La contraction de l'économie grecque s'accélère

le
0
LA CONTRACTION DE L'ÉCONOMIE GRECQUE S'ACCÉLÈRE
LA CONTRACTION DE L'ÉCONOMIE GRECQUE S'ACCÉLÈRE

ATHÈNES (Reuters) - L'économie grecque s'est contractée de 7,0% en rythme annuel au quatrième trimestre 2011, après une baisse de 5,0% au trimestre précédent, selon des chiffres préliminaires publiés mardi par l'office grec de la statistique.

Cette estimation, qui repose sur des données non ajustées des variations saisonnières, signifie que le produit intérieur brut (PIB) de la Grèce s'est contracté en moyenne de 6,8% sur l'ensemble de l'année 2011, alors que de précédentes estimations donnaient un repli moindre, de 5,5% à 6,0%.

Avec une baisse du PIB de cette ampleur, il sera plus difficile encore pour Athènes de se conformer à ses objectifs budgétaires et de réduire son déficit.

La Grèce accuse sa cinquième année consécutive de récession, plombée par des mesures d'austérité censées assainir ses finances publiques et alléger le poids de sa dette. Le pays a approuvé dimanche 3,3 milliards d'euros d'économies supplémentaires exigées en contrepartie d'un deuxième plan d'aide de 130 milliards d'euros de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI).

"Conformément à nos attentes, le rythme de la contraction s'est accéléré au quatrième trimestre en conséquence des mesures d'austérité budgétaire, d'un moral des ménages et des entreprises en berne et d'une incertitude persistante autour de la crise de la dette souveraine", commente Platon Monokroussos, économiste pour EFG Eurobank.

À prix courants, le PIB de la Grèce a reculé à 215 milliards d'euros l'an dernier. D'après les dernières prévisions, Athènes s'attend désormais à une contraction cumulative de 4 à 5% entre 2012 et 2013.

L'office grec de la statistique n'a pas fourni le détail des composants du PIB - la croissance, l'investissement, les exportations et importations - au quatrième trimestre, mais les économistes estiment que seules les exportations y ont contribué positivement l'an dernier.

Le gouvernement grec s'efforce de trouver 325 millions d'euros d'économies budgétaires pour tenter de convaincre les responsables de la zone euro de lui débloquer un nouveau plan d'aide censé lui éviter la faillite.

Sans une nouvelle aide financière internationale, la Grèce pourrait se trouver dans l'incapacité de rembourser des dettes de quelque 14,5 milliards arrivant à échéance le 20 mars.

"Une conclusion réussie de l'échange de dette et le deuxième plan de sauvetage pourraient contribuer à stabiliser la confiance au niveau domestique", estime Platon Monokroussos.

"Mais la récession va se poursuivre cette année. Dans l'ensemble, un retour à la croissance semble peu probable avant la seconde moitié de 2013."

George Georgiopoulos, Natalie Huet pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant