La contestation entre dans sa deuxième semaine au Burundi

le , mis à jour à 12:03
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BUJUMBURA, 4 mai (Reuters) - Des centaines de manifestants se sont rassemblés lundi dans Bujumbura où ils réclament toujours que le président Pierre Nkurunziza renonce à briguer un troisième mandat le mois prochain. Six personnes au moins, dont deux policiers et un soldat, ont été tuées depuis le début du mouvement de contestation, qui entre dans sa deuxième semaine après avoir marqué une pause ce week-end. Des organisations de la société civile font état pour leur part d'au moins neuf morts. Le gouvernement soutient que ces manifestations sont illégales et les considère comme une "insurrection". L'armée a été déployée dans les rues pour tenter de rétablir le calme. Les manifestants jugent que la décision du président Nkurunziza de briguer un troisième mandat consécutif lors de l'élection du 26 juin est contraire à la Constitution comme à l'accord de paix d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile en 2005 entre Hutus et Tutsis. Les partisans du président sortant estiment pour leur part que Nkurunziza ayant été désigné par le Parlement, et non élu au suffrage universel direct en 2005, son premier mandat n'entre pas en ligne de compte. Réunis lundi dans le quartier périphérique de Kinindo, des dizaines de manifestants ont enjoint au chef de l'Etat de renoncer à son projet "pour que la paix revienne au Burundi". A Nyakabiga, ils étaient plusieurs centaines, rapporte un journaliste de Reuters. Les Etats-Unis, des pays européens de même que des pays africains ont appelé Nkurunziza à ne pas se présenter. Craignant des violences, 24.000 Burundais ont fui au Rwanda voisin et 7.000 autres se sont réfugiés en République démocratique du Congo, selon l'agence des Nations unies pour les Réfugiés (HCR). (Patrick Nduwimana; Henri-Pierre André pour le service français)

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