précisément à 
cette exigence que nous sommes aujourd'hui confrontés." 
     
    PAS DE PRIX DU CARBONE 
    Une certaine tension régnait depuis mercredi soir sur le 
site ultra-sécurisé du Bourget. 
    "Le moment viendra progressivement où la main bienveillante 
de la présidence deviendra un peu plus ferme pour cristalliser 
un consensus", expliquait-on de source proche du chef de la 
diplomatie française au début de la semaine. 
    Il semble que ce moment soit arrivé mercredi soir, après une 
réunion du "comité de Paris". 
    Pendant plus de trois heures et demie, une cinquantaine 
d'orateurs sur 196 délégations se sont succédé pour réaffirmer 
leurs lignes rouges et critiquer le projet de texte qui leur 
avait été remis en début d'après-midi. 
    Laurent Fabius avait mis fin à la séance pour convoquer à 
minuit les chefs de délégation. Une réunion qu'il a présidée 
jusqu'à 4h50 avant de dormir brièvement sur place et d'engager 
une série de consultations bilatérales. 
    Membres de la société civile et organisations de défense de 
la nature, invités en tant qu'observateur, s'inquiètent de la 
portée qu'aura le texte final. 
    "Il y a un réel désir de conclure mais la question est de 
savoir si ce sera un accord fort ou un accord faible", a ainsi 
dit à Reuters Alex Hanafi, du Fonds de défense environnementale. 
    "Le compte n'y est pas complètement. Il y a des points qui 
ont progressé, il y en a d'autres qui ont régressé", a pour sa 
part dit à Reuters l'écologiste Matthieu Orphelin, porte-parole 
de la Fondation Nicolas Hulot. 
    Il s'insurge ainsi de la disparition de toute référence à la 
fixation d'un prix du carbone : "Il est inadmissible que 
l'Arabie saoudite et le Venezuela aient eu gain de cause 
là-dessus (...) C'est une reculade nette." 
    Il regrette également que l'objectif en matière de réduction 
des émissions de GES ne soient plus formulé qu'en terme généraux 
: un "pic" d'émissions "le plus tôt possible". 
    Par ailleurs, les délégations qui réclamaient une date assez 
proche pour la première révision des engagements nationaux en la 
matière n'ont à ce stade pas eu gain de cause. 
 
 (Avec Alister Doyle, Yonathan Van der Voort et David Stanway, 
édité par Guy Kerivel) 
 
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